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Marianne
Bleitrach. |
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Jusqu'à ces
trois dernières années, Marianne Bleitrach a pu exercer sa profession
d'avocate sans grande difficulté, malgré les séquelles d'une polio qui
remonte à la prime enfance. Mais voilà qu'une fracture de la jambe atrophiée
par la poliomyélite vient considérablement dégrader son autonomie, l'obligeant
à se déplacer en fauteuil roulant, l'empêchant de gravir des escaliers
et de marcher au- delà de quelques pas. Depuis, son métier est difficile
à poursuivre : la plupart des tribunaux dans lesquels elle plaide habituellement
sont inaccessibles à une personne en fauteuil roulant. "Il m'est
arrivé de plaider sur le trottoir devant le Tribunal de Grande Instance
de Lens, raconte Marianne Bleitrach. Magistrats, greffier, plaignant,
défendeur, tout le monde a quitté la salle et l'audience s'est déroulée
dans la rue !".
Ses collègues
la soutiennent dans une action qui ne peut que profiter à tous. "Les
juges, ça leur casse les pieds quand il faut qu'ils changent de salle
d'audience. L'administration voudrait réaliser les mises en accessibilité,
mais elle est coincée par les budgets qui lui sont alloués. Des travaux
devaient démarrer au tribunal de Lens mais les fonds ne sont pas débloqués".
Les problèmes se posent également lors des "transports de justice",
à l'occasion d'une reconstitution par exemple. "Il arrive que le juge
d'instruction et sa greffière portent mon fauteuil. Pour me rendre dans
une prison rencontrer un de mes clients, je demande à être accompagnée,
et les gardiens m'aident". Laurent Lejard, avril 2004 |