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Valentin Haüy. Le "Premier instituteur des aveugles" fut, à la charnière entre les siècles et les régimes, l'un des premiers contributeurs à l'intégration des non- voyants dans la société et à leur passage du statut de "curiosité" à celui de citoyen... |
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| Archives | |||||||||||||
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Valentin Haüy
est né en 1745 à Saint-Just-en-Chaussée, petit village de Picardie.
Son père était un tisserand suffisamment riche pour être propriétaire
de sa maison et faire en sorte que son fils eût pour marraine une abbesse
et pour parrain un conseiller du roi. Le frère aîné de Valentin, René-
Just, étant appelé du fait de son aptitude aux études à une belle carrière,
la famille déménagea en 1751 pour la Capitale. Valentin poursuivit donc
son instruction à l'Université de Paris où ses goûts le portèrent vers
l'étude des langues : outre le latin, le grec et l'hébreu, il en arriva
à pratiquer une dizaine de langues vivantes et se fit même, dès 1771,
une spécialité dans le déchiffrement de manuscrits anciens et de graphies
secrètes. Il vécut bientôt assez aisément de la traduction de documents
officiels, notariés, commerciaux ou privés ainsi que de collaborations
avec les forces de police.
Il fit réaliser
à cette intention des caractères spéciaux (ceux des typographes ne convenaient
pas) qui puissent être manipulés de manière à former des phrases ou
des opérations mathématiques. En ayant fait la démonstration devant
le Bureau Académique des Écritures dès l'automne 1784, il fut soutenu
par l'Académie des Sciences grâce à l'aide de son frère, inventeur de
la cristallographie devenu entre- temps abbé, qui était membre de cette
vénérable institution, entre autres charges illustres. L'année suivante,
Valentin Haüy fut nommé membre de la Société Philanthropique, de
création récente, qui lui confia l'instruction de ses douze pensionnaires
non- voyants. Un an plus tard, le nombre des élèves ayant augmenté,
naissait l'Institution des Enfants Aveugles, ouverte à tous sans distinction
de sexe et, surtout, de statut social.
Après la Révolution,
l'État pris intégralement en charge l'Institution (1791), hébergée avec
celle des Jeunes Sourds au "couvent des ci- devant Célestins" (la mésentente
entre Valentin Haüy et l'abbé Sicard, successeur de l'Abbé de l'Épée,
aboutira, en 1794, à la séparation des deux institutions). Secrétaire
du Comité Révolutionnaire de la Section de l'Arsenal, Valentin Haüy
connut quelques déboires et deux incarcérations durant la Terreur. Sous
le Directoire, il se convertit, autant par conviction personnelle que
par calculs financiers, à la très en vogue Théo- philanthropie ("adorateurs
de Dieu et amis des hommes") dont il fut l'un des tous premiers adeptes
et prosélytes. Sous le Consulat, il perdit la direction administrative
de ce qui s'appelait désormais l'Institut des Aveugles- Travailleurs
et choisit en 1802 d'abandonner la partie... |