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Pilote en la
matière, le département du Bas-Rhin s'est engagé
dans une politique de labellisation Tourisme et Handicap : "une démarche
qui porte ses fruits" pour Joseph Ostermann, Président de l'Agence de
développement touristique. (lire cette
présentation).
A l'instar d'un pays de cocagne longtemps convoité, le Bas-Rhin
se cache derrière la mythique "ligne bleue des Vosges". Laquelle favorise
l'existence d'un micro-climat propice aux cultures… et abrite toujours
en son sein les stigmates des innombrables conflits qui ont opposé la
France et l'Allemagne au cours des siècles. Pour celles et ceux que
cela intéresse, le Mémorial d'Alsace-Moselle, à Schirmeck,
parfaitement accessible et à l'architecture résolument contemporaine,
permet de mieux comprendre l'histoire de la région de 1870 à nos jours.
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Destin
tragique après la défaite de 1870, qui voit l'Alsace annexée par
les Prussiens, dont témoignent çà et là quelques monuments édifiés
par l'un ou l'autre des belligérants (découvrez une vue
panoramique du champ de bataille du 6 août 1870 à Woerth et
lisez ce
récit). La France, après l'amère victoire de 1918, aura pourtant
à coeur de ne pas détruire un héritage allemand qui subsiste encore
dans de nombreux édifices... et dans les dialectes locaux. Destin
étrange qui passe par la titanesque Ligne Maginot, construite
à grands frais de 1929 à 1939, dont un ouvrage a été ouvert à
la visite grâce à l'opiniâtreté d'un groupe de bénévoles de Lembach.
Le site du Four à Chaux, accessible avec aide, évoque un sous-marin…
le béton en plus : portes blindées étanches, plafonds bas, odeur
de graisse de machine, impression d'enfermement malgré des kilomètres
de galerie, un pan incliné vertigineux et des volumes particulièrement
sonores.
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Cette visite
s'avère indispensable pour se faire une réelle idée de ce que fut le
quotidien de soldats principalement recrutés sur place pour assurer
une défense qui s'avéra bien dérisoire... Destin terrifiant, enfin,
dans le silence de mort de l'ancien camp de concentration du Struthof
à Natzweiler, où de 1941 à 1944 plus de 50.000 personnes, originaires
de l'Europe entière, furent déportées par les nazis. Près de 22.000
d'entre elles n'en sont jamais ressorties. Accessible à tous, le Centre
Européen du Résistant Déporté, qui jouxte le camp, est un lieu d'information,
de réflexion et de rencontre; il rend hommage à la lutte contre l'oppression.
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Sans
doute cette histoire douloureuse a-t-elle contribué à sceller
le destin international de l'Alsace, et celui de Strasbourg
sa capitale. Le Conseil de l'Europe
y fut créé dès 1949. Actuellement 46 pays représentant 800 millions
de personnes font partie de cette institution éminemment diplomatique
qui se préoccupe notamment de protection des droits de l'homme,
d'affaires sociales et d'environnement. Le Conseil souffre quelque
peu de sa relative discrétion et de l'amalgame souvent fait avec
le Parlement Européen
tout proche. Achevé en 1999, l'hémicycle de ce dernier est destiné
à accueillir les sessions mensuelles du seul organe élu des institutions
européennes. Les bâtiments sont traversés par trois rues internes,
la principale étant aménagée en jardin d'hiver avec une forêt
de philodendrons...
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Non loin, la
Cour Européenne des Droits de l'Homme,
dont les nouveaux bâtiments verre et acier ont été inaugurés en 1995,
comporte autant de juges que d'États membres du Conseil de L'Europe
ayant ratifié la Convention de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des
Libertés fondamentales, soit 45. Régulièrement saisie, elle attire souvent
l'intérêt des médias, au premier rang desquels la chaîne de télévision
Arte (Association Relative à la
Télévision Européenne, 1991) voisine des bords de canal. Strasbourg
abrite nombre d'autres institutions internationales (Institut International
des Droits de l'Homme, Fondation
européenne de la Science, Assemblée
des Régions d'Europe, etc.). Obsessions
sécuritaires obligent, ces hauts-lieux (à l'accessibilité variable)
ne se visitent qu'au compte-gouttes, sur réservation (très) à l'avance
et, la plupart du temps, en groupe accompagné...
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On
peut néanmoins les admirer de l'extérieur en empruntant un "bateau-mouche"
électrique (accessible en fauteuil roulant, renseignez-vous au
préalable pour les horaires) au départ des quais de l'Ill, à l'aplomb
du Palais Rohan. Découvrir ainsi Strasbourg est un plaisir qu'il
serait dommage de bouder : constructions à pans de bois richement
sculptées, charmantes passerelles piétonnes, quartiers cossus,
la ville historique comporte peu de "verrues" architecturales
et semble avoir été relativement épargnée par les bombardements
de 1870 et 1944 (qui ont néanmoins fait de nombreuses victimes
et endommagé la Cathédrale et le Palais Rohan). La Petite France,
très touristique, est un endroit où il fait bon flâner, en dépit
des pavés et de la foule. Son atmosphère de canaux et de maisons
à colombages aux balcons ornés de géraniums donne l'impression
de déambuler dans une carte postale.
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Le quartier
le plus animé demeure celui de la Cathédrale, avec ses boutiques et
ses restaurants, où se croisent habitants, étudiants, fonctionnaires
internationaux et visiteurs au milieu du ballet incessant (et parfois
inquiétant) des vélos. La Cathédrale
elle-même, impressionnant vaisseau gothique de grès rose, est accessible
par son portail nord. L'intérieur, assez sombre, est faiblement éclairé
par des vitraux magnifiques qui attendent une restauration. Une horloge
astronomique s'anime tous les jours à 12h30 du côté du portail sud mais
la construction vaut bien davantage pour ses extérieurs et leur étourdissante
dentelle de pierre.
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Tout
proche, le Palais Rohan est un majestueux bâtiment du XVIIIe siècle
à l'accès cahoteux (sonnette "handi" à droite du portail d'entrée)
mais qui abrite de fort intéressants musées.
Seul celui des Beaux-Arts est inaccessible aux fauteuils roulants.
Un musée des arts décoratifs assez spectaculaire (accessible par
rampe amovible) occupe les anciens appartements aristocratiques;
un musée archéologique (accessible mais il faut ressortir et contourner
le bâtiment) offre une belle mise en espace de sa partie gauloise
ainsi qu'une collection de squelettes "malades" qui ravira les
amateurs; enfin, le palais abrite une salle d'expositions temporaires
accessible. Autre espace muséographique d'accès aisé, aux confins
de la Petite France et non loin de la prestigieuse École Nationale
d'Administration (ENA) : le très
lumineux Musée d'Art Contemporain abrite des collections constituées
pour partie d'artistes locaux et de dépôts des collections nationales.
On peut en outre s'y restaurer devant un beau panorama
sur la vieille ville.
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Côté musical,
les amateurs d'art lyrique seront servis par la très riche programmation
de l'Opéra National
du Rhin, qui s'est récemment doté de toilettes aménagées et d'un ascenseur
desservant tous ses niveaux (interphone à gauche du perron, côté rue).
Et depuis février 2005, Le Vaisseau
fait découvrir les sciences aux enfants et adolescents sur un mode ludique;
les animations et présentations sont adaptées aux déficients visuels
et moteurs, des visites sont organisées pour les personnes handicapées
mentales, l'accessibilité est soignée (lire
ce top).
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Au sud
de Strasbourg s'étend la plaine du Ried (de l'alémanique rieth
: jonc), un paysage principalement agricole borné à l'ouest par
les coteaux vosgiens et à l'est par le Rhin. Avec Obernai,
on plonge dans une Alsace de carte postale : maisons à pans de
bois, fleurs aux balcons, petites places avec puits fleuris...
mais pavés de rigueur et abaissés de trottoirs aléatoires. La
maison alsacienne typique comporte un premier niveau en pierre
couverte d'enduit, et des étages à colombages avec, fréquemment,
un encorbellement au premier. Pignons sur rue, corbeaux sculptés,
tout est fraîchement peint, parfois en couleur (vert, rose, bleu
pastel) et si bien entretenu qu'on a parfois du mal à imaginer
que certaines de ces bâtisses remontent au XVIe siècle. Obernai
vaut également pour ses remparts, particulièrement bien conservés
et mis en lumière, notamment sur leur partie ouest (remparts Joffre
et Caspar).
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Moins carte
postale mais tout aussi charmante, Sélestat
dispose d'une zone piétonnière plus étendue sans trop de pavés. Ne manquez
pas la rue des Chevaliers, qui débouche sur une fière tour de l'horloge
(entrée de ville au Moyen-Âge) et comporte des maisons dont la façade
est entièrement peinte. Outre ses églises, la cité est célèbre pour
sa Bibliothèque Humaniste, hélas inaccessible, et abrite le Fond Régional
pour l'Art Contemporain (FRAC)
d'Alsace, dont les espaces d'exposition se visitent sans encombre.
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Dominant
le paysage de sa silhouette caractéristique, le château du Haut-Koenigsbourg
s'aperçoit de loin. Les cinéphiles se souviendront qu'il a servi
de décor à La
grande illusion, film de Jean Renoir (1937). La forteresse,
construite au XIIe siècle et remaniée au XVe, fut, jusqu'à son
abandon au XVIIe siècle, un observatoire idéal des principales
routes de la région et un point de repli stratégique. Elle prit
son nom de Koenigsbourg (château royal) vers 1192. En 1462, les
Habsbourg, la confièrent aux Tierstein qui la reconstruisirent
et l'agrandirent, mettant en place un système défensif conçu pour
faire face à des tirs d'artillerie. L'empereur Guillaume II de
Hohenzollern, propriétaire des lieux en 1899, y assouvit sa passion
du Moyen Age en ordonnant une restauration scientifique
(qualifiée aujourd'hui de vraisemblable) qui fait la part
belle au style Troubadour en vogue à l'époque.
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Le décor intérieur
est donc assez kitch et le seul endroit réellement magique, en dehors
du site lui-même, est un jardin intérieur perché à plusieurs dizaines
de mètres du sol, par lequel on accède au moyen d'un minuscule pont-levis.
Des supports de visite spécifiques sont proposés aux aveugles mais le
château est bardé d'escaliers dont certains assez périlleux. En dehors
des opérations "Monuments pour tous" organisées régulièrement avec l'aide
des pompiers, les personnes en fauteuil roulant devront donc se contenter
d'une visite des extérieurs qui n'a rien de frustrant, bien au contraire,
lorsqu'elle est accompagnée par un guide. Quoi qu'il en soit, le panorama
est extraordinaire sur la plaine d'Alsace, les Vosges, la Forêt-Noire
et parfois même les Alpes.
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A quelques
encablures, l'Abbatiale Saint Maurice d'Ebersmunster
est un spectaculaire chef d'oeuvre du baroque autrichien, unique
en France, à ne manquer sous aucun prétexte. Il date pour l'essentiel
du XVIIIe siècle, possède l'un des rares orgues Silbermann (1732)
en état de fonctionner et donne une occasion unique d'appréhender
in vivo toute la théâtralité de la Contre-Réforme : illusions
de perspective et d'optique, virtuoses sculptures sur bois, couleurs
et ors rutilants, baldaquin majestueux... Des concerts y sont
régulièrement donnés. L'Abbatiale est labellisée tourisme handicap
moteur, ce qui ne gâche rien même si la rampe d'accès est un peu
forte. Quant au hameau, blotti au bords de l'Ill, il est aussi
paisible que charmant : préservé des circuits touristiques,
Ebersmunster reste une destination secrète...
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En
remontant vers le nord, un passage par la route des vins enchantera
même ceux à qui les nectars alcoolisés ne disent rien,
tant le paysage est engageant : au gré des saisons, la vigne se
pare de couleurs éclatantes, les coteaux, souvent pentus, laissent
parfois la place à de minuscules villages fleuris aux maisons
proprettes qui paraissent tout droit sortis du pinceau d'un peintre.
Soleil et brume jouent avec l'ensemble, laissant une impression
de grande quiétude. On ne vous donnera pas d'adresse, mais passez
tout de même à Heiligenstein
pour son Klevener et à Dambach
la Ville où un viticulteur-artiste, héritier d'un grand nom
du design des années 30, élève un Auxerrois et un Pétale de Rose
aussi rares que délectables (découvrez son "jardin
secret"). Autres plaisirs des sens, ceux de la table, ici
généreuse et calorique : au diable le régime, si le foie gras
vous rebute, offrez-vous au moins un baeckeoffe
ou une flammekueche
dans une winstub !
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Le nord
du Bas-Rhin est une région frontalière moins touristique mais
sans doute plus "authentique" que le sud : on s'y exprime couramment
en dialecte alsacien et l'accueil y est moins policé que dans
le Ried. C'est un terroir avant tout agricole où la forêt (vosgienne)
occupe une large place. Ce qui fut le quotidien des paysans jusqu'au
milieu du XXe siècle est d'ailleurs fort bien rendu dans la Maison
rurale de l'Outre Forêt, à Kutzenhausen.
L'accessibilité en est partielle (étages) et avec aide (moellons,
trous) mais la magie de l'endroit opère car il s'agit d'une authentique
ferme alsacienne entièrement meublée, avec ses menus objets, comme
si ses habitants venaient juste de s'absenter. A cent lieues de
l'image que l'on se fait parfois des écomusées. On regrettera
simplement que la visite, qui occupe facilement une bonne demi-journée,
ne soit pas commentée.
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Autre musée
rural tout aussi passionnant, le Musée de l'Image Populaire à Pfaffenhoffen,
dont les espaces ultra-modernes (et parfaitement accessibles) présentent,
outre des expositions temporaires, une collection unique de peintures
sous verre, souhaits de baptême, souvenirs de mariages et autres témoignages
humbles et émouvants d'une culture locale aujourd'hui disparue. Vous
y apprendrez notamment à différencier un canivet d'un églomisé...
Haguenau ne présentant guère d'autres attraits touristiques qu'un
riche musée Alsacien et un prestigieux Musée historique hélas inaccessibles,
on retrouve "l'Alsace idéale" à l'extrémité du département : Wissembourg.
L'accessibilité de ses monuments n'y est pas meilleure mais s'y promener
est un véritable bonheur : canaux, colombages et fleurs, belle église
gothique avec cloître en ruines, remparts, vieilles maisons parfaitement
entretenues… Toute la quiétude d'une petite ville telle qu'on en rêve
: L'Alsace l'a fait !
Laurent
Lejard, décembre 2005
L'Agence de développement touristique du Bas-Rhin (A.D.T
67) propose, outre des informations complémentaires sur le département,
une liste des hôtels et restaurants labellisés Tourisme
et Handicap. Lisez ce propos de son Président.
Par ailleurs, quelques mentions d'accessibilité figurent sur le portail
des Musées d'Alsace.
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