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Le
projet de loi du gouvernement instituant l'Allocation Personnalisée
d'Autonomie (APA) était examiné ce jeudi 18 avril à l'Assemblée
Nationale, avec une modification de taille : cette prestation,
destinée aux personnes âgées dépendantes vivant seules ou
en institution, ne sera pas récupérable sur l'héritage laissé
après sa mort par le bénéficiaire. Les Départements, qui seront
gestionnaires de l'APA et financeurs pour ses deux- tiers,
verseront donc cette allocation à fonds perdus.
Les députés ont mis fin à un sport prisé par certains Conseils
Généraux, faire payer les héritiers: ceux d'un allocataire
mort dans le cas de l'actuelle Prestation Spécifique Dépendance
(qui sera remplacée par l'APA), ou le bénéficiaire de l'Allocation
Compensatrice Tierce Personne lui-même lorsqu'il hérite de
l'un des membres de sa famille. Et c'est bien sur cette dernière
prestation que se concentreront désormais tous les regards:
comment désormais accepter qu'une personne handicapée âgée
de moins de 60 ans puisse être spoliée d'un héritage éventuel
alors que dès qu'elle dépassera cet âge on lui en laissera
la jouissance ?
Pour régler cette inégalité de traitement, il reste à nos
députés à se saisir des multiples propositions de loi instituant
la suppression de l'Allocation Compensatrice Tierce Personne
"en cas de retour à meilleure fortune" qui ont été déposées
sur le Bureau de l'Assemblée Nationale ces dernières années.
Pour laisser vivre en paix des gens qui sont suffisamment
occupés à combattre au quotidien la prison qu'est devenu leur
corps pour avoir à affronter la rapacité de quelques Départements
(très) près de leurs sous...
Laurent Lejard, avril
2001.
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