Handicap visuel
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  L'altruisme de Bernard Peysson.
  Militant associatif et politique, presque aveugle, il vit avec et pour les autres, recevant et donnant en espérant améliorer la condition des femmes et des hommes qu'il côtoie. Portrait.

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            La vie de Bernard Peysson est tournée vers les autres : "J'ai toujours été quelqu'un qui milite pour aider les uns et les autres, j'ai moi-même été aidé par les autres. L'important pour moi, c'est de prendre ma vie en main, et de faire profiter de mes compétences." Presque aveugle, il est âgé de 39 ans et élève ses deux enfants de sept et neuf ans à Vertou, près de Nantes où il travaille au sein des Douanes. Il n'a jamais vu à 100 %, mais a lu et écrit en noir jusqu'à ses 16 ans, où il a presque totalement perdu la vue. Il est passé par le Centre de Rééducation Fonctionnelle pour Aveugles et Malvoyants de Marly-le-Roi, en région parisienne, pour apprendre l'usage de la canne blanche et la locomotion, maîtriser le braille. Puis il a suivi une formation et est entré comme contractuel au service des douanes. Bien intégré, Bernard Peysson est actuellement assistant de prévention chargé d'adaptation de postes en lien avec la médecine du travail : "Je suis reconnu dans ce travail. J'ai rencontré quelques problèmes avec les outils logiciels au début, mais ils sont maintenant réglés." Il déplore toutefois de grosses lacunes d'information sur les adaptations de postes de la part de la direction des Douanes et des syndicats de salariés.

 
 

Il tire de son expérience de vie l'enseignement suivant : "Quand un individu à la volonté de se prendre charge, avec le soutien de la famille, il y arrive. Mais quand le handicap survient tard ou qu'on ne rencontre pas les bonnes personnes, c'est différent. La question, c'est d'aller vers les autres. C'est nous qui devons faire l'effort." Et il s'emploie à rendre aux autres ce qu'il a reçu, en militant au sein de l'association La Chaloupe Nantaise, qui aide les français et les étrangers malades, sans logement, qui n'entrent pas dans les "cases" de l'administration : "Le changement de majorité gouvernementale n'a pas modifié grand-chose pour eux. Mais si je me projette cinq à dix ans en arrière, il y avait à l'époque davantage d'aides et de subventions. Notre action est menée dans un contexte global de réduction des aides publiques." Ce qu'il constate également pour son quotidien d'homme aveugle qui a besoin d'aide à domicile : "Il y a quelque temps, avec une Prestation de Compensation du Handicap on pouvait employer, mais les subventions aux associations d'aides à la personne baissent, elles ont moins de soutien, ce qui entraîne une réduction du nombre d'heures que l'on peut payer à PCH constante."

Confronté à ce contexte difficile, Bernard Peysson a décidé d'agir politiquement : "L'associatif est important pour être entendu en tant que citoyen. Mais beaucoup de personnes considèrent que les hommes politiques sont pourris. Il faudrait que les citoyens s'investissent dans la politique." Ce qu'il fait, au sein du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV), et en se lançant dans la bataille électorale à Vertou, ville natale de la célèbre sourde-aveugle Marie Heurtin : Bernard Peysson est candidat sur la liste EELV, qui espère mettre un terme au règne d'une dynastie de notaires qui régente la ville depuis plusieurs générations.

  Image : Bernard Peysson.
 

"La commune est gérée sans dette, de main de maître, reconnaît Bernard Peysonn. Mais avec très peu de services à la population et de subventions aux associations à vocation sociale, ces financements étant réservés aux activités économiques ou de prestige. Les transports dépendent de Nantes Métropole, et la mairie n'a pas souhaité investir dans ce domaine. On aimerait avoir des transports dignes de ce nom." Il apprécie davantage la vie plus active qui règne à Rezé, toujours en pays nantais. Et il craint que l'Institut Les Hauts Thébaudières, qui comporte un Centre d'Action Médico-Sociale Précoce Polyvalent et un Institut pour Handicapés Visuels réputé dans la région, quitte Vertou pour une autre commune de la banlieue nantaise. Ce que Bernard Peysson ne peut que regretter : "On est des hommes et des femmes, le handicap vient après."


Propos recueillis par Laurent Lejard, mars 2014.

 


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