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Cette notion
n'est pas nouvelle, ce qui est nouveau c'est que la Cour de Cassation
a inversé la charge de la preuve depuis 1997, de sorte qu'il appartient
au médecin de prouver qu'il a donné l'information. Cette information
repose à la fois sur le généraliste et le spécialiste et concerne
les risques connus et majeurs.
Jusqu'en 1998 le médecin n'était pas tenu d'une information sur les
risques exceptionnels, mais même cette notion a évolué, puisque la
Cour de Cassation estime maintenant que même les risques exceptionnels
doivent être indiqués s'ils sont susceptibles d'entraîner une atteinte
particulièrement grave pour le patient...
Il faut se méfier, comme en toute chose, des excès qui pousseraient
les médecins à faire signer systématiquement des décharges de responsabilité
de plusieurs pages avant toute intervention, ce qui d'une part nuirait
à l'information - trop d'information tue l'information - et d'autre
part tuerait le rapport de confiance indispensable patient-médecin.
Le patient ne verrait- il pas dans un tel document non un permis d'opérer,
mais un véritable permis d'inhumer !
Le Tribunal de Grande Instance de Lyon, par décision du 13/03/1998,
a pourtant rendu une curieuse décision estimant que dans la mesure
où il était prouvé que le praticien avait donné l'information en ce
qui concerne les risques graves, il était présumé l'avoir donné en
ce qui concerne des risques plus bénins. Faut- il en déduire que le
médecin annonçant systématiquement le risque de mort, qui potentiellement
existe à tout moment et dont on peut penser qu'il est le risque maximum,
serait déchargé d'une information sur les risques moins graves ?
Les patients assignent en justice, de plus en plus sur le fondement
du devoir d'information et obtiennent souvent gain de cause avec des
indemnisations financières de plus en plus importantes. Traditionnellement
le défaut d'information conduit à l'indemnisation d'une perte de chance,
le patient indiquant que s'il avait connu les conséquences, qui en
définitive se sont réalisées, il aurait refusé l'intervention, mais
la Cour de Cassation recherche maintenant si l'acte médical ou chirurgical
était indispensable pour déterminer le montant de la somme allouée.
En matière de contentieux hospitalier, le Conseil d'Etat conduit une
évolution similaire.
La Loi du 4 mars 2002 sur le droit des malades revient à une obligation
moins lourde pour les professionnels de santé avec pour effet de rappeler
l'évidence : le contrat de soins repose avant tout sur la confiance
du patient dans son médecin et c'est cette relation privilégiée qui
doit absolument être préservée.
Philippe Carlini, Avocat au barreau, CP Carlini et Associés, avril
2002
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