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Gestes
de moines... La langue gestuelle n'est pas née avec l'Abbé de l'Epée, mais dès le moyen- âge, parmi les moines. Un ouvrage méconnu apporte un éclairage sur cette mystérieuse Langue des Signes Monastique... |
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| Archives | |||||||||||||
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Le silence fait
partie de la Règle qui régit certains ordres monastiques. Celle de Saint-
Benoît fût créée au début du VIe siècle, et réformée par Bernard de
Cluny au XIe siècle : elle réservait l'usage de la parole aux offices
religieux, à la célébration de Dieu. Les échanges nécessaires à la vie
communautaire se faisaient, pour respecter la règle du silence, par
gestes. Ceux- ci ont immédiatement été codifiés et répertoriés, les
listes les plus anciennes qui nous sont parvenues datent de l'époque
de la réforme clunisienne et de la fondation de l'abbaye qui devint
la grande rivale de Cluny, Cîteaux (Côte d'Or). Dans ces temps éloignés,
les ordres monastiques se livraient alors une véritable compétition
pour attirer à eux de nouveaux adeptes, capter des biens matériels,
assurer leur pouvoir sur les êtres et les âmes.
La langue des
sourds a été universelle jusqu'au congrès de Milan (1880): le pratiquant
français était compris par les sourds anglais ou allemands utilisant
la même langue des signes. L'interdiction prononcée à Milan a forcé
les sourds gestuels à la clandestinité et appauvri une langue qui n'a
survécu qu'au prix de nombreuses altérations et évolutions, son caractère
universel étant aujourd'hui amoindri : si de grandes similitudes demeurent,
les vocabulaires comportent des différences importantes. |