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Le Collectif
Inter Associatif Handicaps de la Haute-Garonne (CIAH31) dresse un constat
d'échec : la loi sur le handicap et sa réglementation ne sont que très
partiellement appliquées...
La loi du 11 février 2005 "pour l'égalité des droits et des chances,
la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" a créé
des avancées pour la personne handicapée, la prise en compte de ses
besoins au regard de son projet de vie, en la plaçant au centre du dispositif.
La loi a instauré un guichet unique, la Maison Départementale des Personnes
Handicapées (M.D.P.H), gérée par chaque Conseil Général. Pourtant, en
Haute-Garonne, comme dans d'autres départements, ce nouveau dispositif
ne fonctionnait pas normalement, la situation était devenue intolérable
et inacceptable. La vie de certaines personnes handicapées était en
jeu. Malgré plusieurs alertes et demandes de concertation, les représentants
associatifs n'étaient pas entendus par le Conseil Général. Il a fallu
notre manifestation du 28 septembre. Présentes, les personnes handicapées
ont pu témoigner des difficultés qu'elles rencontraient pour la reconnaissance
de leurs droits, la prise en compte de leur projet de vie et des inégalités
de traitement. A cela, plusieurs responsabilités. D'abord, celle de
l'Etat, du fait de la parution tardive des textes réglementaires, et
celle de ses services déconcentrés qui manquent d'implication, d'intérêt
et de mise en pratique de la participation des personnes handicapées.
Ensuite, celle du Conseil Général de Haute-Garonne, qui a dans un premier
temps refusé de préparer cette nouvelle loi, en 2005, avec le dispositif
pour les personnes lourdement handicapées, puis a dénigré la participation
des associations et des usagers pour la mise en place de notre M.D.P.H.
Nous avons dénoncé ces dysfonctionnements : insuffisance des moyens
d'accueil et d'information, absence d'accompagnement dans l'élaboration
et la finalisation des projets de vie, d'équipe pluridisciplinaire,
de conciliateur, maintien de l'ancienne organisation Pôle enfant / Pôle
adulte. Les dossiers de handicaps à faible prévalence ne sont pas traités,
le Plan Personnalisé de Compensation est élaboré sans dialogue avec
la personne, les demandes autres que la P.C.H (Prestation de Compensation
du Handicap) ne sont pas mises en oeuvre. La Commission des Droits et
de l'Autonomie (C.D.A) fonctionnait sans règlement intérieur, ni compte-rendu,
ni examen des dossiers rejetés, ni commission locale. Son rythme de
délibération était insuffisant, elle manquait de suppléants. Nous dénoncions
le scandale du vote global "imposé" pour 6.500 dossiers le 30 mai, 4.500
le 29 juin et plus de 6.000 le 27 juillet, l'absence de Fonds Départemental
de Compensation finançant le "reste à charge" et de dispositions pour
appliquer la procédure d'urgence, la non-communication aux membres des
informations statistiques pour établir son rapport annuel.
Des élus, le Cabinet du Président et le Directeur ont reçu une délégation.
La réponse fut politique : "La mise en place est lente, mais on travaille
pour accélérer les réponses. On vous fera des propositions le 5 octobre.
Si après cette date vous avez des remarques, nous vous recevrons dans
un délai d'un mois, un mois et demi" ! Par communiqué de presse, le
Conseil Général a fait savoir qu'il "allait embaucher de manière importante
pour répondre aux urgences". Le Collectif a proposé, sur le modèle du
groupe de suivi d'application de la loi placé sous l'égide du C.N.C.P.H,
de créer un groupe départemental composé de représentants associatifs
et d'usagers, afin d'analyser les problèmes et proposer des solutions.
Nous avons été écoutés, mais avons-nous été entendus et compris ? La
responsabilité du Conseil Général était majeure dans cette affaire,
mais celle de l'État et de ses services déconcentrés ne doit pas être
négligée. En effet, le Conseil Général persistait à montrer du doigt
l'Etat qui, réciproquement, se défaussait, arguant n'avoir aucune autorité
sur lui. Or, l'article L114-1 de la loi du 11 février 2005 proclame
: "L'Etat est garant de l'égalité de traitement des personnes handicapées
sur l'ensemble du territoire". Le CIAH31 constate que l'Etat n'est pas
en mesure d'assurer cette équité. Il n'a pas été prévu de contre-pouvoir
pour la mise en application de cette loi, hormis l'engagement revendicatif
des associations. Les personnes handicapées étaient prises en otages.
Ce que nous demandions n'était pas négociable, ce n'était que l'application
du droit !
A la suite de la réunion du 5 octobre, le Conseil Général a formulé
des avancées significatives, sur le fonctionnement de la C.D.A, la mise
en place temporaire du Fonds Départemental, mais il reste encore d'importants
points à résoudre, telle la mise en oeuvre de la procédure d'urgence,
la constitution de véritables équipes pluridisciplinaires, etc. Il est
regrettable qu'il ait fallu ce mouvement de contestation inter associatif
pour parvenir à ce résultat positif. Néanmoins, nous resterons vigilants
sur sa mise en place, mobilisés pour le respect total de la loi et intraitables
vis-à-vis de l'Etat et de ses actions, afin d'assurer un véritable contre
pouvoir et une réelle "participation" des personnes handicapées.
Dominique Rabaud, membre du Groupe de Suivi de la mise en oeuvre
de la Loi du CNCPH, Administrateur de la Coordination Handicap et Autonomie,
et pour le Collectif Inter Associatif Handicaps Haute-Garonne (ADPEDA,
AFM, AFTC, ANPEA, APEDYS 31, APEHD, APF 31, APIHMS, AVH, ETRE ET AVOIR
31, GEIST 21, GIHP MIDI-PYRENEES, SESAME AUTISME, UNAFAM). Octobre 2006.
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