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Éric
Woerth, ministre du budget, a été très clair en présentant récemment
à la presse le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale
pour 2010. La fiscalisation du revenu de remplacement versé
par l'Assurance Maladie aux victimes d'accident du travail ou
maladies professionnelles s'accompagnera-t-elle d'une indemnisation
de l'ensemble de leurs préjudices ? "Bien sûr que non !", a-t-il
répondu à cette question de Pierre Luton, rédacteur d'A part
entière, bimestriel de la Fédération Nationale des Accidentés
du Travail et Handicapés (FNATH). Pour enfoncer le clou, le
ministre a entonné le couplet de l'équité fiscale, les indemnités
journalières servies aux malades étant déjà soumises à l'impôt
sur le revenu : "Les indemnités journalières sont un revenu
de remplacement qui doit être imposé comme les autres. Le complément
versé aux accidentés du travail est déjà fiscalisé".
Certes, cette équité fiscale serait acceptable si toutes les
victimes étaient égales en indemnisation. Il n'en est rien.
En matière d'accident du travail ou de maladie professionnelle,
les victimes perçoivent une rente calculée sur leur salaire,
dont le système d'évaluation et de plafonnement engendre
une indemnisation au rabais. Les autres préjudices ne sont pas
pris en compte, sauf en cas de faute intentionnelle ou inexcusable
de l'employeur, et au terme d'une procédure judiciaire. La loi
accorde de fait une immunité presque totale à l'employeur en
échange d'une cotisation sociale, et l'actualité nous en rapporte
quotidiennement les conséquences tragiques. A cette indemnisation
a minima s'ajoutera prochainement l'amputation des indemnités
journalières versées aux victimes en phase de consolidation,
pour les préparer à vivre avec une rente de misère. Pour la
plus grande gloire de l'équité fiscale ?
Laurent Lejard, octobre
2009.
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