Annoncée fin décembre, la campagne de vaccination contre le coronavirus Covid-19 ne devait concerner ce mois de janvier que les pensionnaires de maisons de retraite, établissements pour personnes handicapées et personnels de santé à leur contact âgés d’au moins 50 ans et ayant des pathologies les rendant plus sensibles aux conséquences d’une contamination. Le nombre tragiquement bas des vaccinations de la première semaine de janvier a généré une avalanche de protestation visant le Gouvernement qui s’est empressé d’ajouter un public supplémentaire, les personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile, les personnels soignants de plus de 50 ans, hospitaliers ou libéraux et certaines catégories de personnes malades ou handicapées : dialysés et insuffisants rénaux chroniques, trisomiques 21 notamment, mais sur prescription de leur médecin.

Toutefois, un public particulièrement exposé n’a pas été pris en considération par les instances sanitaires : les personnes qui ne peuvent respecter les gestes barrières du fait de leur handicap. Cela concerne celles qui, à cause de troubles psychiques ou autistiques, ne supportent pas le port du masque, sont aveugles et dans l’incapacité de respecter la distanciation sociale qui passe désormais à deux mètres, les personnes totalement paralysées qui sont à la fois en difficulté de porter un masque et de respecter les distances. Leur situation n’a pas été évoquée et aucune des organisations interrogées n’a de réponse. « Dans tous les cas de figure et sauf pathologie grave, c’est l’âge qui est le critère de priorisation », répond France Assos Santé qui mobilise les usagers du système de santé. Aucune réponse du côté d’associations nationales de personnes handicapées. « Toute la stratégie vaccinale est basée sur la priorisation définie par la Haute Autorité de Santé, répond le cabinet du Premier ministre. Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale a émis des recommandations sur une liste de personnes à très haut risque, dont la trisomie 21. » Effectivement, il a établi une liste de pathologies rares ou plus étendues (Scléroses latérales amyotrophiques par exemple), mais on n’y trouve pas la trisomie 21 pourtant listée par la Haute Autorité de Santé le 17 décembre et rappelée le 15 janvier par le Directeur Général de la Santé ! « Les orientations sont définies par les scientifiques, le Gouvernement les suit », ajoute le cabinet du Premier ministre. Manière de dire que les incohérences et erreurs d’appréciation ne sont pas le fait du Gouvernement, mais comment entendre ce propos : « Si les autistes sont jeunes, ils ne sont pas susceptibles de développer des formes graves » ?

A l’exception de la centaine de milliers de personnes atteintes de maladies chroniques, les personnes handicapées vivant à domicile demeurent donc dans le lot commun de la population qui attend son tour d’âge pour être protégée du Covid-19. Au péril de leur vie.

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