L'actualité française du handicap.
 
Mai 2019.


 

Vendredi 17 mai - Les ratés de la compensation.
Pour répondre aux demandes de familles sans solution éducative, une enseignante va ouvrir en septembre dans la Sarthe une école inclusive privée hors contrat pour laquelle une action de financement est organisée. Disneyland Paris éjecte sèchement un jeune trisomique d'une attraction à sensation, invoquant comme d'habitude des raisons de sécurité pour justifier une discrimination humiliante. 400 adultes et 200 jeunes sont sur liste d'attente pour intégrer un établissement ou services pour personnes handicapées mentales dans le secteur d'Hazebrouck (Nord). Le député Aurélien Pradié (Les Républicains) dénonce au terme d'un tour de France "le grand bluff" de la politique d'école inclusive conduite par le Gouvernement. A Lille (Nord), deux manifestants gilets jaunes sont gazés à bout portant par des policiers qui donnent également des coups de pied dans leur fauteuil roulant. Une cinquantaine de ressortissants du Grand Est sur les 750 placés en Belgique est ciblée par les pouvoirs publics pour revenir en France. Un futur chien guide d'aveugle est refusé d'entrée dans un commerce non alimentaire près de Limoges (Haute-Vienne), suscitant de vives réactions. En Seine-Maritime, des locataires âgés, dont une en fauteuil roulant, vivent depuis deux mois sans ascenseur et leur bailleur social, filiale de la richissime Caisse des Dépôts, les délaisse. Des parents aveyronnais font condamner l'Etat par le Tribunal Administratif de Toulouse pour les carences éducatives subies par leur fils handicapé. Un demandeur d'emploi de Montauban (Tarn-et-Garonne) subit les errements de Pôle Emploi... qui menace en retour de le sanctionner !

Jeudi 16 mai - Justice/Handicap psychique - Malades mentaux = terroristes.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Édouard Philippe, les plus importantes associations de personnes handicapées psychiques ou vivant avec des troubles mentaux s'indignent de leur assimilation aux terroristes réels ou supposés : "Le 7 mai est paru au Journal Officiel le décret N°2019-412 qui autorise dans son article 2 que les noms, prénoms et date de naissance figurant parmi les données d'identification d'une personne en soins psychiatriques sans consentement (fichier HopsyWeb) fassent l'objet d'une mise en relation avec les données d'identification enregistrées au fichier des personnes surveillées pour radicalisation et/ou lien avec le terrorisme (fichier FSPRT). Ce décret assimile toute personne en soins psychiatriques sans consentement à une personne représentant une menace de terrorisme pour la société. Ce texte est une atteinte aux droits des personnes et aux droits des patients." Les signataires rappellent leur précédente indignation à l'encontre du décret du 23 mai 2018 qui a créé le fichier HopsyWeb : "Nous avions alors dénoncé son utilisation potentielle à d'autres fins." Les associations ajoutent que "les termes de ce décret compromettent nos relations de confiance avec vos ministères. En effet, dans sa réponse du 25 avril, réponse faisant suite à notre réclamation auprès du conseil d'état, le service juridique du Ministère de la Santé précisait : 'il sera une nouvelle fois rappelé que la finalité du décret critiqué n'est pas la lutte contre le terrorisme mais le suivi départemental et la gestion administrative des mesures de soins sans consentement." Ce qui n'est finalement pas le cas : "Ce décret renforce la stigmatisation vis-à-vis des personnes présentant des troubles mentaux. Il réduit à néant toutes les actions menées sur la déstigmatisation dans le cadre du Comité Stratégique Santé Mentale et Psychiatrie. Cet amalgame psychiatrie-dangerosité ne peut que renforcer le déni, augmenter la perte de l'estime de soi, retarder l'accès aux soins et est fortement péjoratif pour l'avenir de la personne et son rétablissement. Il s'oppose à toute velléité de société inclusive dont on parle tant", concluent les associations Unafam, Fnapsy, Argos 2001, Santé Mentale France, le Collectif Schizophrénies et Advocacy.

Mercredi 15 mai - Éducation - 3.000 PIAL à la rentrée.

Sans attendre la restitution des expérimentations en cours, prévue le mois prochain, la secrétaire d'État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, annonce en Conseil des Ministres que 3.000 Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés seront créés dès la prochaine rentrée scolaire début septembre. Ces PIAL visent à doter des établissements en personnels d'accompagnement scolaire mutualisé, ce qui devrait entrainer une orientation vers ces structures au risque d'éloigner les élèves de l'établissement le plus proche et de les concentrer au sein de quelques-uns par territoire. S'ajouteront la création de 300 unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS), de 30 nouvelles unités d'enseignement maternelles autisme et de 10 unités d'enseignement élémentaires, qui ne représentent qu'une infime partie des besoins à couvrir pour assurer un réel maillage territorial.

Mardi 14 mai - Emploi - L'infox de la semaine.

La sénatrice socialiste du Pas-de-Calais, Sabine Van Heghe, a interpellé en séance le Gouvernement sur la protestation d'Entreprises Adaptées quant à la réforme qui prévoit d'abaisser la part de travailleurs handicapés qu'elles emploient (lire l'actualité du 29 janvier 2019). Dans la réponse rédigée par le secrétariat d'État aux personnes handicapées, la secrétaire d'État aux solidarités, Christelle Dubos, a fourni des chiffres faux : "Notre objectif est de doubler le nombre de travailleurs handicapés embauchés en 2022. Ce sont 80.000 personnes handicapées qui doivent pouvoir être accompagnées par des entreprises adaptées en 2022, contre 40.000 aujourd'hui." Or, ces chiffres correspondent à l'effectif global des salariés valides comme handicapés. En réalité, 24.000 travailleurs handicapés bénéficiaient d'une aide au poste en 2018, soit 68% de l'effectif global de 35.000 employés dans les Entreprises Adaptées. La réforme prévoyant d'abaisser à 55% la part de travailleurs handicapés embauchés dans un effectif global de 80.000 projeté à l'horizon 2022, ils ne seront au plus que 44.000. A cette échéance qui correspond à la fin du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, le budget consacré à ces aides au poste ne permettra toutefois de n'en payer que pour 33.000 salariés handicapés, si leurs montants actuels sont maintenus : faire plus avec presque autant tout en donnant l'illusion de réaliser davantage...

Lundi 13 mai - Transports - Auvergne Rhône-Alpes centralise.

Les transports scolaires et interurbains organisés sur son territoire par le Conseil Départemental de l'Ain seront transférés au Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes à compter de janvier 2020. La loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République, lire l'actualité du 31 juillet 2015) avait effectivement confié ces transports aux régions ; Auvergne Rhône-Alpes en avait immédiatement rétrocédé la gestion aux 12 départements et à la métropole de Lyon. Mais le Conseil Départemental de l'Ain a décidé à l'unanimité d'anticiper une éventuelle rétrocession à la région en 2022, et en a profité pour inclure dans le "paquet" le service de transport adapté des personnes handicapées. Ce dernier sera, à compter de janvier 2020, géré par la région AURA.

Samedi 11 mai - Les initiatives de la semaine.

L'Unapei diffuse l'ensemble des initiatives prises par des associations membres pour informer en facile à lire et à comprendre les citoyens handicapés mentaux qui vont voter le 26 mai pour l'élection au Parlement européen. Le supermarché U de Thourotte (Oise) propose des caddies adaptés aux clients en fauteuil roulant et va réserver dès juin des créneaux horaires pour aider les personnes autistes (initiative déjà testée dans d'autres supermarchés de l'enseigne). Des boxeurs amateurs arrêtent un jeune voleur qui avait agressé un automobiliste handicapé qui demandait à stationner sur une place réservée de l'aire autoroutière bondée de Lançon (Bouches-du-Rhône). Une octogénaire handicapée motrice est sauvée des flammes de sa maison d'Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales) par une voisine qui l'a portée sur son dos.

Samedi 11 mai - Société - Vincent Lambert sera-t-il euthanasié ?

Le médecin chef de l'unité des patients cérébrolésés du Centre Hospitalier Universitaire de Reims annonce pour la semaine du 20 mai la mise en oeuvre de la procédure visant à laisser mourir Vincent Lambert. Il serait alors profondément endormi par substances chimiques, sans soins ni alimentation afin qu'il meure de soif et de faim. Cette procédure définie par la loi sur la fin de vie élaborée en 2005 puis modifiée en 2016 par le docteur et député Jean Leonetti, constitue l'euthanasie médicale "à la française". La décision du médecin rémois intervient six jours après que la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, a déclaré que la France n'était pas légalement tenu de respecter les requêtes du Comité des Droits des Personnes Handicapées chargé du suivi de la mise en oeuvre par les pays signataires de la Convention onusienne des droits des personnes handicapées que la France a ratifiée en 2010. Très croyants, les parents de Vincent Lambert ont en effet saisi le CDPH en invoquant la situation de leur fils pour demander le respect de ses droits et des soins adaptés. Pour son médecin traitant, Vincent Lambert est considéré comme un malade en fin de vie.

Vendredi 10 mai - Les ratés de la compensation.

Sur son blog, la maman d'un garçonnet autiste raconte la douleur et l'effondrement moral que constitue la rédaction d'un dossier MDPH. Un voleur quadragénaire qui a arraché le sac d'une dame qui se déplaçait en fauteuil roulant à Dunkerque (Nord) a été appréhendé par des policiers en flagrant délit. Le président d'une association locale relate les améliorations et lacunes de l'accessibilité de Dijon (Côte d'Or). Un sexagénaire paralysé et obèse est contraint à une vie alitée chez lui faute de place en foyer médicalisé dans l'Essonne où près de 500 adultes sont sur liste d'attente.

Vendredi 10 mai - Éducation - Privés d'aménagement d'examens.

Une fois de plus (lire l'actualité du 5 mai 2018), la Fédération française des Dys (troubles spécifiques du langage et des apprentissages tels dyslexie, dysphasie, dyscalculie, dyspraxie, etc.) déplore le refus d'aménagement des épreuves du Brevet des Collèges et du Baccalauréat à des élèves qui en ont pourtant bénéficié tout au long de l'année scolaire. "Comment est-il possible que, dans les faits, les aménagements aux examens prévus au titre de la compensation partielle de leur handicap soient refusés aux élèves Dys, alors même qu'il s'agit d'un DROIT prévu par la loi du 11 février 2005 ? [...] En 2019, comme depuis maintenant près de 15 ans, et malgré les nombreuses interventions de la Fédération Française des Dys (FFDys) auprès de la Secrétaire d'État, Sophie Cluzel, du Défenseur des Droits et du médiateur de l'Éducation Nationale, rien n'est réglé [...] Cette année, par exemple, tous les élèves d'une classe d'ULIS, bénéficiant de projets personnels de scolarisation et d'aides humaines tout au long de l'année scolaire, se sont vu refuser tous les aménagements aux examens. La FFDys dénonce des pratiques illégales, injustes et variables d'un rectorat à un autre, qui privent les élèves porteurs de troubles Dys de leurs droits constitutionnels, leur permettant de bénéficier d'un traitement équitable sur tout le territoire." Elle rappelle en conclusion de son communiqué qu'elle accompagne "les familles dans leurs démarches et leurs recours auprès de l'autorité académique et des tribunaux."

Vendredi 10 mai - Transports - Paris verbalise à outrance.

Streeteo, filiale du trust multinational Vinci, est à nouveau mise en cause pour de nombreuses verbalisations abusives d'usagers handicapés du stationnement payant à Paris. Cette société plusieurs fois citée pour des pratiques délictuelles (contrôleurs violents, drogués, conduisant sans permis, truquant les contrôles, lire les actualités des 7 et 13 mars 2018) doit réaliser un nombre minimum de contrôles et redressements d'usagers en leur infligeant un Forfait Post-Stationnement (FPS), ce qui conduit ses employés à sanctionner "à la louche". Elle emploie des véhicules de contrôle automatique par lecture de plaques d'immatriculation mais les FPS doivent théoriquement être établis "à la main", voiture par voiture après avoir vérifié qu'elles n'affichent pas un titre de gratuité ou de tarif spécifique. Mais lorsque des usagers handicapés déposent leur recours, la société Streeteo joue l'inertie (lire l'actualité du 19 janvier 2019) pour ne pas avoir à payer l'indemnité de 10.000€ prévue au contrat conclu avec la ville de Paris en cas de nombre trop élevé de réclamations justifiées. Confrontée à une municipalité qui veut gagner le maximum d'argent sur le stationnement urbain en réprimant ses usagers (les recettes ont été multipliées par quatre en quelques mois), Streeteo, qui veut également faire du profit, n'est donc pas regardante sur les méthodes. Si l'adjoint au maire chargé du handicap, Nicolas Nordman, reconnaît des sanctions abusives, ce n'est pas à l'encontre de Streeteo qu'il envisage d'agir... mais des personnes handicapées : la ville de Paris envisage en effet, dès l'été prochain, de les contraindre à inscrire une plaque d'immatriculation de véhicule dans une base de données, comme à Marseille, même si le procédé est contraire à la législation. Le ministre de l'Intérieur vient d'ailleurs de l'expliquer en répondant le 7 mai à une question écrite du député Jean-Luc Lagleize (MoDem - Haute-Garonne).

Jeudi 9 mai - Transports - La SNCF relance les hostilités.

La Directrice de l'Accessibilité du Groupe SNCF, Carole Guéchi, qualifie dans son Infolettre de "grogne catégorielle" les protestations de clients handicapés moteurs. "Certains voyageurs en fauteuil roulant n'acceptent pas le fait d'avoir à communiquer les mensurations [sic] de leur fauteuil au téléconseiller du service d'assistance (Accès Plus, Accès TER ou Accès Plus Transilien) auprès de qui ils passent commande d'une prestation d'aide à monter ou descendre d'un train." Avec une largeur limitée à 70 cm, les personnes qui utilisent un fauteuil roulant plus large se retrouvent interdites de voyager par le train, la SNCF ayant un monopole national ; il en va de même pour la longueur, 120 cm, ou le poids. La directrice de l'accessibilité, qui omet volontairement les marges réglementaires supplémentaires de 10 cm en largeur et de 5 cm en longueur, entend appliquer strictement la règlementation européenne en oubliant que la norme ISO fauteuil roulant prévoit des dimensions maximales supérieures. En pratique, les dimensions des accès aux trains dépassent largement les 70 cm, atteignant par exemple 85 cm dans les Trains à Grande Vitesse. Carole Guéchi ne se risque toutefois pas à invoquer la hauteur de 137 cm à ne pas dépasser par un voyageur en fauteuil roulant (lire ce Flop). Et de renvoyer, à l'instar d'une vulgaire politicienne, à l'Union Européenne le traitement d'une affaire nationale.

Mardi 7 mai - Notre meilleure ennemie.

Alors que l'APF France Handicap annonce que 89% des personnes handicapées qui ont répondu à une enquête d'opinion n'ont pas confiance dans l'action du Président de la République, la secrétaire d'État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, allume un contrefeu : dans une interview au Parisien, elle annonce que l'Allocation Adulte Handicapé augmentera de 40€ le 1er décembre prochain. Or, cette revalorisation a été décidée il y a près de deux ans, et inscrite dans la loi de finances pour 2019 votée par le Parlement fin décembre 2018. Une fois de plus, les journalistes des grands médias sont tombés dans le panneau en relayant sans vérifier; la ministre a atteint son objectif d'intox : "Ce gain de 90 euros mensuel en deux ans est une avancée énorme pour près de 1,1 million de personnes." Or, des centaines de milliers d'allocataires n'en bénéficient pas du tout ou partiellement, du fait de la suppression du complément de ressources de 179€ mensuels, ou pour les couples soumis à une baisse du plafond de revenus servant au calcul de l'AAH. "Le handicap était mis de côté depuis les années 1950", ose même Sophie Cluzel. A l'entendre, la loi fondatrice de droits du 30 juin 1975, qui a notamment créé l'AAH, l'Allocation d'éducation spéciale et instauré une obligation d'accessibilité, n'a pas existé, ni celle du 10 juillet 1987 créant l'obligation d'emploi, ou celle du 13 juillet 1991 instaurant une obligation de résultat en matière d'accessibilité, ni la loi du 11 février 2005 qui a réformé l'ensemble et créé le droit à compensation des handicaps.

 

 

Mardi 7 mai - People - Jean Vanier est mort.
Co-fondateur de L'Arche, organisation catholique gestionnaire d'établissements d'accueil de personnes handicapées mentales, Jean Vannier est décédé à l'âge de 90 ans du fait d'un cancer, après avoir été placé en soins palliatifs il y a quelques jours. Canadien issu d'un diplomate et d'une aristocrate, il s'était engagé dès ses 13 ans dans la marine de guerre avant de s'en écarter en 1950 "pour suivre Jésus et oeuvrer à la paix". Au début des années 1960, il s'était installé dans un village de l'Oise où il avait participé à la création de la première communauté pour personnes handicapées mentales avec le père Thomas Philippe, mis en cause depuis pour de nombreux abus sexuels sur des religieuses commis dans la communauté de L'Arche (lire l'actualité du 5 mars 2019). Ce dominicain était devenu le père spirituel de Jean Vanier ce qui conduit le quotidien La Croix à s'interroger sur la connaissance qu'il pouvait avoir des agissements pervers de Thomas Philippe. La figure charismatique d'évangéliste de Jean Vanier a néanmoins permis à L'Arche et d'autres organisations catholiques ciblant les personnes handicapées de développer leurs activités charismatiques, de retraites spirituelles et de pèlerinages. L'Arche gère actuellement plus de 150 établissements dans le monde dont 33 en France. Lire également ce Flop toujours d'actualité.

Lundi 6 mai - Matériels - Wandercraft et son exosquelette.

La société Wandercraft vient d'obtenir le marquage CE qui lui permet de commercialiser son premier modèle d'exosquelette baptisé Atalante. Au prix de 200.000€, il est destiné à la rééducation de la marche en établissements hospitaliers ou de rééducation fonctionnelle. Cet appareil assure aux blessés médullaires une marche sans béquilles sur sol plat et sans obstacles, avec l'assistance d'une motorisation et d'équipements électroniques contrôlant le maintien de l'équilibre. Wandercraft envisage une version destinée aux personnes handicapées motrices, sans prévoir actuellement d'échéance. Lire ce reportage.

 

 

Dimanche 5 mai - Société/Justice - La France piétine la Convention.
La ministre de la Santé et des solidarités, Agnès Buzyn, déclare sur BFM que la France n'est pas tenu de respecter les décisions du Comité des Droits des Personnes Handicapées de l'Organisation des Nations-Unies : "Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l'ONU et nous allons leur répondre". Ce Comité a été saisi par les parents de Vincent Lambert, quadragénaire en état neuro-végétatif dont le maintien en vie fait depuis six ans l'objet d'un conflit familial (lire l'actualité du 30 avril 2019). Mais au-delà de ce cas spécifique, les propos de la ministre témoignent de l'absence de considération du Gouvernement français pour le Comité onusien chargé de garantir les droits des personnes handicapées définis par la Convention internationale que la France a pourtant signée et ratifiée (lire l'actualité des 20 mars 2010 et du 14 octobre 2011). Le Comité demande à la France que les soins de maintien en vie prodigués à Vincent Lambert soient poursuivis le temps qu'elle se prononce. Ce comité, ultime recours de parents qui refusent l'application à leur fils en état neuro-végétatif de la loi sur la fin de vie, doit émettre un avis sur cette affaire douloureuse qui divise une famille sur fond de rigorisme religieux teinté d'instrumentalisation morale et politique. Lire cet Éditorial.

Samedi 4 mai - Les initiatives de la semaine.

Le Remparts Billard Club de Balaruc-le-Vieux (Hérault) veut promouvoir la pratique auprès des personnes handicapées "qui ont complètement leur place dans ce sport" pour son président. La Colour Run de Laval (Mayenne) s'est mise en accessibilité pour que des personnes handicapées puissent y participer. La MDPH de Seine-et-Marne propose une permanence régulière d'information en Langue des Signes Française pour informer les Sourds sur l'ensemble de leurs droits. L'Adapeim de la Meuse organise des réunions d'information destinées aux personnes handicapées sous tutelle qui viennent de retrouver leur droit de voter (lire l'actualité du 24 mars 2019).

Vendredi 3 mai - Les ratés de la compensation.
Une mère septuagénaire ne comprend pas le rapatriement forcé de sa fille polyhandicapée placée dans un établissement belge (lire cet Editorial). Pas de volontaires handicapées au défilé de lingerie organisée au Trocadéro (Paris 16e) pour promouvoir la diversité dans le mannequinat. 1.800 enfants, jeunes et adultes handicapés sont sur liste d'attente pour une place en établissement ou service médico-social dans le Finistère, selon son Adapei. Un habitant handicapé moteur d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) explique dans une lettre ouverte l'impossibilité qui lui est faite d'emprunter les transports publics. Par manque de place, un jeune polyhandicapé du Nord pourrait être placé à temps partiel quelques heures par-ci par-là dans plusieurs établissements. Quatre jeunes handicapés moteurs sont victimes de l'entrepreneur véreux qui devait construire à Lannion (Côtes d'Armor) un programme de logements adaptés regroupés. La France compte seulement six classes adaptées (Unité d'Enseignement Elémentaire d'Autisme) accueillant en école ordinaire des enfants autistes. A Paris, une adolescente autiste est interdite de manège par un employé du jardin d'acclimatation du bois de Boulogne qui appartient au groupe Louis Vuitton.

Vendredi 3 mai - Politique - Detrez roule pour LaREM.

Fondateur de l'entreprise "Le fauteuil roulant français" actuellement en sommeil, Édouard Detrez annonce sa candidature à l'élection au Parlement Européen du 26 mai prochain. Il se présente sur la liste Renaissance, union du parti présidentiel La République En Marche, du Mouvement Démocrate et d'Agir, et figurera en 38e position donc non éligible. Édouard Detrez s'était fait connaître pendant l'hiver 2018 en parcourant 700 kilomètres sur le fauteuil roulant de sa fabrication afin de mobiliser des acteurs économiques et financiers pour soutenir le développement de son entreprise. Au terme de son périple, il avait rencontré le Président de la République, Emmanuel Macron, dont il soutient le programme en vue de l'élection européenne. Édouard Detrez a également été sélectionné il y a une dizaine de jours par l'architecte Jean Nouvel pour rejoindre une équipe de créateurs censés humaniser la tour qu'il va construire à La Défense (Hauts-de-Seine). L'entrepreneur paraplégique, qui n'a pas trouvé d'investisseurs pour industrialiser ses projets de fauteuils roulants, devra s'occuper de la partie accessibilité, le "starchitecte" Jean Nouvel ayant témoigné dans ses réalisations d'une piètre culture en la matière.

Vendredi 3 mai - Transports/Accessibilité - Bus inaccessibles à Paris.

La restructuration totale du réseau de lignes de bus à Paris intra-muros lancée le 20 avril s'accompagne du maintien de l'inaccessibilité aux clients handicapés moteurs de trois lignes : 40 (Le Peletier-Maire du 18e), 528 (Gare Saint-Lazare-Porte de Clichy tribunal de Paris) et Roissybus. La mission Accessibilité de la RATP justifie l'inaccessibilité de la ligne 40 par sa desserte de Montmartre dont les rues sont pentues et parfois étroites, celle de Roissybus par les points d'arrêts inadaptés des diverses aérogares desservies, mais n'est pas en mesure d'apporter des précisions sur la 528. Avant sa restructuration, le réseau bus parisien était censé être à 100% accessible.

Jeudi 2 mai – Accessibilité – Sas, bistros et restos.
Le Journal Officiel publie un arrêté modifiant diverses dispositions relatives à l'accessibilité. Le texte corrige les dimensions des sas d'isolement définis par le risque incendie et de leurs espaces de manoeuvre pour tenir compte d'un arrêt du Conseil d'Etat qui sanctionnait les dispositions précédentes (lire l'actualité du 16 mars 2016 et du 22 février 2018). Par ailleurs, l'arrêté réduit d'un tiers, à 60 cm, la largeur des allées dites "non structurantes" des restaurants et débits de boissons.

Jeudi 2 mai - Droits - En Polynésie française.
Les personnes reconnues handicapées à titre définitif par la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel (Cotorep) n'ont plus l'obligation de faire renouveler leurs droits et prestations tous les cinq ans. A partir du 1er juin, les 6.000 travailleurs reconnus handicapés par la même Cotorep (dont 5.600 sont sans emploi) bénéficieront de la gratuité des transports publics, après instruction d'une demande à la Direction des solidarités, de la famille et de l'égalité. Enfin, l'Allocation Adulte Handicapé (276€ par mois au plus) perçue par près de 5.000 personnes sera cumulable l'an prochain avec une rémunération de stage, de formation ou un emploi, en fonction de conditions encore à préciser. La Polynésie française compterait 17.000 personnes handicapées.

Jeudi 2 mai - Administration - Le numérique de gré ou de force.

Le Gouvernement n'envisage pas d'alternative au tout-numérique en matière de formalités et relations avec les administrations. C'est ce qui ressort de la réponse du secrétaire d'Etat au numérique Cédric O à une question écrite du sénateur socialiste de Loire-Atlantique, Yannick Vaugrenard. Ce dernier s'inquiétait de l'absence de toute procédure pour les personnes handicapées sous tutelle ou curatelle dont les tuteurs doivent utiliser les comptes et codes d'accès pour réaliser les téléprocédures. Dans sa très longue réponse, le secrétaire d'Etat au numérique n'évoque aucune alternative aux procédures actuelles qui reposent toutes sur un cadre commun. Il ne prévoit que des actions visant à former des personnes qui n'ont pas accès au numérique, sans que les moyens dépassent quelques centaines d'usagers alors que 500.000 sont concernés.

 

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