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Le droit
de tous au logement. Ce droit est reconnu par la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme, au paragraphe 1 de son article 25 qui proclame
que "toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer
sa santé, son bien- être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation,
l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les
services sociaux nécessaires". Un logement convenable doit donc être
accessible à tous ceux qui y ont droit. De ce fait, les personnes
handicapées doivent bénéficier d'une certaine priorité en matière
de logement pour accéder à une plus grande autonomie et à une meilleure
intégration sociale. Dans ce but, la loi d'orientation du 30 juin
1975 a prévu des dispositions matérielles pour le logement et leur
restauration : il est nécessaire de rendre leur environnement le plus
accessible possible afin que les personnes handicapées puissent circuler
aisément dans leur domicile.
La nécessité d'un logement adapté. La question du logement est
particulièrement importante pour les personnes qui deviennent handicapées,
surtout lorsqu'elles ont un logement inadapté à leur nouvelle situation.
Il est donc nécessaire de permettre l'adaptation du logement lorsque
survient le handicap. En plus des exigences habituelles, ce logement
doit remplir des conditions supplémentaires :
- le logement d'une personne à mobilité réduite doit satisfaire certaines
conditions au niveau de la construction;
- les personnes souffrant d'une déficience sensorielle ont besoins
de dispositifs ou d'aides techniques;
- les personnes handicapées mentales ou souffrant de troubles psychiatriques
ont souvent besoin d'être accompagnées et guidées pour maîtriser leur
quotidien.
En effet, il ne faut pas oublier que ce n'est que si le logement remplit
ces conditions ou si les aides sont accessibles à partir du logement
que les personnes handicapées sont capables d'y vivre sans avoir besoin
d'autrui. Nous avons récemment
développé ici les aides et les recours pour faire
procéder à la mise en accessibilité d'un logement. La loi Solidarité
et Renouvellement Urbain du 13 décembre 2000 complète ces aides par
plusieurs dispositions nouvelles relatives au financement du logement;
ainsi, son article 140 dispose que "la politique d'aide au logement
a pour objet de favoriser la satisfaction des besoins de logements
et l'accessibilité aux personnes handicapées". Cette loi met en place
un plan d'action pour les personnes devant faire face à une situation
de handicap ne leur permettant plus de conserver leur logement en
l'état:
- accès facilité au prêt à taux zéro pour l'acquisition d'un
nouveau logement adapté même lorsque l'on est déjà propriétaire, par
dérogation aux règles habituelles;
- aides financières aux organismes de logement sociaux pour
financer des travaux d'adaptation;
- soutien au montage financier de travaux d'adaptabilité au
sein d'un logement dans un immeuble collectif.
Encore faut-il s'assurer avant d'acheter ou de louer, avec l'aide
d'un professionnel, que l'ensemble des locaux soient accessibles (lire
cet article sur la question). Puisque la construction de logements
adaptables est nécessaire, leur conception architecturale revêt une
importance cruciale pour les personnes à mobilité réduite.
Les aides au maintien à domicile. Les personnes touchées par une
maladie ou un handicap évolutif nécessitent que leur logement réponde
à certaines conditions d'accessibilité, de salubrité, d'espace et
d'isolation. S'il ne remplit pas ces conditions, des aides financières
peuvent être accordées. Pour en bénéficier, il est nécessaire de préciser
de façon très détaillée ces besoins d'adaptation tels l'installation
d'un chauffage, l'aménagement d'une pièce au rez- de- chaussée, des
travaux d'électricité, d'isolation, etc. (des
professionnels peuvent vous y aider). Il faut alors contacter
l'assistante sociale du Centre Hospitalier ou de la Caisse d'Assurance
Maladie. Si des travaux sont nécessaires, des aides financières peuvent
être accordées par certains organismes : prime à l'amélioration de
l'habitat (Direction Départementale de l'Équipement), prêts ou subventions
de la Caisse d'Allocations Familiales, Agence Nationale pour l'Amélioration
de l'Habitat, Associations spécialisées (lire
en SOS Handicap). Les conditions d'attribution de ces aides sont
différentes pour chaque organisme et varient suivant :
- que l'occupant soit propriétaire ou locataire;
- la nature et le montant des travaux;
- les ressources du foyer.
Chaque dossier doit faire l'objet d'une étude particulière et compte
tenu des délais nécessaires (plusieurs semaines, voire plusieurs mois),
il faut évaluer le plus vite possible les besoins d'adaptation et
contacter les organismes compétents.
L'allocation logement. Il existe deux sortes d'allocations logement
: l'une à caractère familial, attribuée aux personnes percevant les
prestations familiales, l'autre à caractère social, accordée aux personnes
handicapées ou âgées et aux jeunes travailleurs. Cette allocation
est perçue par les adultes handicapés présentant une incapacité permanente
d'au moins 80 %, ou ceux qui sont reconnus inaptes au travail par
la Cotorep, qu'ils soient locataires ou à la charge de leur famille.
Le remboursement d'un emprunt dans le cadre de l'accession à la propriété
peut aussi ouvrir doit une allocation dénommée Aide Personnalisée
au Logement. Ces prestations ne sont octroyées que pour la résidence
principale. Elles sont notamment calculées en prenant en compte le
montant des revenus, le nombre de personnes vivant au foyer et le
loyer minimum que doit verser le locataire. Elles sont versées par
les organismes versant les prestations familiales (CAF, MSA). Les
personnes handicapées hébergées dans des foyers avec prise en charge
par l'aide sociale peuvent également prétendre à l'allocation logement.
Il serait judicieux de créer une allocation pour que les jeunes handicapés
vivant en foyer puissent espérer une installation à domicile. Actuellement,
rien n'est vraiment prévu à cet effet !
Maître Jean Charles
Scotti, SCP Carlini et Associés, novembre 2001
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