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S'il
y a un sujet sur lequel le discours du Président de la République
était attendu en ouverture de la première Conférence Nationale
du Handicap, c'est bien celui des ressources des personnes handicapées.
En effet, la seule réponse que nous avions obtenue à la suite
de la manifestation du 29 mars dernier à l'appel d'une centaine
d'associations pour la première fois réunies sous la bannière
"Ni pauvre ni soumis" était de nous renvoyer à la conférence
nationale du handicap. On nous avait assuré que le Gouvernement
y annoncerait des mesures concrètes. Pas de doute, on reste
sur notre faim. En effet, sur la question de savoir si l'on
doit laisser les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler
sous le seuil de pauvreté, le Président ne donne aucune réponse.
Et l'annonce de la réforme de l'A.A.H, loin de répondre à notre
demande, ouvre au contraire de multiples questions et inquiétudes.
La seule logique présentée est celle d'une "mise" ou d'une "remise
au travail" pour ceux qui peuvent travailler, avec une évaluation
systématique des capacités de travail dès que la personne handicapée
va solliciter une allocation. La seule limite est que cette
remise au travail ne puisse pas avoir de conséquences sur la
santé de la personne. Lier aussi directement la question des
ressources à la question de l'emploi installe un climat de suspicion
à l'endroit des personnes handicapées. Ce n'est pas parce que
la personne handicapée préfère toucher une allocation de 621€
par mois, qu'elle ne travaille pas, ou qu'elle reste trois fois
plus de temps au chômage qu'une personne valide !
Que se passera-t-il pour la personne handicapée "reconnue capable
de travailler sans mettre en danger sa vie" mais qui ne trouve
pas de travail ou qui refuse des propositions qui ne correspondent
pas à son projet de vie élaboré au sein de la Maison Départementale
des Personnes Handicapées ? Sera-t-elle exclue de l'A.A.H et
renvoyée au Revenu Minimum d'Insertion (R.M.I) à la charge des
Départements et non plus du budget de l'État ?
On peut déduire des propos du Président que l'accès au complément
de ressources devrait être encadré par des conditions moins
restrictives : cela fait maintenant trois ans que nous expliquons
que la condition exigée d'une capacité de travail à 5% ne correspond
à rien et se heurte à des interprétations différentes selon
les départements, ce qui nous conduit à intenter de nombreuses
procédures. De même, devrait être supprimée la nécessité d'être
un an sans activité professionnelle pour bénéficier de l'A.A.H
lorsque l'on a un taux d'invalidité compris entre 50 et 79%.
"Si j'étais à votre place, c'est chaque seconde que j'exprimerais
mon insatisfaction !" nous a affirmé le Président. La tentation
est rapide de le prendre au mot...
Arnaud de Broca, Secrétaire général, FNATH,
juin 2008.
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