Jeudi 13 juin – People – Jules vire Roro.

Vêtements adaptés Jules

La société de prêt-à-porter pour hommes Jules a changé d’égérie, remplaçant Romain Guérineau, alias Roro le Costaud, par un autre influenceur dont on taira le nom ; petit indice, il vante son ascension d’une dune de sable du désert marocain sur un fauteuil roulant basique tiré-poussé par un aventurier pour se plaindre des souffrances endurées par l’enlisement dans le sable et la chaleur de four au plus chaud de l’été ! C’est en découvrant des photographies de son remplaçant portant de nouveaux vêtements adaptés par la marque qu’il a appris son éviction, n’ayant pas été informé de cette décision ni par la société en question, ni par l’agence qui lui procure des contrats lucratifs de partenariat. Roro le Costaud n’a pas voulu préciser les conditions du contrat qui le liait à Jules, dont la rémunération perçue pour vanter les vêtements dont il a fait la publicité. Cette pratique témoigne de l’opacité totale du monde des influenceurs, vendeurs de produits qu’ils soient eux-mêmes ledit produit, ou ceux de sociétés commerciales.

Mercredi 12 juin – Politique – Sortants candidats.

Damien Abad, José Beaurain, Fadila Khattabi et Odile Maurin

Le député handicapé moteur Damien Abad apparenté au parti macroniste Renaissance est candidat à sa réélection dans l’Ain le 30 juin. Ce parti refusant de le soutenir, il se présente sous l’étiquette divers droite, et bien qu’il soit depuis le 16 mai mis en examen pour viol. Élu en juin 2022 au titre du Rassemblement National pour un premier mandat, José Beaurain (aveugle) se représente sur l’un des territoires qui a donné son meilleur score à ce parti lors de l’élection européenne du 9 juin qui a décidé le président de la République à dissoudre l’Assemblée Nationale et convoquer de nouvelles élections législatives les 30 juin et 7 juillet. Et en Dordogne, Sébastien Peytavie (handicap moteur) se représente également, au nom du parti de gauche écologique Génération.s. En Côte d’Or, la ministre des personnes handicapées, Fadila Khattabi, se lance dans la campagne électorale à Dijon pour retrouver son siège à l’Assemblée Nationale. En juin 2022 elle ne l’avait emporté que de 66 voix sur près de 30.000 suffrages exprimés, et il est fort probable qu’elle ne parvienne pas à se faire réélire bien qu’elle ait utilisé ses fonctions ministérielles pour « labourer » sa circonscription. Elle a toutefois cessé la multiplication de déplacements officiels sur son territoire après avoir été épinglée par la presse locale et notre magazine pour cette confusion des genres. Enfin, l’activiste Odile Maurin annonce sa candidature en Haute-Garonne à l’investiture du Front Populaire, regroupement des partis de gauche pour s’opposer à la vague d’extrême-droite.

Mardi 11 juin – Emploi – L’Agefiph finance toujours.

Logo d'Inclu'pro

Interpellée à la suite de l’interruption brutale d’une action Inclu’Pro déployée par France Travail et Cap Emploi pour l’accompagnement vers l’emploi de travailleurs handicapés dans les Pyrénées-Orientales, l’Agefiph dément être privée d’une partie de la collecte des contributions qui lui permettent de financer des actions d’insertion professionnelle et de maintien dans l’emploi. « L’Agefiph, qui finance le dispositif, a baissé ses bons de commande de 80 %, déclarait le 5 juin dernier une vice-présidente du conseil départemental, Françoise Fiter, au quotidien l’Indépendant. D’après mes informations, cette année, l’organisme n’aurait finalement pas reçu l’intégralité des contributions prélevées par l’Urssaf auprès des entreprises ne respectant pas le quota de salariés en situation de handicap. Il semblerait que sur 400 millions d’euros collectés pour 2024, l’Agefiph n’ait en fin de compte reçu que 300 millions. » Cet organisme est toujours sous la menace d’un plafonnement de ses dépenses à hauteur de 460 millions, la différence entre ce montant et celui de la collecte des contribution des employeurs devant être versé dans les caisses de l’État. Enfin, si l’Agefiph confirme la suspension de son programme Inclu’Pro, elle précise que les engagements déjà pris sont menés à leur terme et rejette la responsabilité de la situation des demandeurs d’emploi catalans laissés en plan sur l’organisme local de formation.

Lundi 10 juin – Politique – Dissolution de l’Assemblée Nationale.

Confronté à la défaite de son camp et à la victoire de l’extrême-droite lors de l’élection des députés Français au Parlement Européen, le président de la République, Emmanuel Macron, a dès hier soir dissous l’Assemblée Nationale. L’ensemble des citoyens sera appelé à élire les députés nationaux les 30 juin et 7 juillet prochains, dans le délai le plus court prévu par la Constitution de la Ve République. Les textes de loi en cours d’examen au Parlement et concernant les personnes handicapées sont de ce fait retardés de plusieurs mois, et certains risquent de disparaître, le Gouvernement issu des élections législatives précipitées ayant la maîtrise de l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale. C’est ainsi que les propositions de loi sur l’amélioration des conditions de vie avec la maladie de Charcot ou des élus handicapés ainsi que le projet de loi sur la fin de vie risquent d’en être victimes. Il en est de même pour les dossiers en cours de concertation, tel le remboursement intégral des fauteuils roulants. 3 citoyens handicapés siégeaient à l’Assemblée, Damien Abad apparenté au parti du président de la République, Sébastien Peytavie pour Générations.s et José Beaurain au titre du Rassemblement National ; seul ce dernier semble être en mesure, s’il est investi par son parti, de conserver son mandat de député.

Samedi 8 juin – Les initiatives de la semaine.

  • Le conservatoire de Quimper (Finistère) étoffe pour la rentrée de septembre son offre en direction des musiciens amateurs handicapés, et proposera un spectacle inclusif le 22 juin.
  • La RATP, IDFM et la CFPSAA signent une charte pour l’aménagement du métro parisien aux clients déficients visuels, pour l’essentiel après les Jeux Olympiques.
  • Des patients devenant handicapés peuvent s’informer sur leurs droits sans attendre la sortie des hôpitaux de la région de Saint-Omer (Pas-de-Calais) et déjà monter un dossier MDPH.
  • 36.375 élèves de 1re et 61.151 en Terminale vont passer le baccalauréat avec les aménagements tenant compte de leurs handicapés.
  • La Compagne des aidants lance le 13 juin sa caravane dans plusieurs villes pour informer les personnes concernées au moyen de rencontres et rendez-vous.

Vendredi 7 juin – Politique/Citoyenneté – Élus toujours pas aidés.

Éric Kerrouche dans l'hémicycle du Sénat

« C’est une honte pour la démocratie locale ! » Ainsi le sénateur socialiste Éric Kerrouche a-t-il qualifié la réponse de la ministre chargée des Personnes handicapées, Fadila Khattabi, à une question portant sur l’absence de publication du décret réglant le cumul de l’indemnité d’élu local avec l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). « Près de quatre ans [après la loi Engagement et Proximité], le décret d’application de cette mesure n’est toujours pas entré en vigueur, malgré des sollicitations maintes fois répétées », a-t-il rappelé. « Un décret sera pris pour mettre en cohérence les différents textes législatifs et réglementaires. Celui-ci est toujours en cours d’élaboration », a répondu Fadila Khattabi sans donner de délai. Ce qui lui a valu cette réplique : « Madame la ministre, ce n’est pas sérieux ! »

Vendredi 7 juin – Les ratés de la compensation.

  • Le bailleur social Seine-Saint-Denis Habitat maintient une mère dépressive et sa fille en fauteuil roulant dans un appartement inaccessible dont le parquet est détérioré depuis un important dégât des eaux non réparé.
  • Interdit d’école depuis 11 mois, un enfant handicapé psychique de 9 ans est ballotté entre 4 structures éducatives d’Eure-et-Loir où plus de 700 autres enfants ne sont plus orientés vers des IME.
  • Un tiers d’élèves handicapés ne bénéficiera plus d’un transport scolaire à la rentrée de septembre, vient de décider le Conseil Départemental de Loire-Atlantique, suscitant la protestation des familles concernées.
  • Indeed ressuscite les emplois réservés en répertoriant des offres sur le critère « travailleurs handicapés », laissant penser que les autres offres ne sont pas pour eux, ce qui est contraire à la législation française.

Jeudi 6 juin – Accessibilité – 80e anniversaire exclusif à Vire.

La Porte Horloge de Vire, à gauche la porte donnant accès à l'étage ©Pinpin

La ville de Vire Normandie commémore le 80e anniversaire du débarquement allié en présentant une exposition dans un lieu totalement inaccessible aux personnes à mobilité réduite. Installée à l’étage de la Porte Horloge, rare vestige de la ville détruite à 95% le 6 juin 1944, la salle d’exposition n’est desservie que par un escalier à hautes marches, impossible à gravir pour nombre d’habitants âgés ou handicapés. C’est ce qu’a dénoncé l’un habitant paraplégique, Pascal Moru, en adressant un courrier à la maire relayé par le quotidien numérique Le Pays le Bocage le 29 mai. Courrier qui n’a reçu aucune réponse, sauf du conseiller municipal chargé des grands événements et accessoirement directeur de la radio locale VFM, Régis Picot, relate un proche de Pascal Moru qui a assisté à l’inauguration de l’exposition : « Monsieur Picot a parlé de l’accessibilité de la Porte Horloge, je pense avec un peu d’ironie ; il a dit que la ville n’avait pas prévu d’ascenseur, point. » Au printemps 2006, la publication par Pascal Moru de photographies témoignant de l’inaccessibilité de Vire avait pourtant conduit la mairie à engager des aménagements, lire cet article.

Mercredi 5 juin – Emploi/Santé – Travailleurs handicapés menacés.

Exposition aux risques professionnels de l’ensemble des salariés en 2019 selon le handicap

Les travailleurs handicapés, avec ou sans reconnaissance administrative, sont davantage exposés aux risques professionnels, constate une étude de la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion). Proportionnellement, les cadres, employés et ouvriers sont plus nombreux que leurs collègues valides à subir la pénibilité physique, l’intensité du travail, le manque d’autonomie, les exigences émotionnelles, le manque de soutien, les conflits de valeurs et l’instabilité du poste. Ce constat a été dressé à partir des résultats de l’enquête Conditions de travail conduite en 2019, avant la crise sanitaire du Covid. « [Les salariés reconnus handicapés] sont particulièrement surexposés à la pénibilité physique (score moyen de 3,6 sur 10, contre 3,1 pour l’ensemble des salariés), au manque d’autonomie et de marges de manoeuvre (3,3 contre 2,8), et au manque de soutien social et de reconnaissance (4,3 contre 3,8). » Les écarts sont plus importants encore en étudiant la situation des travailleurs handicapés par un problème de santé, mais sans reconnaissance administrative de leur état. Cette étude met en évidence une piètre prise en compte des handicaps dans le cadre ordinaire du travail.

Mardi 4 juin – Sports/Finances – Doublement du budget des Paralympiques.

Autobus RATP à 6 UFR utilisé pour le transport de para athlètes

Le Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris négocie avec l’État une rallonge budgétaire de 30 millions d’euros destinée aux Paralympiques. Cette somme servirait essentiellement à couvrir les frais de transports des para athlètes, qui sera notamment assuré au moyen d’autobus transformés pour transporter 6 personnes sur fauteuil roulant. Ces 250 véhicules diesels polluants, réformés du service par la RATP, ont été récupérés par l’opérateur privé à capitaux publics Keolis, exploitant ce marché de transport. L’État finance intégralement les Paralympiques, avec une dotation initiale de 100 millions d’euros augmentée de 70 millions en décembre 2022 ; au total, il paierait donc 200 millions, soit le double de ce qui était prévu. Les recettes du COJOP sont faibles pour cette compétition, la billetterie ne faisant pas recette (lire l’actualité du 20 mai 2024).

Lundi 3 juin – Emploi/Allocations – L’ASS toujours en sursis.

Le collectif Alerte, regroupant 34 associations du secteur social, a été reçu ce matin par la ministre des Solidarités, Catherine Vautrin. « Cette dernière a été à l’écoute et a su démontrer sa connaissance des dossiers pendant plus de deux heures, sans pourtant s’engager sur aucune promesse, hormis sa volonté de ne pas supprimer l’ASS (allocation spécifique de solidarité) actuellement et de renforcer les contrats d’engagement jeunes (CEJ) », communique le Collectif. Le Premier ministre, Gabriel Attal, avait pourtant annoncé, lors de son discours de politique générale du 30 janvier dernier, son intention de supprimer rapidement l’ASS qui est servie aux demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’allocation chômage (lire cet Editorial). Or cette prestation est intégralement cumulable avec l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) et sa disparition aurait entraîné une perte d’un tiers de leurs revenus de remplacement pour les 15.000 bénéficiaires. Rappelons que ce cumul n’est possible que pour les travailleurs privés d’emploi avant janvier 2017 (lire l’actualité du 30 décembre 2016), et jusqu’à fin décembre 2026, date à laquelle les bénéficiaires de l’AAH perdront définitivement l’ASS.

Samedi 1er juin – Les initiatives de la semaine.

Georgio Loiseau
  • Georgio Loiseau, maire de Poses (Eure) et fondateur du mouvement Les handi-visibles annonce le lancement d’une grève de la faim collective pour demander la mise en oeuvre des mesures annoncées il y a un an, alors qu’il effectuait une grève de la faim individuelle.
  • Le délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, Étienne Pot, plaide pour la scolarisation de tous les enfants en affirmant « on met tout en oeuvre pour aider les enseignants, on peut y arriver. »
  • A compter d’aujourd’hui, le taux horaire de prestation de compensation pour aide à domicile employée directement par le bénéficiaire est porté à 150 % du salaire horaire brut d’un(e) assistant(e) de vie C (lire l’actualité des 9 avril et du 24 mars 2023).
Partagez !