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Jeudi
16 mars, la moitié des articles de la loi "égalité
salariale hommes-femmes" a été censurée par le
Conseil Constitutionnel. Dans le lot figure l'article
qui instituait un droit à majoration de pension
pour les fonctionnaires handicapés demandant une
retraite anticipée à partir de 55 ans. Un article
que Philippe Bas avait annoncé, le 17 janvier
dernier, à des associations inquiètes du retard
pris.
Le droit à une retraite anticipée à 55 ans des
travailleurs handicapés a été introduit dans la
reforme des retraites adoptée par le Parlement
en juillet 2003. Mais pour la faire valoir, encore
faut-il bénéficier d'une pension qui soit compensée
des années non cotisées. Pour les salariés du
secteur privé, ce droit à majoration de pension
est acquis depuis le 1er janvier 2006. Les fonctionnaires,
quant à eux, restaient dans l'attente d'une
disposition légale complémentaire à l'article
28 de la loi de février 2005 en faveur des personnes
handicapées qui s'est avéré incomplet : les agents
faisant valoir dans ce cadre leur droit à la retraite
voyaient en effet leur pension calculée au prorata
des années de travail effectif.
Et comme cela fait trois années que les gouvernements
successifs font miroiter aux fonctionnaires handicapés
la possibilité de mettre un terme anticipé à leur
carrière (ce que nombre d'entre eux attendent
impatiemment), le Ministre de la fonction publique
a cru bon de glisser cette mesure au hasard d'un
débat parlementaire. Las, le Conseil Constitutionnel
sanctionne de plus en plus le comportement de
ministres qui prennent le Parlement pour une machine
enregistreuse censée voter tous les textes qui
lui sont soumis.
Conséquence : retour case départ pour la
pension de retraite anticipée à taux majoré. Le
ministre délégué aux personnes handicapées a hérité
du dossier et étudie une solution, qui prendra
nécessairement du temps, temps consommé sur un
droit pourtant reconnu à des travailleurs handicapés,
mais dont ils restent financièrement privés.
Laurent Lejard,
mars 2006.
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