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Le travailleur
reconnu handicapé par la COTOREP dispose de règles dérogatoires en
matière du droit du travail. Ces règles portent essentiellement sur
:
- L'obligation d'emploi des travailleurs handicapés dans le secteur
privé
- Des emplois réservés dans le secteur public
- L'aménagement en matière de conditions de travail
- Une garantie de ressources
- Des règles dérogatoires en matière de licenciement.
En effet, si une personne est reconnue travailleur handicapé par la
COTOREP, ou qu'elle a été victime d'un accident du travail ou d'une
maladie professionnelle ayant entraîné le versement d'une rente pour
une incapacité permanente d'au moins 10 %, ou est titulaire d'une
pension d'invalidité versée par un régime de protection sociale obligatoire
(sécurité sociale, mutualité sociale agricole, etc.), elle bénéficiera
de règles dérogatoires en droit social dont la vocation est d'assurer
une plus grande protection du travailleur.
1/ L'obligation d'emploi des travailleurs handicapés instituée
par la loi du 10/07/1987
Tout employeur employant au moins 20 salariés doit employer des personnes
reconnues handicapées. Pour exécuter leurs obligations les employeurs
ont la possibilité soit :
- d'employer des salariés handicapés
- sous traiter certains travaux au secteur protégé (CAT, atelier protégé)
- verser une contribution annuelle à l'AGEFIPH
- appliquer un accord de branche ou conclure avec les syndicats représentatifs
dans l'entreprise un accord d'entreprise ou d'établissement prévoyant
la mise en oeuvre d'un programme d'action en faveur des handicapés.
a) L'embauche : L'embauche en milieu ordinaire d'un handicapé
peut être effectuée, selon l'importance du handicap de l'intéressé,
soit sur un emploi ordinaire soit sur un emploi de travail protégé.
Le refus d'embaucher un candidat en raison de son handicap ou soumettre
une offre d'emploi à une condition rendant impossible toute embauche
d'un handicapé expose l'employeur à des sanctions pénales du chef
de discrimination à l'emploi.
b) La rémunération : La rémunération des personnes handicapées
dans le secteur privé doit être équivalente à celle des travailleurs
valides. Cependant s'il est avéré que le rendement est diminué par
le handicap, un abattement peut être opéré sur le salaire correspondant
à 10% pour un handicap modéré, 20% pour un handicap grave (après accord
du directeur départemental ou régional de la DDTEFP), 50% dans le
cas d'un emploi protégé. Dans cette hypothèse, l'inspecteur du travail
doit donner son avis sur le salaire minimum à verser. Néanmoins, dans
l'hypothèse d'un pareil abattement, le salarié handicapé doit bénéficier
d'une garantie de ressources. En effet, lorsque la personne handicapée
perçoit une rémunération inférieure, en raison d'un abattement, à
un plafond minimum correspondant au salaire conventionnel normalement
alloué au travailleur valide, la différence sera prise en charge par
l'état.
c) Le licenciement : Sauf inaptitude physique constatée par
le médecin du travail, il est interdit de licencier un salarié en
raison de son handicap. En cas de licenciement économique, le handicap
est l'un des critères légaux permettant de fixer l'ordre des licenciements.
Dans l'hypothèse d'un licenciement, le travailleur handicapé dispose
d'une mesure plus protectrice puisque la durée du préavis est doublée.
Cependant cette disposition ne peut avoir pour effet de porter à plus
de trois mois la durée du préavis.
2/ L'accès des handicapés à la fonction publique.
L'Etat, les collectivités et les établissements sanitaires et sociaux
sont tenus d'employer un quota de 6% de handicapés. Trois modes de
recrutement sont prévus en direction des handicapés :
a) La nomination : Ce mode de recrutement concerne des postes
à pourvoir hors concours et suppose que le candidat remplisse des
conditions professionnelles. La titularisation intervient après une
période de stage.
b) Le concours ordinaire avec épreuves aménagées : La personne
handicapée doit déposer une demande à la COTOREP qui évaluera l'aptitude
à l'emploi postulé. La candidature au concours par un handicapé présente
des aménagements notoires : le recul de la limite d'âge, l'aménagement
du déroulement des épreuves en fonction de ses aptitudes physiques.
c) L'accès aux emplois par voie contractuelle : Toute personne
reconnue handicapée par la COTOREP peut être recrutée sous contrat
pour une période d'un an renouvelable une fois. Au terme de la période
du renouvellement, le travailleur handicapé pourra bénéficier d'une
titularisation s'il remplit les conditions d'aptitude. Ce mode de
recrutement est applicable à l'ensemble des emplois de la fonction
publique des catégories A, B et C. Le handicap ne produit par de différence
de traitement avec le fonctionnaire valide. La rémunération sera identique
et les obligations et droits des fonctionnaires seront reconnus de
la même manière. Par contre, les conditions de travail devront être
adaptées au handicap puisque l'administration est tenue d'aménager
les postes de travail.
Maître Jean Charles Scotti, SCP Carlini et Associés, juin 2001
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