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La réforme
de la loi de 1975 devrait instituer l'égalité des chances quel que soit
le handicap tout en créant un droit à compensation soumis à critères
de ressources. Etonnante logique !
Attendue depuis des mois, l'esquisse de la future loi en faveur des
personnes handicapées est mise en débat dans les associations regroupées
au sein du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées. Elle
pose le principe général de non- discrimination et d'égalité des chances
quelle que soit la nature de leur handicap, par l'adaptation du droit
commun. Elle donne un contenu au droit à compensation du handicap, "expression
de l'égalité de droit des citoyens", au moyen d'aides technologiques,
techniques ou humaines. En garantissant aux personnes handicapées "les
moyens financiers de leur autonomie en distinguant clairement les moyens
nécessaires à la compensation des surcoûts générés par le handicap des
moyens d'existence tirés du travail ou de la solidarité nationale".
Tout en envisageant "dans un souci d'équité sociale, la participation
financière du bénéficiaire […] au- delà d'un niveau déterminé de ressources".
Pour résumer, le droit à compensation serait soumis à critère de ressources
à l'instar des actuelles allocations...
Voilà une conception bien curieuse de l'égalité entre les citoyens
: faire une distinction entre les personnes handicapées qui ont plus
de moyens financiers que d'autres pour leur faire payer une partie de
leur handicap. "Dans un souci d'équité sociale". Au risque de reproduire
la situation actuelle. Celle qui fait hésiter à prendre un emploi peu
payé lorsque l'on perçoit une allocation ou une pension. Celle qui ramène
au rang de salarié pauvre un cadre d'entreprise parce qu'il voit passer
dans les aides humaines une grande partie de son salaire. Gisèle
Caumont, qui s'est expatriée en Suède pour cette raison, n'est décidément
pas prête de pouvoir finir sa retraite en France. Elle doit néanmoins
savoir qui va la maintenir en exil : c'est l'homme qui a fait du handicap
l'un des trois chantiers de son quinquennat, notre Président de la République,
Jacques Chirac. Il l'avait annoncé dans son discours
de réception du CNCPH nouveau, le 3 décembre 2002 et nous l'avions
alors relevé.
Avant même son instauration, le droit à compensation est déjà sacrifié
sur l'Autel des finances publiques et c'est le locataire de l'Elysée
qui en a décidé ainsi. Dans un souci d'équité sociale?
Laurent
Lejard, mai 2003
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