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Les services
de secours du Maine-et-Loire (via le Service Départemental d'Incendie
et de Secours qui trie les appels en envoyant un médecin ou un véhicule
du SAMU) sont désormais accessibles par télécopie, pour les appels d'urgence,
au 02 41 34 42 76. Un formulaire simplifié permet aux personnes sourdes
de préciser rapidement leur demande. La méthode est utilisée en Belgique
depuis déjà quelques années, mais les choses ne sont pas aussi simples...
Il y a une dizaine d'années, avec la collaboration d'Antoine Trujilo,
de la Fédération Nationale des Sourds de France, nous avions édité un
annuaire départemental des numéros de secours accessibles par Minitel.
Malgré l'aide de l'UNISDA et de son bulletin IDDA-Infos, cet annuaire
s'est révélé ingérable : fréquents changements de numéros, méconnaissance
des fonctions spécifiques du Minitel, turn-over du personnel
des centres de secours (le personnel formé à l'usage du Minitel change
très vite d'affectation). Au surplus, cet annuaire n'a jamais concerné,
hormis la région parisienne, qu'un gros tiers des départements.
Allons-nous maintenant devoir gérer un annuaire des numéros d'urgence
accessibles par télécopie, soit un potentiel de plusieurs centaines
de numéros propres à chaque département? Nous sommes loin, très loin,
de la commodité des 15, 18, etc., affichés partout, faciles à mémoriser
et opérationnels sur l'ensemble du territoire. De plus, les télécopieurs
sont assez souvent en panne (de papier, d'encre...) et paraissent trop
peu fiables pour un appel d'urgence. Quant au 112, le numéro européen,
il n'est toujours pas accessible par S.M.S.

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La disparition
du Minitel elle est relative. Certes, de nombreux jeunes et adultes
sourds communiquent par Internet et S.M.S via les téléphones
portables. Cependant, même s'il est condamné à disparaître, le
Minitel reste encore très utilisé par les personnes âgées et/
ou à faibles revenus. La fracture numérique traverse aussi le
monde sourd. Malgré le développement des courriels et des S.M.S,
il reste souvent nécessaire d'avoir un accès aux téléphone et
pas seulement pour les services de secours : administrations,
entreprises, prise de rendez- vous chez un médecin ou dans un
hôpital, panne sur une autoroute, etc. Les circonstances sont
nombreuses et le recours à un tiers entendant est l'une des situations
de handicap parmi les plus humiliantes ; si, du moins, la personne
sourde à la chance de ne pas être isolée au moment où survient
l'incident ou l'accident...
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C'est pourquoi
de nombreux pays ont opté pour des centres-relais, une version accessible
des biens connus call centers. La personne sourde entre en communication
avec le centre- relais par texte téléphoné (Minitel par exemple). L'opérateur
du centre- relais téléphone au correspondant entendant et lui lit le
message de la personne sourde, puis transcrit la réponse à la personne
sourde par texte téléphoné. Ainsi, quoiqu'en léger différé, il est possible
d'établir un dialogue entre personnes sourdes et entendantes en toute
confidentialité. En Grande- Bretagne, par exemple, le centre relais
est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et emploie plusieurs dizaines
de personnes. Aux États- Unis, tous les opérateurs téléphoniques, bien
que privés, ont un centre- relais. En France, il existe un petit centre-
relais à Paris, géré par France- Télécom, mais il n'est ouvert qu'aux
heures de bureau; saturé, n'accepte plus d'abonné supplémentaire !
La nouvelle loi d'égalité des droits et des chances des personnes handicapées
dispose que les services de secours doivent être accessibles. Il reste
à organiser cette accessibilité de façon efficace. La solution retenue
en Maine et Loire, si elle a le grand mérite d'exister, ne paraît guère
performante et ne vaut que faute de mieux. La création d'un centre-
relais national ouvert en permanence devrait être imposée aux opérateurs
en télécommunications et ce service public pourrait être facilement
financé par une taxe parafiscale minime sur les millions de communications
G.S.M et S.M.S. À défaut, la sécurité des personnes sourdes et de bon
nombre de malentendantes qui ne peuvent pas téléphoner ne sera pas assurée.
Cependant, depuis plus de dix ans, le ministère de l'Industrie, tout
comme l'Autorité de Régulation des Télécommunications, font la sourde
oreille aux demandes des associations. Devons- nous en déduire que pour
les sourds, comme pour l'armée, l'État tolère un certain pourcentage
de pertes et que ce ne sont pas quelques sourds brûlés vifs qui vont
troubler le sommeil des éminences qui nous gouvernent ?
Marc Renard, président de l'Association pour l'accessibilité du cadre
de vie aux personnes sourdes, devenues- sourdes ou malentendantes (2A.S).
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