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L'État
continue de se désengager de la formation professionnelle des personnes
handicapées, déplore le président de l'Agefiph, Tanguy du Chéné...
Jusqu'en 2004, l'État assurait à travers les stages d'insertion, formation,
emploi (SIFE), le financement de l'Afpa (Association nationale pour
la formation professionnelle des adultes) et l'essentiel des coûts pédagogiques
et de rémunération des stagiaires de la formation professionnelle des
personnes handicapées. A cette époque, avec le concours des formations
financées par les conseils régionaux et les Assedic, c'était près de
60.000 demandeurs d'emploi handicapés qui accédaient à la formation
professionnelle.
En 2005, l'État a supprimé les SIFE sur lesquels l'Agefiph adossait
son effort de formation qui visait à accroître le nombre de stagiaires
handicapés en finançant en grande partie les coûts pédagogiques. Le
retrait de l'État s'est traduit par une perte de plus de 20.000 bénéficiaires.
Dès 2006, l'Agefiph avec son programme "handicomptence" a décidé de
multiplier son effort de formation, notamment en devenant acheteur de
formation complète (coûts pédagogiques + rémunération des stagiaires).
En 2006, 2007 et 2008, l'État a continué d'assurer la rémunération des
stagiaires handicapés formés dans les Centres de Rééducation Professionnelle
et à l'Afpa, les conseils régionaux et les Assedic assurant les coûts
pédagogiques et de rémunération pour les demandeurs d'emploi pris en
charge dans leurs dispositifs respectifs. Pendant ce temps, l'Agefiph
est devenue en 2007 l'organisme qui a contribué à former 42.000 personnes
handicapées, sur un total de 72.000, en pleine conformité avec sa mission
de développement de l'insertion professionnelle.
L'insertion professionnelle et l'emploi des personnes handicapées sont
des compétences de l'Etat qui relèvent du financement de la solidarité
nationale. Il en est ainsi des contrats aidés de la politique de l'emploi
pour lesquels les demandeurs d'emploi handicapés sont prioritaires.
La mission de l'Agefiph consiste à développer tous moyens susceptibles
d'amplifier l'action publique. C'est la mission que lui a confiée le
législateur en 1987 et qu'il a confirmée en 2005.
Or, voilà que pour boucler son budget en 2009, l'État a décidé unilatéralement
et sans concertation de ponctionner de 50 millions d'euros les ressources
du Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées
dans le secteur privé, géré par l'Agefiph. Pour justifier ce prélèvement,
l'État a décidé de l'affecter à la rémunération des stagiaires handicapés
qui lui échoit au titre de la solidarité nationale. C'est ainsi que
l'argent qui provient des entreprises pour amplifier l'action de l'État
se voit détourner de son objectif. En effet, aucune formation supplémentaire
ne résultera de cette affectation, puisqu'il s'agit d'une substitution
pure et simple, sans aucune valeur ajoutée, contrairement à l'action
de l'Agefiph conduite depuis trois ans en la matière.
Les administrateurs de l'Agefiph, représentants des employeurs, des
salariés et des associations de personnes handicapées se sont élevés
unanimement contre ce qui constitue un nouveau désengagement de l'Etat
dans la formation des personnes handicapées. Et cela trois mois seulement
après la conférence nationale du handicap durant laquelle le Président
de la République a rappelé la priorité du gouvernement et le volontarisme
de l'Etat pour l'insertion des personnes handicapées dans la société
française...
Tanguy du Chéné, président de l'Agefiph.
NB : Le prélèvement de ces 50 millions d'euros figure d'ores et déjà
dans le projet
de loi de finances pour 2009.
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