Bien évidement, le tout-handicap s’est pressé, le 4 septembre, dernier au Prisme, centre multisport et parasport de Seine-Saint-Denis, pour recevoir la bonne parole du président de la République venu conclure la 7e Conférence Nationale du Handicap. Un discours-feuille de route destiné, sans le dire expressément, à son successeur sur le mode « vous réaliserez demain ce que je n’ai voulu faire ni hier ni avant-hier. » Le politicien qui occupera la présidence de la République en mai prochain en fera ce qu’il voudra, d’autant que l’on a une certitude sur le résultat de l’élection présidentielle du printemps prochain : elle n’enverra pas un macroniste à l’Élysée, les candidats de droite et du pseudo-centre qui ont participé aux gouvernements d’Emmanuel Macron déployant de gros efforts pour ne pas en supporter l’héritage.
Et il est lourd, avec une politique de l’offre entraînant une augmentation de 60% de la dette publique approchant 3.600 milliards d’euros, une charge de remboursement d’intérêts supérieure au budget de l’Éducation nationale, un doublement de la fortune des milliardaires dont le nombre a augmenté de 65% alors qu’ils paient proportionnellement moins d’impôts que la plupart des salariés, un appauvrissement quasi-généralisé de la population par la hausse des dépenses de logement et d’énergie, une ghettoïsation des plus pauvres et une restriction des politiques sociales. Aucun politicien n’ose aujourd’hui se réclamer du « président des riches. »
Alors, une nouvelle CNH pour rien ? Certes non : elle a permis à quelques intervenants d’exprimer leur réprobation, certains par simple posture de circonstance, d’autres plus sincères. Toutefois, l’essentiel n’est pas là, leurs propos ne fera pas évoluer la continuité de l’action publique déployée par la haute administration. C’est elle qui mène le bal, au sein de la Direction Générale de la Cohésion Sociale, de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie et des cabinets ministériels pour ce qui concerne le handicap et les personnes qui le vivent. Le même personnel change de poste mais reste identique, une forme de chaises musicales sans éviction d’un participant. C’est pour cela que, de CNH en CNH, le bilan est à peu près semblable, les engagements demeurant purement formels, jamais réels, et les personnes handicapées toujours confrontées aux mêmes complexités, carences et difficultés. Dans notre pays, tout comme dans bien d’autres d’ailleurs, la haute administration préfère compliquer que simplifier, histoire de justifier son rôle-pivot. Et les ministres, président et politiciens qui rêvent chaque matin devant leur glace de les remplacer demeurent les hochets avec lesquels on amuse les bébés…
Laurent Lejard, septembre 2026.
