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  À la découverte du handikite.
  Voler en surfant sur les vagues est encore une activité réservée à quelques spécialistes mais des adaptations en duo, catamaran ou terrestre ouvrent à tous ou presque ce grisant sport de glisse !

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Le kitesurf a renouvelé le plaisir de la glisse sur l'eau. Moins éprouvant pour le corps que le ski nautique, plus facile à acquérir que la planche à voile, ce sport de glisse très fun a conquis ses adeptes. Breveté en 1984 par deux Français, Dominique et Bruno Legaignoux, le kitesurf est essentiellement pratiqué sur l'eau, le surfeur ayant les pieds attachés à une planche et son corps relié à une voile spécifique au moyen d'un harnais. Le surfeur est tracté par le vent, réalise des figures, des sauts de vagues, vole sur quelques dizaines de mètres.

  Image : Handikite. ©Laurent Lamacz.

 

Ce sport fun devait tout naturellement intéresser des sportifs handicapés, et Christophe Martin est de ceux-là : parallèlement au ski nautique adapté, il a débuté le handikite en solo en avril 2004. Il est également l'initiateur au sein de la Fédération Française de Vol Libre d'une commission d'organisation de l'activité handikite, pratiquée essentiellement en duo ou accompagnée. Dans ce cadre, plusieurs engins ont été adaptés : catamaran de type Hobie Cat pour évoluer sur la mer, buggy (châssis de char à voile démâté) pour les plages et les vastes étendues ventées.

"Les marchants peuvent pratiquer debout dans tous les clubs, explique Christophe Martin. Des amputés, les personnes privées de naissance d'un membre utilisent des prothèses adaptées à l'activité, en carbone ou autres matériaux. Il faut qu'ils soient attentifs aux attaches, au risque de blessures sur le moignon, à l'usure de la prothèse. Les roulants pratiquent le handikite assis dans une coque montée sur un châssis équipé d'un amortisseur, l'ensemble étant fixé sur une planche de surf".

 

 

Le handikite s'avère moins éprouvant physiquement que le ski nautique : la vitesse d'évolution est plus réduite, et la voile allège le poids du corps. Autre avantage sur le ski nautique, plutôt réservé au plan d'eau calme et sans vent, le handikite est possible par presque tous les temps, orage et tempête exceptés. Mais s'il est moins fatigant, le handikite oblige les paraplégiques à être attentif à un inconvénient : les chocs répétitifs sur l'eau générés par le clapot et les sauts peuvent entraîner des blessures, voire des fractures si les jambes et les pieds ne sont pas correctement attachés et protégés.

C'est l'un des défis auxquels Christophe Martin s'est attelé, élaborer le siège et le châssis idéaux pour assurer en pratique solo à la fois plaisir et sécurité. Pour cela, il participe à l'élaboration de prototypes de châssis dérivé du tandemski, une aventure technologique qu'il présente en détail et images sur un site dédié au Handikite.

  Image : Buggy-kite. ©Laurent Lamacz.

Image : Handikite. ©Laurent Lamacz.

 

Le défi ne se réduit toutefois pas à des questions techniques, tels que la rigidité du siège ou la protection du corps contre les chocs répétés, il intègre également l'impératif de sécurité : lorsqu'un kitesurfeur assis ne parvient plus à maîtriser la voile, il risque d'être traîné sous l'eau par le châssis du siège et doit parvenir à éjecter la voile. Autre aspect non négligeable, proposer un matériel de handikite assis compatible avec le ski nautique et à un prix économiquement acceptable, autour de 2.000€.

S'il n'y a guère actuellement qu'une poignée de français handicapés à évoluer en handikite solo assis, ces pionniers ouvrent la voie pour d'autres amateurs qui disposent actuellement d'engins adaptés à la pratique en duo ou collective. Quelques clubs et écoles les proposent : Mer et Vent à La Ciotat et Mistral Kite Passion à Saint-Martin de Crau (Bouches-du-Rhône), Fil d'Air à Mèze (Hérault), Kite Zone School à Hourtin (Gironde), Altitude Kite sur le lac de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), OKS sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), Sensation Kite à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Kite Paradise (en collaboration avec Vagdespoir Nord) à Houlgate (Calvados). Dans ces clubs, la pratique repose essentiellement sur le Catakite : prenez un catamaran Hobie Cat, retirez le mat et le gréement, modifiez la barre de gouvernail, fixez un point d'accroche pour la voile de kite et vous obtenez un Catakite sur lequel embarquent plusieurs navigateurs. Chacun se relaie pour découvrir cette autre glisse, dans de bonnes conditions de sécurité en utilisant lignes de vie et harnais individuels. De quoi se faire plaisir, en attendant la glisse en solo...


Laurent Lejard, mars 2011.


Merci au photographe Laurent Lamacz pour ses superbes images !

 



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