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Selon
le département, selon la cause de la déficience, selon la
période de l'année, les niveaux de prise en charge sont
foncièrement différents. Ainsi, une personne victime d'une
maladie évolutive est loin de recevoir les soins et les
aides dont elle a besoin pour vivre dignement. Une demande
de prestation extralégale passera très bien dans telle Caisse
Primaire d'Assurance Maladie et sera refusée dans telle
autre. Autant d'inégalités inacceptables.
Patrick Segal, délégué interministériel aux personnes handicapées,
présidait le 11 octobre dernier une réunion d'information
sur les travaux de Madame Maryvonne Lyazid, conseillère
de Dominique Gillot, Secrétaire d'Etat à la santé et aux
handicapés. Dans un premier rapport, intitulé "Plan
d'action pour le développement de l'autonomie des personnes
handicapées" Madame Lyasid montre bien le décalage
entre les textes règlementaires fondamentaux et la
réalité de notre pays qui ne garantit que
partiellement l'exercice du droit à l'autonomie.
Un dispositif à compétence départementale a donc été élaboré
: des équipes techniques pluridisciplinaires, préalablement
labellisées par une commission, seront chargées de rencontrer
les personnes handicapées, de préconiser les aides nécessaires
(techniques, humaines, aménagements de logements) et de
transmettre le dossier à un pilote. - Pour être labellisables,
les équipes techniques doivent comporter au moins un médecin
de rééducation (ou médecin spécialiste de la déficience
concernée), un professionnel paramédical (ergothérapeute
ou autre spécialiste) et une assistante sociale. - Ce pilote
constituera le guichet départemental unique pour présenter
le dossier à une commission de financeurs. Cette commission
devrait rassembler la Direction Départementale des Affaires
Sanitaires et Sociales, la Caisse Primaire d'Assurance Maladie
et le Conseil Général.
Une première expérimentation a été menée de 1997 à mars
1999 dans quatre départements pilotes : Isère, Loire, Morbihan
et Saône- et- Loire. L'évaluation s'est avérée très positive.
Les personnes handicapées ont apprécié le meilleur accès
à l'information et la diminution sensible des délais de
financements.
Au regard de ces résultats, le Premier ministre Lionel Jospin
annonçait en janvier 2000 l'extension de cette expérimentation
à onze départements durant l'année 2000 (Bouches du Rhône,
Calvados, Gironde, Hérault, Indre et Loire, Saône et Loire,
Nord, Meurthe et Moselle, Bas-Rhin, Val d'Oise et Guadeloupe)
et à l'ensemble du territoire d'ici 2002.
Ces projets sont réellement enthousiasmants… Mais, à la
fin de cette réunion, on apprenait qu'aucune négociation
avec les financeurs n'a encore eu lieu : montants de remboursements,
taux et imputation de TVA ? Pour en avoir le coeur net,
nous avons interrogé le responsable d'un centre de conseil
candidat à la labellisation pour l'année 2000. Nous apprenons
alors qu'au 12 octobre 2000, la labellisation et le choix
du pilote départemental n'ont pas encore eu lieu, et l'année
2000 ne compte bientôt plus que deux mois !
Les projets vont donc dans le bon sens, mais comme l'écrit
madame Lyasid : "beaucoup de chemin reste à parcourir pour
infléchir des politiques d'assistance au profit de démarches
basées sur l'égalité des chances".
Véronique Gaudeul, octobre 2000
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