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En
France, en mars 2004, un jeune homme était victime d'un accident
de la circulation dans des circonstances particulières. En effet,
suite à un différend, la victime s'était allongée sur le capot
du véhicule d'un de ses amis, ce dernier s'était alors mis à rouler
et au bout d'une vingtaine de mètres, le jeune homme fut déséquilibré
par le passage sur un "dos d'âne". Il tomba du capot, son crâne
heurta le sol. Il fut grièvement blessé, puisqu'un traumatisme
crânien grave résulta de cette chute. Il fut conduit dans le coma
à l'hôpital, puis il dut séjourner plus d'une année dans un centre
de rééducation.
Sa mère était désemparée, elle se faisait beaucoup de soucis pour
l'état de santé de son fils et pour son avenir financier, car
la compagnie d'assurances refusait de prendre en charge l'entier
dommage corporel. Aussi fit-elle immédiatement appel à un cabinet
d'avocats spécialisés en réparation du dommage corporel, afin
d'assurer la défense des intérêts de son fils. La procédure judiciaire
pour ce dossier, qui fut relativement longue et délicate, permit
enfin l'indemnisation de l'entier préjudice corporel de ce jeune
homme et de sa famille et donna tort à la compagnie d'assurances.
Dans un premier temps, le Juge des référés du Tribunal de Grande
Instance de Paris fut saisi par l'avocat spécialisé qui sollicita
d'une part la désignation d'un médecin expert judiciaire avec
pour mission d'évaluer le dommage corporel, et d'autre part une
provision. Par ordonnance de référé de mai 2005, la victime fut
déboutée de sa demande de provision à l'encontre de la compagnie
d'assurances. Un expert judiciaire neurologue fut cependant désigné.
La victime interjeta appel de cette décision. Entre temps, le
Tribunal correctionnel de Bobigny, par jugement définitif de janvier
2006, jugeait le conducteur du véhicule coupable de blessures
volontaires.
Cependant la 14ème Chambre de la Cour d'Appel de Paris, par arrêt
de mai 2006 confirma l'ordonnance de référé de mai 2005. La victime
et sa famille traversèrent une période d'incertitudes et d'angoisses,
car la justice n'avait pas pour le moment reconnu leurs droits.
Parallèlement à ces procédures, l'avocat spécialisé saisissait
le Tribunal de Grande Instance de Paris, pour qu'il soit statué
au fond. Il était indispensable que le Tribunal reconnaisse le
droit à indemnisation intégrale de la victime. Un grand nombre
de conclusions furent échangées entre les parties, la compagnie
d'assurances arguant essentiellement que la victime avait commis
une faute volontaire d'une exceptionnelle gravité excluant, dès
lors, tout droit à indemnisation. L'avocat spécialisé, pour sa
part, contredisait cette thèse comme infondée.
Lorsque le Tribunal jugea que cette affaire était en l'état, une
audience de plaidoirie fut fixée. L'avocat spécialisé plaida pour
défendre une fois encore les droits de son client, l'avocat de
la compagnie d'assurances en fit de même pour le sien. Par jugement
en date du 15 janvier 2008, la 19ème Chambre Civile du Tribunal
de Grande Instance de Paris donnait gain de cause à la victime,
lui reconnaissant un droit à indemnisation intégrale, et lui allouait
une provision de 80.000€. La compagnie d'assurances acceptait
enfin le droit légitime de la victime et n'interjetait pas appel
de cette décision. Entre-temps, l'expert judiciaire neurologue
convoqua les parties. Deux expertises eurent lieu et à chacune
d'elles la victime fut assistée par son médecin-conseil de victimes,
spécialisé pour le traumatisme crânien. Des pièces et rapports
médicaux importants furent échangés.
Lors de la dernière expertise médicale de consolidation, qui fut
particulièrement longue, l'avocat spécialisé était également présent
pour assister son client, tout particulièrement sur l'évaluation
de la tierce personne. L'avocat considérait sous évaluée l'estimation
expertale pour ce chef de préjudice. Il adressa un dire très détaillé
à l'expert Judiciaire, qui déposa son rapport en juillet 2009.
Ce rapport d'expertise judiciaire retenait un traumatisme crânien
grave, comprenant notamment un taux d'Incapacité Physique Permanente
de 70 %, une tierce personne de 8 heures par jour (4 heures de
"soutien actif pour l'autonomie au quotidien" et 4 heures de "présence
non spécialisée") et le préjudice professionnel était qualifié
de "définitif". En septembre 2009, après avoir complété son dossier
et pour ne pas perdre de temps, l'avocat spécialisé assignait
la Compagnie d'Assurances et son assuré devant le Tribunal de
Grande Instance de Paris.
Là encore, les parties échangèrent d'importantes conclusions.
Elles n'étaient pas d'accord cette fois-ci non sur l'imputabilité
du dommage corporel, mais sur son évaluation. Devant le Tribunal,
l'avocat spécialisé accepta les conclusions de l'Expert Judiciaire,
mais contesta celles concernant l'évaluation de la tierce personne.
L'expert avait évalué ce poste de préjudice à 8 heures par 24
heures, l'avocat spécialisé estimait que celui-ci devait être
évalué à 14 heures, soit 6 heures supplémentaires de présence.
Pour l'avocat spécialisé, l'expert n'avait pas bien évalué la
tierce personne compte tenu de la pathologie spécifique au traumatisme
crânien et avait également inclus indirectement dans le calcul
des heures de tierce personne l'assistance familiale, ce qui était
infondé. Par ailleurs, les parties n'étaient pas du tout d'accord
sur l'évaluation des postes de préjudice. Plus d'une cinquantaine
de pièces étaient échangées à l'appui des écritures de la victime.
La 19ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris rendit
le 14 juin 2011 un jugement qui donnait gain de cause en de très
nombreuses dispositions à la victime. De manière assez exceptionnelle,
sans ordonner de contre-expertise, le Tribunal allouait à la victime
14 heures de tierce personne, soit 6 heures supplémentaires, estimant
donc que les moyens avancés par la victime étaient fondés. Il
ne faut jamais omettre que le Tribunal n'est pas tenu par l'avis
de l'expert judiciaire et qu'il peut ne pas le suivre, mais encore
faut-il l'en convaincre. Le montant total de l'indemnisation du
préjudice corporel capital et rente s'est élevé à la somme de
3.500.000€ environ, soit en capital la somme totale de 1.150.000€,
ainsi que deux rentes trimestrielles viagères et révisables de
21.200€ pour la tierce personne et de 3.112€ pour le préjudice
professionnel. Ce jugement est définitif.
Cette juste indemnisation va permettre à ce jeune homme de pouvoir
concevoir son avenir et de soulager sa mère, ses frères et sœurs
quant à sa situation financière. Dans ce dossier, la victime revient
de loin : la compagnie d'assurances refusait toute indemnisation,
alors que celle-ci a été jugée à plus de 3.500.000€ ! La victime
a donc eu raison de saisir la Justice et de faire confiance à
un Cabinet d'avocats spécialisés qui, au terme de 7 années de
procédure, a pu obtenir toute satisfaction pour son client et
sa famille. Le Cabinet d'avocats spécialisés est heureux de constater
le changement de comportement de ce jeune homme qui, adolescent
au moment de l'accident, a su mûrir et apprendre à vivre plus
sereinement. Cette victime traumatisé crânien et sa famille ont
droit au bonheur. Il ne s'agit pas uniquement d'un droit à indemnisation
mais aussi et surtout d'un droit à être reconnu et que justice
soit rendue.
Catherine
Meimon Nisenbaum,
Nicolas Meimon Nisenbaum,
avocats à la Cour,
novembre
2011.
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