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La
loi du 11 février 2005 rend l'accessibilité aux personnes handicapées
obligatoire lors de la construction ou la rénovation de logements. Seule
exception, les maisons individuelles construites ou rénovées par un
propriétaire pour son propre usage. Seules dérogations possibles, "l'impossibilité
technique, les contraintes liées à la préservation du patrimoine architectural,
ou lorsqu'il y a disproportion manifeste entre les améliorations apportées
et leurs conséquences".
Or, un décret
du 30 avril 2009 étend aux maisons individuelles une possibilité de
dérogation
déjà introduite en matière d'immeubles le 17 mai 2006 "pour des programmes
de logements destinés à l'occupation temporaire ou saisonnière dont
la gestion et l'entretien sont assurés de façon permanente". Avec comme
différence que les immeubles se voient imposer un quota de 5% de logements
accessibles et adaptables.
De fait, tous les logements destinés aux lycéens, étudiants, travailleurs
en mission ou vacanciers peuvent déroger à l'obligation d'accessibilité
! Certes, il subsiste un quota mais il n'est guère opposable qu'aux
seuls immeubles. Les conséquences seront sévères : restriction de l'offre
et des critères de confort et de prix. Les efforts entrepris pour inciter
et aider les petits propriétaires privés à proposer des locations temporaires
ou saisonnières accessibles à tous sont sacrifiés sur l'autel
des industriels du logement, grands bénéficiaires de ces amendements
contraires à la loi parce qu'ils en restreignent le champ d'application.
Un décret ne peut en effet introduire dans une loi une dérogation non
prévue par le législateur. Faisant fi des principes du droit, le Gouvernement
a tranché en faveur d'industriels qui pourront s'affranchir des mètres
carrés supplémentaires qu'ils étaient obligés d'introduire dans tous
leurs logements pour permettre la circulation en fauteuil roulant. En
conséquence de quoi ils pourront continuer de construire des appartements
de poche à salles de bains minuscules, à WC lilliputiens, à chambres
autorisant à peine à passer de profil le long du lit. Un gain d'espace
qui leur permettra de réaliser plus de logements dans la même superficie,
avec rentabilité et profit supplémentaires à la clé.
Le décret n°2006-555
du 17 mai 2006 fait l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat, à
l'initiative de l'Anphim. Mais
actuellement, si l'Association Tourisme et Handicap réfléchit à engager
un recours similaire contre le décret
du 30 avril 2009, aucune autre association nationale ne s'est encore
prononcée. Il y a pourtant urgence : après le 3 juillet, le tourisme
accessible à tous, risque de devenir un voeu pieux...
Laurent Lejard, juin 2009.
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