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  Souroupa 2011.
  Tout juste bouclé, le programme de ce festival atypique de l'arrière-pays niçois présente plusieurs créations de spectacles, bilingues, muets ou visuels, mêlant tous les publics. Présentation.

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             Souroupa n'est plus une aventure perchée dans un village de l'arrière-pays niçois, mais un rendez-vous culturel au sens le plus large du terme. Et cette rencontre entre sourds et entendants dure bien au-delà du moment du festival, elle se prolonge au fil de l'année par l'action de l'association Signes, fondée en 2003 par Marie-José Chabbey et sa belle-fille Mathilde. Leur objectif : promouvoir l'échange entre sourds et entendants, le bilinguisme français-Langue des Signes Française, par le spectacle vivant. A leur actif, des résidences d'artistes, ateliers de théâtre, mime, clowns, et spectacles créés sur place, essentiellement pour les habitants de Saorge et des villages environnants. Pour élargir ce public, Signes organise tous les deux ans un festival, Souroupa, dont l'édition 2011 s'annonce riche en créations.

"On est devenu exigeants sur la qualité des spectacles, même si on a peu de moyens, explique Marie-José Chabbey. Maintenant que ça marche, même si Souroupa reste un petit festival, un comité sélectionne les propositions, en mettant l'accent sur l'inventivité". Les habitants de la vallée de la Roya, apprécient : "Ils s'attendaient à une kermesse, ils se sont retrouvés avec de vrais spectacles qui les ont intéressés. Les maires de Fontan et de La Brigue ont voulu nouer avec Souroupa un vrai partenariat. La LSF théâtralisée séduit."

Organiser un tel festival n'est pas aisé, d'autant que Souroupa 2009 a rassemblé plus d'un millier de spectateurs (presque autant que le nombre d'habitants des villages qui l'accueillent !) et que le rendez-vous est très attendu. Depuis son lancement, à la demande des sourds, Souroupa a été déplacé de l'automne au milieu de l'été, du 29 au 31 juillet cette année, pour correspondre à une période de vacances. Parce que si le festival est apprécié des habitants de la vallée de la Roya, il amène de nombreux spectateurs venus de bien plus loin.

 

 

"Ça a très bien marché en 2009", commente sobrement Marie-José Chabbey. Côté subventions, pourtant, elle navigue à vue : "C'est très angoissant. Le Conseil Régional, la Direction Régionale des Affaires Culturelles sont en retard. Ces institutions ont demandé que les dossiers soient déposés plus tard l'année dernière, or leurs subventions représentent 80% du budget. Les autres soutiens sont peu élevés financièrement, nous n'avons pas d'aides privées cette année, les partenaires 'papillonnent' leur mécénat..."

  Image : Un petit cirque dans ma tête.
 

Souroupa 2011 ouvrira vendredi 29 juillet à Fontan par la représentation "apéritive" du "travail en chantier" ("work in progress" pour faire pro) d'un duo de conteuses, "Pourquoi le lièvre ?", composite de contes européens et africains sur les aventures de ce véloce animal aux grandes oreilles. En soirée, création de "Pataquès", coproduction de Signes et de Singuliers Associés, une nouvelle compagnie installée à Limoges. Sur une mise en scène de Ramesh Meyyappan et Philippe Demoulin, Vasiliy Bubnov conduit le spectateur dans les affres de la productivité au fil d'une oeuvre visuelle qui a été élaborée à Saorge et Limoges lors de résidences de création, puis présentée en voie d'achèvement dans plusieurs festivals printaniers. C'est lors de Souroupa que la forme finale de "The Lazzi" (et éventuellement son titre définitif) sera présentée.



Le lendemain samedi, La Brigue recevra Les Compagnons de Pierre Ménard pour un conte célèbre, "Le Joueur de Flûte de Hamelin", dans l'adaptation française de Samivel jouée en bilingue français-LSF, un 2+1 façon Tex Avery. Puis, après un pique-nique convivial, la même compagnie jouera "La sorcière du placard à balais", grand succès de feu Pierre Gripari. En milieu d'après-midi, projection d'un documentaire, Chink, sur un travail de création sonore et chorégraphique présentée à Strasbourg il y a deux ans.

  Image : Pataquès.
 

En début de soirée, Fontan recevra "Sensibilités d'Agathe", mime tragico-poétique de Caroline Deyber, qui présente une femme d'une autre époque confrontée par nécessité à la réalité du travail d'aujourd'hui. Puis une création Signes/ Compagnie l'Arpette sur le thème du cirque avec jongleurs, funambule, clowns, dans l'esprit d'une scène ouverte professionnelle mêlant sourds et entendants.

  Image : Les sensibilités d'Agathe.
 

Dimanche, Saorge sera le théâtre d'une déambulation de marionnettes à taille humaine, celles des Gaspards. Au milieu du public, les quatre manipulateurs comédiens livreront leur spectacle à chaque arrêt, et impliqueront les spectateurs. Après un grand pique-nique, viendra "Un petit cirque dans ma tête", proposé par Les cailloux sauvages : théâtre d'objets, petite forme, du cirque avec trois bouts de ficelle ! Et c'est à Fontan que Souroupa 2011 s'achèvera, avec "Déballage", par la Compagnie de l'Arpette évoquée ci-avant, une "scène de ménage" sans parole, encore à l'état de création et dont on ne peut que citer les acteurs, le metteur en scène Olivier Debos, la comédienne Nathalie Masséglia et le jongleur-comédien Fabrice Dominici. Que vous soyez sourd ou pas, voici une belle alternative au bronzage passif à quelques kilomètres de la Côte d'Azur !




Laurent Lejard, juin 2011.

  Image : Les Gaspards.



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