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"Échange
bouchons en plastique recyclable contre fauteuils roulants de sport".
Lorsque l'information est arrivée, on a cru à un gag, l'un de ces canulars
qui font des ravages sur le Web tels "Solidaridad con Brian", les téléphones
Ericsson gratuits, etc. Mais non, c'était bien vrai, des centaines de
"Bigarchons" (sic) déferlent déjà dans les rues de la Région Parisienne
et se répandront bientôt dans la France entière. Ils ont une mission,
collecter des bouchons en plastiques, et un objectif, fournir par le
recyclage de ces derniers des fauteuils roulants destinés aux pratiques
sportives. Une association est née, avec Charte et bagages. L'ancien
élève de "La Classe", Jean- Marie Bigard, est le grand médiatisateur
de cette opération "un bouchon un sourire".
D'accord, ce n'est pas nouveau, une opération similaire a été réalisée
en 1999, 65.000 bouchons collectés rapportant plusieurs fauteuils- skis
destinés à une association handisport savoyarde, sans avoir eu besoin
du soutien de J-M B ou d'un autre show- businessman. L'intention est
certainement louable, permettre aux personnes handicapées motrices de
pratiquer un sport nécessitant un équipement dont le prix se situe généralement
autour de 15.000 francs. Les clubs de basket, d'athlétisme, de tennis
connaissent bien le problème, qui doivent compter sur les subventions
des collectivités locales, d'associations de bienfaisance ou celle des
particuliers pour doter leurs licenciés de cet équipement indispensable.
Quitte à recourir à un système D peu avouable : demander aux joueurs
de se faire prescrire un fauteuil roulant par leur médecin, prise en
charge 3.500 FF par la Sécurité Sociale, le club couvrant la différence
au mieux.
D'aucuns pourront déplorer qu'une fois de plus une "personnalité" se
fasse de la pub sur le compte des personnes handicapées, qu'il lui suffirait
d'abandonner l'un de ses cachets à un club handisport pour équiper ses
licenciés au complet, que des centaines de personnes vont consacrer
de l'énergie et du temps qui pourraient être employés à des missions
"humanitaires" plus vitales. Pourtant, cette opération aura peut- être
un effet salutaire : mettre en évidence la grande misère du handisport,
parent pauvre du sport français, et l'inégalité dont sont victimes ses
pratiquants par rapport aux sportifs valides. Ce sera déjà ça de gagné
!
Laurent Lejard, janvier 2001
Note : Les personnes intéressées par cette
opération peuvent consulter le site www.bouchonsdamour.com.
Par ailleurs, la Fédération Française Handisport
précise qu'elle n'est pas officiellement associée à
l'opération "Un bouchon un sourire".
Lire l'éditorial de la semaine dernière...
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