En cet hiver 2026, c’est la valse des ministres. Chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin, qualifiée de « moine-soldat du macronisme », va présider la Cour des Comptes en pleine mise en oeuvre des lois de finances qu’elle a portées au Parlement depuis l’automne dernier. Cette ultralibérale sans état d’âme pourra accélérer le travail de sape conduit par son prédécesseur, le socialiste Pierre Moscovici, pour déstabiliser le système de protection et de soutien social de la population. Ces derniers mois, la Cour des Comptes s’est attaquée à l’inclusion scolaire, l’aide à l’emploi, à la compensation du handicap, et pas pour faire du mieux mais plutôt traquer les coupes à réaliser sur leurs budgets.

Ralliée au parti Horizons créé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, la droitière Charlotte Parmentier-Lecocq abandonne également son ministère délégué aux Personnes handicapées ou âgées, pas pour rendre service au président de la République comme sa collègue Montchalin, mais par pure convenance politicienne : élue députée en juillet 2024, elle est remplacée à l’Assemblée Nationale depuis quinze mois par son suppléant. Or ce dernier veut se faire élire maire de Templeuve-en-Pévèle, commune du Nord peuplée de 8.000 habitants (dont la ministre) et il doit abandonner son mandat de député. Charlotte Parmentier-Lecocq privilégie ainsi ses 26.000 électeurs, auprès desquels elle a multiplié les déplacements officiels dont trois durant ces 30 derniers jours, aux millions de personnes handicapées et âgées qu’elle laisse en plan. Elle venait pourtant de lancer le travail préparatoire de la prochaine Conférence Nationale du Handicap prévue en septembre. Plus grave, elle devait annoncer le 12 février le plan grand-âge prévu depuis… 2018. Les personnes âgées ne sont plus à quelques années près, semble-t-elle dire en leur tournant le dos. La conséquence est connue : de trois à six mois de retard pour tous les sujets en cours dont héritera son/sa successeur/e. A moins que la ministre de tutelle, Stéphanie Rist, soit chargée directement des dossiers qu’elle déléguait à l’inconséquente Charlotte Parmentier-Lecocq.

Quant à l’inconnue ministre des Sports, Marina Ferrari, elle ne sera restée en fonction que cinq mois et repart à Aix-les-Bains, en Savoie, dans l’espoir d’y être élue maire. Avec certainement un gros soulagement : elle abandonne les dossiers de l’héritage introuvable des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et de l’organisation actuellement catastrophique des Jeux d’hiver 2030 dans lesquels « sa » ville n’est pas impliquée.

Enfin, la trop brillante ministre de la Culture veut rachidatiser la ville de Paris en y prenant la mairie-département, après avoir détruit la justice en 2007-2009, puis le secteur culturel durant ces deux dernières années. Si elle parvient à s’emparer de l’Hôtel de Ville, les habitants handicapés seront aux premières loges pour apprécier l’évolution de leurs conditions de vie et d’accessibilité urbaine, de la Prestation de Compensation du Handicap et autres aides gérées par le Département de Paris, enfin ce qu’il en restera…

Laurent Lejard, février 2026.

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