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A partir
du 18 octobre et durant douze jours, la planète Handicap va vibrer
au rythme des exploits des handisportifs lors des derniers Jeux Paralympiques
du millénaire. La fin d'une époque ?
Le handisport serait-il à l'aube de son émancipation ? Pour la première
fois, les Jeux Olympiques et Paralympiques sont confiés au même comité
d'organisation. Les mêmes installations seront utilisées: elles ont
été conçues pour être accessibles à tous. On pourrait penser que le
21e siècle sera celui de l'unification des deux manifestations. Ce
serait beau, ce serait grand, le handicap disparaîtrait, seule la
performance de l'athlète resterait.
Quelques signes font pourtant penser qu'il y a encore du chemin à
parcourir. La flamme olympique reste réservée aux valides : pourquoi
ne pas la transmettre aux handisportifs qui auraient ensuite l'honneur
de la réexpédier dans la grecque Olympie ? Le 1.500 mètres fauteuil
roulant, inauguré aux Olympiques de Barcelone en 1992 comme sport
de démonstration est toujours huit ans plus tard un sport... de démonstration
: le baseball n'a pas attendu si longtemps pour recevoir le label
de discipline en compétition officielle !
L'intégration du handisport dans les clubs et fédérations sportives
est souhaitée, parfois même revendiquée, par des athlètes de haut
niveau, ceux- là mêmes qui vont représenter la France à Sydney. Nombre
d'entre eux sont déjà des professionnels, s'entraînant plusieurs heures
chaque jour. Quelques- uns bénéficient de sponsors qui financent leurs
dépenses sportives et leur versent un salaire à temps plein pour un
travail effectif à temps très partiel. On commence aussi à entendre
prononcer le mot "dopage"...
Le sport a longtemps été l'un des seuls moyens dont disposait une
personne handicapée pour être reconnue et acceptée dans notre société
: Patrick Ségal, par exemple, lui doit en France une grande partie
de sa renommée. Mais ce n'est plus vrai aujourd'hui. Et le handisport
dont la discipline phare, le basket en fauteuil roulant, s'ouvre désormais
complètement aux valides, se fondra certainement dans la masse sportive.
Au risque de marginaliser certains sports adaptés tel le foot- fauteuil,
trop franco- français, ou ceux que pratiquent les personnes atteintes
de handicaps lourds.
L'équilibre sera difficile à trouver, entre l'amélioration des performances
des handisportifs de haut-niveau au contact des valides, et l'aspect
rééducateur et socialisant des sports adaptés. Parce que tout le monde
a droit au sport, à son sport.
Laurent Lejard, octobre 2000
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