Éditorial
  Dénis de démocratie.
  Les Alsaciens avaient rejeté par référendum la création d'une collectivité unique, les Français refusé la Constitution européenne, tout cela leur est ensuite imposé par des gouvernants qui piétinent allègrement l'expression démocratique...


          A quelle sauce seront accommodées les personnes handicapées vivant dans les deux départements du Bas et du Haut-Rhin ? A cette question, les deux Conseils Départementaux n'avaient pas de réponse à l'automne dernier quand le Gouvernement a accepté le projet de fusion des deux départements en une seule collectivité. Ce projet porté par les présidents des Conseils Généraux de l'époque avait été rejeté par les électeurs alsaciens lors d'un référendum, le 7 avril 2013. Six ans plus tard, un décret et une loi vont mettre en oeuvre ce projet majoritairement refusé par la population, qui appréciera.

Quelques années auparavant, les citoyens français avaient nettement rejeté le traité de ratification de la Constitution de l'Union Européenne mis en référendum le 29 mai 2005. Les Hollandais ont fait de même, et pourtant l'essentiel des dispositions contenues dans cette Constitution est appliqué. La Commission Européenne (non élue) et les dirigeants des pays membres se sont entendus sur un nouveau traité, dit "de Lisbonne" qui lui n'a pas été soumis au vote des Français et des Hollandais. Vous n'en vouliez pas, vous le vivez et le subissez quand même depuis 10 ans ! Il n'est pas étonnant que cette Europe là, technocratique, antidémocratique, aux politiques favorisant la finance internationale au détriment de l'investissement, de l'emploi et des actions sociales, ne suscite que critiques et rejet des citoyens. En mai prochain, ils voteront une nouvelle fois avec leurs pieds (ou leurs roues) pour renouveler un Parlement Européen qui doit encore justifier de son intérêt tant les décisions apparaissent prises dans d'autres cénacles.

Le Grand Débat National lancé par le pouvoir exécutif pour répondre au mécontentement populaire s'inscrit dans cette démarche. Un questionnaire sous forme de cases à cocher vise à valider les choix déjà opérés par l'Exécutif, l'organisation de débats locaux constituant la sauce qui justifiera le plat final : il ne vous plait pas, mais vous avez été associé à sa préparation, vous étiez donc d'accord. A l'exception une fois encore des personnes handicapées : combien auront pu accéder au site web du Grand Débat National à la mauvaise accessibilité ? Combien n'auront pu, pour la même raison, entrer dans une salle de réunion publique ou en suivre les échanges ?

La révolte suscitée en novembre par la politique gouvernementale s'estompe et a été le prétexte à une répression que l'on avait guère connue depuis plus de 50 ans. Arrestations préventives comme dans une dictature, maintien excessif en garde à vue sur ordre du Procureur, condamnations judiciaires à l'aveugle, loi anti-casseurs au Parlement dissimulant mal une volonté d'interdire les manifestations anti-gouvernementales et l'expression la plus démocratique qui soit : débattre ensemble dans la rue, handis et valides mêlés.


Laurent Lejard, mars 2019.




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