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| Michel
Petrucciani. Il aurait eu 40 ans le 28 décembre 2002. Près de quatre ans après sa disparition, portrait d'un prodige du jazz qui s'est hissé au niveau des plus grands... |
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| Archives | |||||||||||||
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Atteint d'ostéogenèse
imparfaite, Michel Petrucciani voit le jour à Orange (Vaucluse) le 28
décembre 1962, d'un père d'origine italienne et d'une mère d'origine
anglaise. Il baigne dans la musique dès l'enfance : papa joue de la
guitare, et ses deux frères de la guitare et de la contrebasse. L'un
de ses premiers souvenirs musicaux est un concert de Count Basie au
Théâtre Antique d'Orange au cours duquel le musicien pose sa casquette
sur sa tête d'enfant maladif. Plus tard, il casse rageusement son premier
piano- jouet parce que l'instrument ne sonne pas comme celui de Duke
Ellington, entendu à la télévision !
Il enregistre
son premier disque, "Flash", à Apt (Vaucluse) en 1980. Puis
il rencontre le producteur Jean- Jacques Pussiau, d'Owl Records, pour
un second disque qui sera le prélude à une longue série
d'enregistrements. L'année suivante, contre l'avis de ses parents, il
fait un chèque en bois pour partir en Californie rejoindre un ami musicien
: "A 18 ans, je suis parti à 8.000 kilomètres de chez moi parce que
je n'en pouvais plus"...
Il s'installe
à Big Sur, près de Monterey, dans un Institut thérapeutique de luxe
où il est logé et nourri en échange de ses talents de pianiste. Il y
rencontre la femme du saxophoniste Charles Lloyd qui le présente à son
illustre époux pour un "boeuf" mémorable au cours duquel le jazzman
s'exclame : "J'ai trouvé l'avatar du piano, le messager. J'attendais
ce pianiste depuis dix ans !". La carrière américaine de Michel Petrucciani
est lancée. Afin d'obtenir la fameuse "Green card" (indispensable pour
pouvoir travailler aux États- Unis) il épouse Erlinda Montaño, une indienne
Navarro, avec laquelle il restera cinq ans. Il revient en France à l'occasion
de concerts ou de festivals mais choisit de résider aux États- Unis.
En 1982, il enregistre chez Owl Records son premier disque en piano
solo, "Oracle's Destiny". Le cinéaste Frank Cassenti réalise un film
sur lui, "Lettre
à Michel Petrucciani". Le film sera présenté au Festival de Cannes
1983. Son premier disque américain, "100 Hearts", est produit par George
Wein.
Au début des
années 1990, l'album "Flamingo", réalisé avec Stéphane Grappelli, sera
l'un des rares disques d'or en jazz avec plus de 100 000 exemplaires
vendus en France : "J'aime les mélodies, les choses que l'on peut chanter,
dont on se souvient. J'aime La vie en rose, ça me parle... J'aime la
pop music aussi, Freddie Mercury, Michael Jackson, Prince"...
"En 1980, je
ne marchais pas, je pesais 25 kilos, je ne savais rien de la vie, j'étais
un peu paumé... [maintenant] je suis plus solide, je marche avec des
béquilles, je me débrouille tout seul, je suis en meilleure santé, j'ai
appris des choses... et même si j'ai perdu des cheveux, je me trouve
plus beau aujourd'hui qu'à l'époque !" Et aussi : "J'ai touché
des gens, je crois... Parfois je me dis que je dois être quelqu'un d'intéressant.
Les gens ont une certaine admiration pour moi, comme s'ils voyaient
en moi une leçon de courage"... |