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Au
plein coeur de l'été, le Gouvernement
et sa majorité décidaient, loin
des regards de l'opinion publique,
de distribuer quelques cadeaux
fiscaux. La facture est lourde
et pèse sur les possibilités
budgétaires : 15 milliards d'euros,
dans un pays que le Premier
Ministre allait qualifier quelques
semaines après de "pays en faillite"...
D'autant que, pendant la campagne
des élections présidentielles,
le candidat de l'U.M.P n'avait
pas été avare de promesses,
en particulier à l'égard des
personnes en situation de handicap,
avec celle de revaloriser l'Allocation
Adulte Handicapé de 25% en 5
ans, soit une moyenne de 5%
par an. Aujourd'hui, on nous
annonce + 1,1% au 1er janvier
2008, et à nouveau 1,1% au 1er
septembre, soit un peu plus
de 2% : autant dire que fin
2008, c'est-à-dire au tiers
du mandat présidentiel, nous
n'aurons pas atteint la moyenne
annuelle nécessaire pour que
le Président de la République
soit fidèle à la promesse du
candidat.
Mais, il y a plus grave ! La
Droite a fait le choix de privilégier
quelques milliers de nantis
et de ne pas revaloriser des
ressources comme l'A.A.H : tout
un symbole ! Et on nous annonce
la création d'une commission
qui examinera quelles sont les
personnes en situation de handicap
qui pourraient bénéficier de
la revalorisation annoncée.
Dans mon quartier du Havre,
il y a une "bénéficiaire" de
l'A.A.H, soit 621 euros par
mois : elle vient de recevoir
un rappel de charges locatives
: + 364 euros ! Comment fait-elle
en attendant une éventuelle
revalorisation de ce qui n'est
rien d'autre que son "revenu
d'existence" ?
Plus que jamais, l'alignement
de l'A.A.H, revenu d'existence,
sur le SMIC, est une revendication
qui s'impose et qu'il convient
d'imposer, comme un élément
de justice sociale et de dignité
des personnes en situation de
handicap. Ce revenu d'existence
doit aussi être lié à la personne
et donc indépendant des ressources
du foyer.
On sait aussi les retards pris
par notre pays dans beaucoup
d'autres domaines touchant au
handicap. Mais alors que la
résorption de ces retards, 2
ans après la loi de février
2005, devrait être la priorité,
on note un simple maintien des
moyens, comme dans les Entreprises
Adaptées. Cette situation a
pour conséquence mécanique une
diminution du nombre de places,
au moment où la réalité de l'emploi
des personnes en situation de
handicap devrait au contraire
inciter à pousser l'effort.
Et que dire de l'accessibilité,
y compris des bâtiments appartenant
à l'État ! Le Fonds Interministériel
d'Accessibilité n'est pas alimenté
en 2008, pas plus qu'il ne l'était
en 2007 ! Et cela au moment
où l'emploi dans la fonction
publique se heurte à des difficultés,
avec un Fonds d'Insertion des
Personnes Handicapées qui manque
lui aussi de moyens !
Logement, transport, auxiliaires
de vie, la liste est longue
des domaines où l'application
de la loi de février 2005, aussi
insuffisante soit-elle, laisse
à désirer. Et pourtant les personnes
en situation de handicap doivent
faire face, qu'elles soient
seules, en famille ou en établissement,
aux difficultés quotidiennes.
Je n'ai pas voté la loi de février
2005, estimant d'une part qu'elle
n'ouvrait pas suffisamment de
perspectives d'avenir, que les
moyens financiers étaient chichement
comptés et que le risque de
transfert sur les collectivités
locales était très réel.
La fronde actuelle contre les
engagements non respectés confirme
les craintes exprimées : j'aurais
évidemment préféré être démenti
par les faits. Alors je fais
confiance aux personnes en situation
de handicap, à leurs associations,
aux familles, à tous ceux qui
n'acceptent pas le grand écart
actuel entre les promesses et
la réalité, pour obtenir que
les moyens de la justice et
de la dignité aient la priorité
sur les cadeaux fiscaux aux
plus nantis.
Daniel Paul, député de Seine
Maritime, groupe Gauche Démocrate
et Républicaine, novembre 2007.
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