Handicap visuel
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  Randonner en autonomie.
  Récent adepte d'un sport-loisirs qui lui a redonné autonomie et confiance en soi, l'Alsacien Nicolas Linder explique son parcours et les techniques qu'il utilise.

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            Cela fait trois ans que Nicolas Linder s'est mis à randonner, petit à petit. Il cumule une quasi-cécité, qui lui laisse une vision très résiduelle à l'oeil gauche, et les séquelles d'un spina bifida entraînant une atrophie musculaire et des douleurs qui apparaissaient au bout d'un kilomètre de marche, ainsi qu'une impossibilité de tenir l'équilibre sur une seule jambe. " J'ai commencé à randonner autour de chez moi, je me suis équipé en machine de musculation. Puis j'ai découvert le GPS et je suis sorti de la bulle du handicap ! Le sport m'a fait gagner en autonomie. J'étais incontinent jusqu'à l'âge de 21 ans, une hydrocéphalie a entraîné la compression du nerf optique."

Maintenant, il s'entraîne comme tout le monde et marche autant dans un groupe que des randonneurs valides; il participe régulièrement à des marches avec d'autres randonneurs aveugles, son autonomie dépasse désormais largement le kilomètre : lors des dernières 24 heures de Peynier (Bouches-du-Rhône), il a effectué 70 tours d'un kilomètre chacun, se classant à la 32e place des 63 participants.

Son autonomie en randonnée, il l'a trouvée avec le GPS Openway, sur téléphone Androïd, qui fonctionne en mode urbain ou parcours enregistré. L'outil utilise la cartographie Google Maps pour diriger le marcheur de point en point, la direction à prendre étant définie par la centrale inertielle du téléphone. "Le GPS classique a besoin de mouvement pour s'orienter, précise Nicolas Linder, mais pas celui-là. En mode randonnée, il n'est pas nécessaire de disposer d'une connexion pour suivre le trajet enregistré après avoir intégré la carte Google. C'est une autonomie que je n'aurais jamais espérée ! Étant petit, faire du sport était une torture physique et morale." Aujourd'hui, sa personnalité a évolué : "J'ai grandi à la campagne mais, comme beaucoup de déficients visuels, je suis obligé de vivre en ville. Le GPS m'apporte de la liberté, de la confiance en soi. Il y a de cela 3-4 ans, j'étais quelqu'un de très discret. Même au niveau employabilité. J'ai retrouvé un emploi grâce à la randonnée ! J'ai envie de rattraper le temps perdu." Openway devrait prochainement être disponible en téléchargement, sa gratuité étant une volonté du développeur, René Farcy. L'outil a nettement progressé depuis sa création et son expérimentation par le randonneur aveugle Gérard Muller, il y a six ans.

 

Image : Nicolas Linder.
 

Les randonnées de Nicolas vont le conduire très bientôt sur les chemins des îles de la Réunion et de Madagascar. Une aventure personnelle, sans chercher à mobiliser la générosité des financements participatifs : "Pour Madagascar, je ne voudrais pas voyager de manière égoïste. Je verrai sur place des besoins à satisfaire pour mobiliser ensuite. C'est mon premier grand voyage, après l'expédition du Baikal". Cette randonnée organisée en février dernier par plusieurs associations avait conduit des participants sourds, malentendants, aveugles et malvoyants à marcher et vivre ensemble. " J'ai appris à skier l'hiver dernier. On a monté un dénivelé de 3.000 m ! Il s'agissait de créer un groupe pour montrer qu'on pouvait travailler ensemble, sourds, aveugles, déficients visuels, en utilisant la lecture labiale, la transcription." En tous cas, une belle réussite pour Nicolas Linder, prélude à beaucoup d'autres on l'espère !


Laurent Lejard, septembre 2017.

 



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