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Selon les tribunaux
de l'incapacité, la journée d'une personne handicapée dépendante ne
dure pas 24 heures mais davantage pour ce qui concerne ses aides humaines...
Le Tribunal du Contentieux de l'Incapacité de Toulouse vient d'accorder
à une personne handicapée dépendante plus que 24 heures quotidiennes
d'aides humaines. Pour la première fois semble-t-il, il est fait droit
par la Justice de l'incapacité à la demande de disposer d'une aide complémentaire
pour ses déplacements et sa vie sociale. Jusqu'alors, ce droit n'avait
été reconnu que par des tribunaux civils, dans le cadre de procédures
d'indemnisation d'accident entrainant d'importants dommages corporels.
Le jugement qui nous intéresse concerne un jeune polio entièrement paralysé
et sous assistance respiratoire permanente, qui estime avoir besoin
de deux personnes lorsqu'il sort de chez lui, son état physique justifiant
qu'il soit assisté et surveillé en permanence, ce qui n'est pas possible
avec un seul aidant qui ne pourrait à la fois conduire un véhicule et
exécuter un acte d'urgence tel que l'évacuation des sécrétions bronchiques.
Cet aspect, la Commission des Droits et de l'Autonomie de la Personne
Handicapée (C.D.A.P.H) de Haute-Garonne n'a pas voulu le voir et y répondre,
comme si le bénéficiaire de la Prestation de Compensation du Handicap
était si bien chez lui qu'on le priait de n'en point sortir ! La réglementation
prévoit pourtant le déplafonnement des aides humaines au-delà de 24
heures quotidiennes, et c'est en s'appuyant sur la loi que le jeune
homme a obtenu gain de cause au terme de sa procédure de recours contre
la décision de la C.D.A.P.H : le tribunal lui a accordé les 60 heures
mensuelles supplémentaires qu'il demandait pour pouvoir se déplacer
et avoir une vie sociale.
On ne sait pas encore si le Conseil Général de Haute-Garonne, dont le
président avait voulu monter une Maison Départementale des Personnes
Handicapées à sa convenance en écartant les associations locales, fera
appel de la décision du Tribunal du Contentieux de l'Incapacité de Toulouse
qui le contraint à payer 27 heures sur 24 d'aides humaines à l'un de
ses administrés lourdement handicapé. Mais cette première décision en
appelle d'autres pour former une jurisprudence opposable aux Commissions
censées attribuer aux personnes handicapées toute l'aide dont elles
ont besoin pour profiter de la vie, et pas seulement être maintenues
en vie.
Laurent Lejard, octobre 2007.
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