Handicap auditif
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  Dur d'être malade quand on est sourd...
  Dans la relation entre soignant et soigné, la compréhension réciproque est fondamentale. Quand le patient est déficient auditif, tout doit être fait pour que le dialogue conserve son efficacité.

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La communauté des personnes sourdes ou malentendantes est hétérogène. Surdité de transmission ou de perception, déficience de naissance ou survenue à l'âge adulte, éducation orientée vers la langue orale ou la langue des signes, etc. Un lien unit cependant toutes ces personnes. À un moment de leur existence, elles ont croisé le monde médical et paramédical pour faire le point sur leur capacité à percevoir les sons. Si la fréquentation des professionnels de l'audiophonologie est sans ambiguïté, dès que l'on quitte l'univers des spécialistes, les situations pénalisantes se multiplient. En effet, les déficiences auditives représentent un handicap invisible qui désarçonne souvent le public mal informé des conduites à tenir pour permettre une communication efficace...

Image : silence assourdissant du système hospitalier ? Pas si sûr !  

L'accès aux soins est un droit pour tous et les services de santé doivent s'efforcer de dispenser leurs prestations sans qu'aucune frange de la population ne se sente défavorisée. Ainsi, prise de rendez- vous, accueil, orientation vers les lieux de consultation nécessitent, pour les personnes déficientes auditives, la mise en place de dispositifs de compensation (aides techniques matérielles et humaines) conçus pour rendre l'accessibilité "matérielle" aussi bonne que possible. Mais favoriser la relation médecin- malade est d'un autre ordre. Pour que celle- ci ait lieu en bonne intelligence, le dialogue est indispensable. Il faut éliminer le maximum de parasites dans l'échange et dans la compréhension réciproque des informations. L'entretien doit donc se dérouler dans la langue usuelle du patient car c'est lui le demandeur. S'il est oraliste ou s'il pratique le français signé, la consultation se déroulera en fonction de cette donnée primordiale. Et si le recours à un interprète est indispensable, la confiance doit être là. C'est avec ce souci qu'une équipe de l'hôpital de La Salpetrière à Paris se charge de l'accueil et des soins de la population sourde. Créé en 1997 à l'initiative de la Mission Handicaps au sein de l'Assistance Publique- Hôpitaux de Paris, ce pôle parisien devrait servir de modèle au cours des prochaines années à une dizaine de centres régionaux.

Le docteur Jean Dagron, qui a ouvert ce premier service accueillant des patients déficients auditifs, a accordé en juillet 2000 un entretien à la revue de l'Association de Réadaptation et de Défense des Devenus Sourds, La Caravelle. Il y explique ses activités hospitalières, ses objectifs, et les limites de ses actions. Si l'on est sur la bonne voie, il faut rester vigilant. Aujourd'hui, un calendrier parlementaire démesuré repousse toujours l'adoption du projet de loi sur la modernisation sanitaire. Quelle sera la place du droit des usagers de la santé dans les préoccupations politiques après les prochaines échéances électorales ?


Pierre Brunelles, janvier 2001




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