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Attendue
depuis des mois, l'esquisse de la future loi en faveur des
personnes handicapées est mise en débat dans les associations
regroupées au sein du Conseil National Consultatif des Personnes
Handicapées. Elle pose le principe général de non- discrimination
et d'égalité des chances quelle que soit la nature de leur
handicap, par l'adaptation du droit commun. Elle donne un
contenu au droit à compensation du handicap, "expression
de l'égalité de droit des citoyens", au moyen d'aides technologiques,
techniques ou humaines. En garantissant aux personnes handicapées
"les moyens financiers de leur autonomie en distinguant
clairement les moyens nécessaires à la compensation des
surcoûts générés par le handicap des moyens d'existence
tirés du travail ou de la solidarité nationale". Tout en
envisageant "dans un souci d'équité sociale, la participation
financière du bénéficiaire […] au- delà d'un niveau déterminé
de ressources". Pour résumer, le droit à compensation serait
soumis à critère de ressources à l'instar des actuelles
allocations...
Voilà une conception bien curieuse de l'égalité entre
les citoyens : faire une distinction entre les personnes
handicapées qui ont plus de moyens financiers que d'autres
pour leur faire payer une partie de leur handicap. "Dans
un souci d'équité sociale". Au risque de reproduire la situation
actuelle. Celle qui fait hésiter à prendre un emploi peu
payé lorsque l'on perçoit une allocation ou une pension.
Celle qui ramène au rang de salarié pauvre un cadre d'entreprise
parce qu'il voit passer dans les aides humaines une grande
partie de son salaire. Gisèle
Caumont, qui s'est expatriée en Suède pour cette raison,
n'est décidément pas prête de pouvoir finir sa retraite
en France. Elle doit néanmoins savoir qui va la maintenir
en exil : c'est l'homme qui a fait du handicap l'un des
trois chantiers de son quinquennat, notre Président de la
République, Jacques Chirac. Il l'avait annoncé dans son
discours
de réception du CNCPH nouveau, le 3 décembre 2002 et
nous l'avions alors relevé.
Avant même son instauration, le droit à compensation est
déjà sacrifié sur l'Autel des finances publiques et c'est
le locataire de l'Elysée qui en a décidé ainsi. Dans un
souci d'équité sociale?
Laurent
Lejard, mai 2003
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