Handicap visuel
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  Épicure va-t-il dans le mur ?
  Au terme de sa première année de fonctionnement, le lycée hôtelier adapté aux déficients visuels est victime d'erreurs de gestion compromettant son avenir, sur fond de polémique.

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          Lancé en septembre 2009 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) à grand renfort de communication, le premier lycée hôtelier Épicure préparant des déficients visuels au Baccalauréat professionnel est au bord de la faillite. Il est géré, de même qu'une clinique de rééducation en basse vision, par une Société d'Economie Mixte Locale (SEML) qui accuse un passif de près de 300.000€. Cette SEML, présidée par le maire de Saint-Gaudens, Jean-Raymond Lépinay, a une directrice adjointe hors du commun, Dany Gombert. Chevalier de la Légion d'Honneur, présidente du comité régional Midi-Pyrénées de l'Association Valentin Haüy, elle a disposé de 200.000€ donnés par le siège national pour financer le montage du projet Epicure. Un don sans contrepartie semble-t-il, Dany Gombert ayant fait appel à son entourage et ses amis, sans appel d'offres : "Effectivement, concède-t-elle, sur les 49 salariés, j'ai recruté ma fille et mon gendre". De même que d'ex-bénévoles, et le cabinet d'architecte qui avait esquissé un projet représentant un investissement de plus de 5 millions d'euros. Investissement pour lequel la ville devait cautionner un emprunt bancaire, ce que le nouveau maire élu en 2008 à la suite d'un renversement de majorité a finalement refusé de faire, contraignant Dany Gombert à accepter que son projet soit développé sous l'égide d'une SEML dont près des deux-tiers des parts sont détenues par la ville de Saint-Gaudens et sa communauté de communes.

Mais malgré ce contrôle, le maire n'a pu éviter que les dettes s'accumulent, du fait d'une grosse erreur de gestion. Là où Dany Gombert avait négocié un budget global de fonctionnement, le département de Haute-Garonne n'a accepté de financer que sur la base du prix de journée de chaque élève. Problème : alors que 12 places étaient budgétées pour la première année, seuls 5 élèves ont finalement suivi les cours, soit un manque à gagner de 60% ! Dany Gombert attribue ce revirement à l'inimitié que lui vouerait le président du Conseil Général de Haute-Garonne, Pierre Izard, un élu à la forte personnalité... Autre difficulté qui a plombé les comptes, l'ouverture repoussée de plusieurs mois d'une clinique dont le personnel était déjà embauché.

De son côté, le maire de Saint-Gaudens, Jean-Raymond Lépinay, refuse d'entrer dans la polémique et s'efforce de trouver une issue positive : "Je suis optimiste. Deux importantes associations ont fait connaître leur volonté d'être partenaire, l'AVH et l'ASEI. La décision sera prise rapidement, mais elle dépend de l'Agence Régionale de Santé [ARS], qui doit renouveler les agréments et souhaite la nomination d'un administrateur provisoire". L'ARS est décideur en matière budgétaire et pourrait redéfinir l'ampleur et l'orientation du projet Epicure. "Dans les deux établissements, poursuit Jean-Raymond Lépinay, la tutelle a relevé qu'il y avait des personnels qualifiés, malgré quelques petits dérapages et une amélioration nécessaire de la gouvernance". Et il espère qu'une solution de poursuite de l'activité soit dégagée d'ici au 14 juillet, les deux associations "repreneuses" examinant les comptes. Actuellement, les travaux de construction des logements des élèves de la seconde promotion du lycée hôtelier sont suspendus, ce qui compromet leur accueil en septembre prochain.

Pour sa part, le président de l'AVH, Gérard Colliot, reste prudent : "Le nom de l'AVH a été cité, on a évoqué la possibilité d'intervenir, mais sans encore avoir effectué une étude approfondie". Avant d'aller plus loin, Gérard Colliot attend les décisions de l'ARS : "Si un administrateur provisoire est nommé, c'est lui qui cherchera un repreneur. J'attends que le président de la SEML ou l'administrateur provisoire me donne le feu vert pour avancer". Reste le cas Dany Gombert, qui s'accroche à son projet et veut "rester là jusqu'à la dernière année de la première promotion", trois années donc. "Dany Gombert est un cavalier, relève Gérard Colliot. Elle fonce et a notre soutien. Mais il nous faut également des bénédictins, qui savent gérer au quotidien"...



Laurent Lejard, juillet 2010.




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