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Le
quota d'emploi des travailleurs handicapés a, une nouvelle fois,
subi une attaque en règle après l'instauration d'une exception
en faveur de l'Education Nationale (qui emploie à elle seule
la moitié des agents de l'Etat). Le 6 octobre dernier, lors
de l'examen à l'Assemblée Nationale du projet de loi de généralisation
du Revenu de solidarité active (RSA), Jean-François Chossy a
présenté un amendement relatif à l'obligation d'emploi des travailleurs
handicapés, visant à comptabiliser comme un temps complet un
emploi à temps partiel, que le contrat soit à durée déterminée,
indéterminée ou temporaire. En clair, un salarié employé une
heure serait compté dans la déclaration annuelle établie par
l'entreprise comme s'il avait travaillé tout le mois, quel que
soit le type de contrat de travail : avec ce procédé le quota
de 6% serait rapidement explosé à coup de missions d'intérim
de 24 heures !
L'amendement Chossy a été adopté à l'unanimité des quelques
députés présents en séance, avec le soutien du Gouvernement
représenté par Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités
actives contre la pauvreté. Le Sénat l'a approuvé le 24 octobre,
malgré l'opposition de sénateurs socialistes et communistes
qui l'ont qualifié de "cavalier législatif". Entendez par-là
que l'amendement est sans rapport avec le texte de loi en débat,
le procédé du "cavalier législatif" très employé par les gouvernements
de ces dernières années étant désormais systématiquement sanctionné
par le Conseil Constitutionnel lorsqu'il est saisi : à son tableau
de chasse on trouve notamment le versement trimestriel de la
Prestation de Compensation du Handicap et la retraite anticipée
à partir de 55 ans pour certains travailleurs handicapés (cette
dernière a, depuis, été instaurée par une loi ad hoc).
Mais cette fois, c'est le Parlement lui-même qui a décidé
de supprimer ce "cavalier législatif" via la
Commission Mixte Paritaire (CMP) réunissant députés et sénateurs.
"Je constate que la CMP s'est laissée influencer par le lobby
associatif, déplore Jean-François Chossy, et particulièrement
par l'une de ses plus importantes associations". Le député ligérien
estime que le rejet de son amendement contribuera à éloigner
de l'emploi des personnes handicapées qui ne peuvent travailler
durablement à temps complet. "Il fallait trouver assez vite
une niche parlementaire pour mettre en oeuvre une disposition
annoncée par Laurent Wauquiez [Secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi
NDLR] lors de la Conférence Nationale du Handicap le 10 juin
dernier, poursuit Jean-François Chossy. Le projet de loi sur
le RSA correspondait à cet objectif". Sans le dire expressément,
le député UMP s'est ainsi fait l'estafette du Gouvernement.
Député qui s'affirme "désappointé, démobilisé. J'agis pour défendre
les intérêts des personnes handicapées et je trouve au milieu
du chemin une association de personnes handicapées". Gageons
qu'ultérieurement Jean-François Chossy laissera le Gouvernement
imposer lui-même la dissolution de l'obligation d'emploi des
travailleurs handicapés...
Laurent Lejard, novembre
2008.
Compte-rendu intégral des débats du 6 octobre à l'Assemblée
Nationale, et du 24 octobre au Sénat.
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