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  Tir à l'arc.
  Depuis Robin des Bois et ses joyeux compagnons, le tir à l'arc a évolué en discipline sportive dans laquelle les handisportifs sont quasiment à égalité avec les valides.


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Pratiqué depuis des siècles, le tir à l'arc a souvent été utilisé dans la rééducation des personnes handicapées physiques pour ses caractéristiques thérapeutiques : il fait travailler aussi bien le corps que l'esprit. Pratiqué comme sport de loisir ou de compétition, il demande un engagement total en sollicitant une maîtrise parfaite de soi- même. C'est toutefois un sport dans lequel presque toutes les personnes handicapées motrices ou sensorielles peuvent s'exprimer.

Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.

Paras et tétraplégiques pratiquent assis. Les infirmes moteurs cérébraux sont admis en handisport mais peuvent également pratiquer en sport adapté, lorsqu'une déficience intellectuelle est associée. Les amputés d'un membre supérieur, jusqu'à l'avant- bras, peuvent utiliser un dispositif adapté (prothèse, attelle, crochet). On pourrait supposer que le tir à l'arc est impossible aux doubles amputés de bras; toutefois, Albert Heyché, Directeur Technique Fédéral à la Fédération Française Handisport, assure que l'on trouve toujours une solution, se rappelant un archer qui tirait... avec les pieds !

mage : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.

"Le matériel employé, explique Albert Heyché, est conforme aux règlements de la fédération internationale de tir à l'arc (FITA). Un classificateur détermine les adaptations éventuelles de l'arc et l'usage d'accessoires comme le décocheur : ce dispositif mécanique, tenu dans la main, retient la flèche et permet de relâcher la corde de l'arc au moment choisi par l'archer handicapé des deux mains. Des supports corporels ou des sangles sont employés par les tireurs qui ont besoin d'un appui ou dont le maintien dorsal est insuffisant. Les aveugles et malvoyants utilisent une potence ou un système opto- électronique qui renvoie un son qui s'amplifie lorsque le viseur approche le centre de la cible. Il suffit d'avoir une force de traction de 15 livres pour ouvrir un arc. Il est admis de pouvoir utiliser un arc à poulies qui démultiplie la force musculaire. Il est également possible de décocher à la bouche. Le tir à l'arc est toutefois un sport à risques; l'arc est une arme et la sécurité prime".

Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.

On tire en salle comme à l'extérieur. Cette dernière pratique permet des distances plus grandes, de 30 à 70 mètres (les aveugles sont limités à 30 mètres), mais il faut alors savoir tenir compte du soleil, du vent, de la trajectoire parabolique de la flèche. En salle, les distances sont de 10 et 18 mètres. De plus en plus, c'est au sein de clubs traditionnels que les handi- archers s'expriment, dans une grande convivialité, et avec des résultats proches des tireurs valides une fois le handicap compensé : tous se côtoient et pratiquent ensemble. Albert Heyché estime que la discipline peut être unifiée sans difficulté : "cela se fait déjà dans quelques pays. Tout le monde a du matériel de qualité, donnant de bonnes performances, handisportifs et valides sont à égalité dans le tir à l'arc". En 2002, 424 archers étaient licenciés "compétition" à la Fédération Française Handisport. 230 clubs de tir à l'arc sont ouverts en France aux handisportifs, qui ne sont assujettis à la double licence (FFH et FITA) que pour les compétitions internationales.

Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.
Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.

Jean-Marc Chapuis, paraplégique, (à qui l'on doit les superbes photographies qui illustrent cet article) a été l'un des meilleurs handi- archers français, médaillé lors des Paraplympiques auxquels il participa, de 1976 à 1984 : "J'ai pratiqué le tir à l'arc durant une quinzaine d'années, jusqu'à ce qu'un accident de voiture m'ait rendu ce sport pénible à poursuivre à haut- niveau. L'apprentissage a été difficile, je m'entraînais alors quatre à cinq heures par jour pour obtenir des résultats, qui sont venus assez vite. Le tir à l'arc m'a permis de conserver une bonne condition physique, de développer le haut de mon corps. C'est également un sport très mental : il faut savoir se concentrer, accepter de répéter des milliers de fois le même geste, contrôler ses émotions, résister à la pression. En compétition, de nombreux archers flanchent parce qu'ils n'arrivent pas à conserver un mental égal jour après jour. En dehors des pas de tir, j'ai apprécié la sincère camaraderie des archers. On sortait, faisait des virées nocturnes et de grandes tablées..." De joyeux compagnons, on vous dit !


Laurent Lejard, janvier 2003

Pour en savoir plus, contactez Albert Heyché, Directeur Technique Fédéral du tir à l'arc à la Fédération Française Handisport - Tél/fax : 05 63 75 23 61. Merci également à Handicapsport pour sa précieuse collaboration.

Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés. Image : tir à l'arc handisport. Photo Jean-Marc Chapuis, droits réservés.




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