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L'affaire Perruche a fait son entrée à l'Assemblée Nationale : un député s'oppose à l'indemnisation du handicap de naissance. Pourtant, le débat est ailleurs.

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Le député des Bouches-du-Rhône, président du groupe Démocratie Libérale et professeur en médecine Jean-François Mattéi se faisait, ce 11 janvier 2001, le porte-parole du collectif de parents qui s'oppose au principe d'indemnisation d'un handicap de naissance (lire les actualités du 1er décembre 2000). Il a déposé un amendement "interdisant à une personne de demander une indemnisation du fait de sa naissance" à l'occasion du débat sur la loi de modernisation sociale. Le texte a été rejeté par les députés, la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Nationale renvoyant ce débat devant le Comité national d'éthique dans lequel siège... le député Mattéi. C'est la première manifestation, sur le terrain politique, des conséquences de l'arrêt rendu le 17 novembre 2000 par la Cour de Cassation, ouvrant droit à indemnisation pour un adolescent né handicapé.

Incitation à l'eugénisme ont répondu en choeur nombre d'associations : cette épée de Damoclès juridique incitera les parents et surtout les professionnels de santé a opter pour une interruption de grossesse en cas de suspicion de handicap à la naissance, fut- ce pour un doigt mal formé. Un collectif de parents s'est créé autour de l'avocat et député au Parlement Européen Alexandre Varaut, proche de Philippe de Villiers dont l'opposition à l'avortement est bien connue. Parmi toutes les réactions que nous avons lues, une seule a su prendre la mesure du débat : "les médias se sont emparés de ce sujet pour s'interroger sur la valeur de la vie d'une personne handicapée" déclare Marie- Sophie Desaulle, présidente de l'Association des Paralysés de France. "Tel n'est pas le sujet. [...] En revanche, nous pourrions rechercher les raisons qui ont poussé les parents [...] à demander une indemnisation pour leur fils". Et de s'interroger sur la qualité de vie des personnes handicapées dans un pays qui a connu moins de progrès sociaux que médicaux.

C'est ce débat national-là que les députés devraient plutôt ouvrir. Il serait peut-être moins médiatique, mais bien plus utile à la vie quotidienne des cinq millions de Français handicapés.


Laurent Lejard, janvier 2001.




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