|
Dans son rapport
d'activité pour 2007, le Médiateur de la République met en évidence
la lourdeur et la lenteur de la mise en oeuvre de la loi du 11février
2005.
Le Médiateur de la République est un observateur privilégié de la mise
en oeuvre de la loi d'égalité des droits et des chances, la participation
et la citoyenneté des personnes handicapées : il dispose désormais d'un
réseau de correspondants au sein des Maisons Départementales des Personnes
Handicapées qui identifient ce qui fonctionne et ce qui cloche, contribuent
au règlement amiable des litiges. Il constate ainsi que malgré la publication
rapide de la plupart de ses décrets d'application "plusieurs aspects
de la loi restent peu ou mal appliqués". En matière scolaire, il relève
par exemple que les demandes d'attribution de matériel adapté accordées
par les M.D.P.H parviennent trop souvent en milieu d'année scolaire,
et que l'Éducation Nationale n'y donne pas suite arguant d'un budget
insuffisant : "Seules les familles qui refusent cette fatalité et font
preuve de ténacité obtiennent gain de cause". Le médiateur regrette
par ailleurs que le Plan métiers ne soit toujours pas élaboré et que
l'accès des personnes handicapées au travail soit toujours aussi difficile.
En matière de frais de transport des personnes accueillies en établissement,
il estime "bien modeste au regard des besoins" le plafond de prise en
charge de 12.000€ sur 5 ans au titre de la Prestation de Compensation
du Handicap et souhaite que cette dépense soit intégrée au budget des
établissements. Il relève que les agents de l'État travaillant dans
les anciennes commissions (Cotorep et C.D.E.S) ont eu la possibilité
de refuser d'être affectés aux Maisons Départementales des Personnes
Handicapées, et note que cela a généré un dysfonctionnement : l'Etat
n'a pas compensé les désistements, alors qu'il avait, quelques mois
auparavant, transféré sans possibilité de mutation les personnels administratifs
et techniques des lycées et collèges aux collectivités territoriales.
Enfin, le médiateur déplore le flou régnant sur l'information
en matière de droit de recours lorsqu'un demandeur n'est pas satisfait
par la décision de la Commission des Droits et de l'Autonomie, et appelle
à une réforme du contentieux de l'invalidité, dont les délais de décision
sont trop longs, les magistrats quasi-bénévoles et sans formation préalable.
Le Médiateur de la République n'a guère qu'un motif pour se réjouir
: la prestation servie aux bénéficiaires du minimum invalidité est maintenant
alignée sur l'Allocation Adulte Handicapé et ses compléments. Il reste
toutefois à régler la question de la récupération sur succession de
ce minimum invalidité, alors que l'A.A.H ne l'est pas. Voilà encore
du travail pour un Médiateur de la République qui n'est pas prêt d'aller
pointer au chômage...
Laurent Lejard, février
2008.
Le rapport 2007 du Médiateur de la République est téléchargeable.
|