« Le Gouvernement accélère le déploiement du congé supplémentaire de naissance prévu par le budget de la sécurité sociale pour 2026. » Ce titre du communiqué publié le 29 décembre dernier par la ministre la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, est tout simplement mensonger. Adopté définitivement par l’Assemblée Nationale le 16 décembre au sein du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, il est entré en vigueur dès le 1er janvier 2026. « Concrètement il permettra à chaque parent de prendre en plus de son congé de maternité, de paternité ou d’adoption jusqu’à deux mois de congé supplémentaire rémunéré à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second mois. Ce congé pourra être pris sous la forme d’un mois, de deux mois ou de deux périodes d’un mois. » Cela contre la volonté du Gouvernement qui voulait l’appliquer à compter du 1er juillet 2027, reculant ainsi l’échéance de dix-huit mois. Il aurait alors pu servir d’argument électoral pendant l’élection présidentielle d’avril-mai 2027 parce qu’il permet « de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes, et donner plus de temps aux familles pour concilier vie professionnelle et vie familiale en favorisant le bon développement de l’enfant dans ses premiers mois. »

Si les députés ont coupé l’herbe sous le pied du Gouvernement, Stéphanie Rist n’avait pas dit son dernier mot : « Un délai de déploiement d’un an et demi aurait été nécessaire pour mettre en oeuvre dans de bonnes conditions cette réforme. » Là se retrouve la volonté pathologique des politiciens macronistes à repousser les échéances en prenant tous les prétextes imaginables. C’est ainsi que les allocataires adultes handicapés vivant en couple ont poireauté plus d’un an avant l’entrée en vigueur le 1er octobre 2023 de la suppression de prise en compte des revenus du conjoint, les ministres du moment invoquant l’informatique. Trois ans plus tard, la ministre en charge des Familles reprend la même raison pour justifier le différé : « Cette durée devait permettre aux employeurs de s’adapter, y compris dans leurs logiciels de gestion des ressources humaines, et aux caisses de sécurité sociale d’adapter les systèmes d’information nécessaires à la déclaration, au calcul et au versement de ce nouveau droit. »

Mais Madame Rist doit affronter cette réalité : la loi sur le congé supplémentaire de naissance s’applique dès ce mois de janvier. Alors pirouette-cacahouète les parents auront droit à un congé supplémentaire rétroactivement futur : les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier ouvriront effectivement droit pour leurs parents à un congé qu’ils ne pourront prendre qu’entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026. Donc les parents ne perdent pas ce droit, mais la ministre s’arrange avec la réalité quand elle affirme : « Le Gouvernement accélère le déploiement du congé supplémentaire de naissance. » Bien au contraire, il le retarde, et en profite pour piétiner la volonté du législateur.

Laurent Lejard, janvier 2026.

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