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En
2006, un mineur circulait la nuit en agglomération sur un Pocket
Bike, lorsqu'il fut heurté par un véhicule. Il fut grièvement
blessé, victime d'un traumatisme crânien important. La compagnie
d'assurances du véhicule qui avait heurté le mineur refusait d'indemniser
son préjudice corporel, invoquant à son encontre de multiples
fautes, notamment :
- le véhicule qu'il conduisait était un véhicule terrestre à moteur
non homologué pour la circulation;
- ce type de véhicule était interdit sur la voie publique;
- le véhicule n'était pas assuré;
- le jeune homme roulait vite;
- il faisait nuit, or la victime circulait sans éclairage;
- il n'avait pas respecté le panneau Stop et ainsi refusé la priorité;
- il ne portait pas de casque;
- la gravité des séquelles serait imputable aux manques de protection
et de sécurité de la mini moto.
Les parents du jeune homme étaient désespérés. L'état de santé
de leur enfant était grave et aucune assurance ne garantissait
son dommage corporel qui, compte tenu de sa gravité, avait d'importantes
répercussions sur son avenir. Et surtout, l'ensemble du procès-verbal
de police corroborait les allégations de la compagnie d'assurances.
Les parents décidèrent alors de confier la défense des intérêts
de leurs fils à un avocat spécialisé en Droit de la Réparation
du Dommage Corporel.
L'avocat les informa, dès le premier rendez-vous, que ce dossier
était très délicat et que les chances d'obtenir satisfaction étaient
faibles. Mais les parents lui firent confiance, car ils savaient
que leur unique chance d'obtenir une indemnisation pour leur fils
était de saisir la justice et d'être assistés d'un avocat spécialisé,
qui savait difficile mais croyait possible le succès du procès.
C'est ainsi qu'à la fin de l'année 2007, l'avocat assignait le
conducteur du véhicule impliqué et sa compagnie d'assurances devant
le Tribunal de Grande Instance de Meaux, à l'effet de voir reconnaître
le droit à indemnisation de son client, ainsi que la désignation
d'un expert judiciaire, afin d'évaluer son préjudice corporel
et l'allocation d'une première provision à valoir sur son préjudice
total.
Il convient d'indiquer que Pocket Bike signifie "moto de
poche". Pour autant, la moto en question n'était pas un simple
jouet pour enfant, puisque mesurant près d'un mètre de haut et
pouvant atteindre une vitesse supérieure à 50 km/h. Pourtant ce
véhicule ne peut circuler en ville, car il n'est pas homologué,
est dépourvu d'éclairage et n'offre aucune sécurité à son conducteur.
L'avocat spécialisé estimait, contrairement aux allégations de
la partie adverse, que le procès-verbal de police était sujet
à discussions et ne permettait pas de retenir toutes les fautes
à l'encontre de la jeune victime.
Les parties échangèrent de nombreuses conclusions et pièces devant
le Tribunal, qui fixa cette affaire pour plaidoiries à février
2010. Lors de cette audience, celle-ci fut longuement plaidée.
L'enjeu était capital : d'un côté une demande d'indemnisation
totale pour un mineur gravement handicapé, de l'autre son exclusion
totale soutenue par la compagnie d'assurances. Par jugement définitif
du 10 mai 2010, le Tribunal de Grande Instance de Meaux fit partiellement
droit aux demandes de la victime et estima que les fautes reprochées
au mineur n'étaient pas toutes établies. C'est pourquoi le Tribunal
estima que le droit à indemnisation de la victime serait limité
à 25%, ordonna une expertise judiciaire médicale, et alloua une
provision de 20.000€. Aucune des parties n'interjeta appel de
ce jugement.
Lors de l'expertise judiciaire, la victime fut assistée par son
médecin-conseil de victimes et par son avocat spécialisé, tandis
que la compagnie d'assurances était assistée par son médecin-conseil
d'assurances et son inspecteur corporel spécialisé. Tous les chefs
de préjudices furent débattus avec ténacité. En mai 2011, le rapport
d'expertise judiciaire était déposé et retenait, notamment, un
taux de déficit fonctionnel permanent de 55% avec un besoin en
tierce personne de 8 heures par jour qui ne seraient, en tout
état de cause, indemnisées que sur la base de 25%, compte tenu
du partage des responsabilités.
En novembre 2011, la compagnie d'assurances notifiait à la victime
son offre indemnitaire et offrait de régler la somme totale de
207.800 € en réparation de son entier dommage. Le cabinet d'avocats
spécialisés prit immédiatement des conclusions devant le Tribunal
de Grande Instance de Meaux pour obtenir la liquidation de l'entier
dommage de la victime. Entretemps, le cabinet d'avocats spécialisés
se rapprocha de la compagnie d'assurances à l'effet de convenir
d'une transaction garantissant les droits de la victime. C'est
ainsi qu'en février 2012, une bonne transaction fut conclue, mettant
un terme à ce différend : la compagnie d'assurances réglait à
la victime la somme de 721.000€ en capital.
Certes ce jeune homme n'a pas été indemnisé à 100%, mais nous
sommes bien loin du refus initial d'indemnisation opposé à la
victime par la compagnie d'assurances, puis par la suite de son
offre indemnitaire pour la somme de 207.800€. Les parents de la
victime ont eu raison de croire en la justice et de ne pas se
résigner, car l'avenir de leur fils en dépendait. Les avocats
spécialisés sont satisfaits du résultat obtenu, qui permet à leur
client de réaliser ses projets et de vivre avec plus de sécurité
et de dignité.
Il faut toujours faire vérifier ses droits et ne jamais se résigner,
car la vie d'une personne handicapée est toujours difficile. Elle
l'est plus encore sans indemnisation. C'est pourquoi son avenir
doit être toujours protégé. Une juste indemnisation permet à la
victime d'envisager plus sereinement cet avenir.
Catherine
Meimon Nisenbaum,
Nicolas Meimon Nisenbaum,
avocats à la Cour,
juin 2012.
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