L’époque où une famille était forcément composée d’un papa et d’une maman est révolue depuis que le divorce est légal dans notre pays. Toutefois cette conception passéiste demeure parfois dans le médico-social comme le vit actuellement le compagnon pacsé avec la maman d’une jeune femme vivant avec d’importants troubles autistiques : ce beau-père va fréquemment voir sa belle-fille hébergée dans un foyer de vie, l’accompagne dans des activités, en prend soin. Sauf que ce n’est pas du goût du père biologique vivant sa retraite sur un caillou situé à plus de 2.500 kilomètres et 4 heures de vol. Même s’il ne voit sa fille qu’une poignée de fois à l’année longue, il en est co-tuteur, siège au Conseil de Vie Sociale de l’établissement, est convié à discuter de l’actualisation du projet personnalisé d’accueil, et peut compter sur la célérité du directeur avec lequel il est comme cul et chemise pour écarter le beau-père. Au point même d’employer l’argument ô combien infamant de l’attouchement sexuel, sans le début de commencement de l’éventualité d’esquisse d’un geste « inapproprié », pour employer le mot à la mode.

Alors qui est le papa : l’homme qui a semé la petite graine ou celui qui cajole, accompagne, amuse, toujours là pour celle qui est encore une enfant ? Qui est le papa : le géniteur retraité sur son caillou, ou le beau-père présent, affectueux ? L’affection, l’amour filial, c’est ce qui caractérise le papa, à la différence de l’homme qui a donné la vie puis laissé sa fille à d’autres pour vivre une retraite paisible. Ces questions se posent de plus en plus dans le médico-social, et se résolvent souvent sans difficulté. Mais dans l’affaire qui nous préoccupe ici, du fait d’un divorce visiblement mal digéré, le père biologique peut nuire avec la complicité d’un chef d’établissement. Jusqu’à ce que la police intervienne pour rappeler à ce directeur que le droit de visite en foyer de vie est inconditionnel, qu’il n’a pas celui d’imposer la présence d’un chaperon et que l’on ne peut pas faire suivre un proche jusqu’à son domicile par un éducateur. Car l’intrusion est allée jusque là !

Cela se passe en France, beau pays dans lequel l’application des lois s’effectue à géométrie variable, au risque de voir maintenues des pratiques patriarcales réactionnaires. Il est vraiment temps que certains changent d’époque !

Laurent Lejard, octobre 2026.

Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *