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Arnaud de
Broca, Secrétaire général de la FNATH, expose le mécontentement des
accidentés du travail et victimes de maladies professionnelles qui s'exprimera
dans les rues de Paris le 13 octobre.
Il y a bien longtemps que la question des conditions de travail et de
la pénibilité au travail n'avait pas était aussi présente dans les médias.
La Fédération Nationale des Accidentés du Travail et Handicapés, qui
défend les victimes d'accidents, et en particulier les victimes d'accidents
du travail et de maladies professionnelles, pourrait s'en réjouir. Mais
il n'en est malheureusement rien.
Tout d'abord, parce que les statistiques sur les accidents de travail
ne sont pas brillantes. En effet, si effectivement le nombre d'accidents
a tendance à diminuer, les accidents graves continuent de progresser,
en particulier dans certaines branches professionnelles (le bâtiment
par exemple) et le nombre d'accidents mortels ne cesse d'augmenter.
Plus préoccupante est la situation des maladies professionnelles : elles
explosent littéralement, en particulier les cancers professionnels mais
aussi les troubles musculo-squelettiques. Une prise de conscience s'imposait
donc mais elle reste encore bien timide.
Le manque d'ambition caractérise particulièrement l'accord signé au
printemps dernier par les partenaires sociaux - à l'exception de la
C.G.T et de la C.F.E-C.G.C. Après avoir négocié un accord qui conduit
à attribuer la présidence de la commission accidents du travail et maladies
professionnelles au MEDEF, les organisations syndicales signataires
ont choisi d'enterrer une véritable amélioration de l'indemnisation
des victimes du travail. Celles-ci ne bénéficient pour l'instant que
d'une réparation forfaitaire, c'est-à-dire très concrètement qu'elles
ne sont pas indemnisées de l'ensemble de leurs préjudices, notamment
des conséquences de leur accident sur leur vie personnelle ou professionnelle.
Déçue par cet accord, la FNATH avait accueilli avec satisfaction l'annonce
de l'organisation d'une conférence nationale sur les conditions de travail
début octobre. Elle pouvait constituer l'occasion de rediscuter de ces
sujets, y compris de relancer les négociations sur la pénibilité au
travail. En effet, celles-ci patinent depuis plus de trois ans... Première
source de déception, la FNATH n'a pas été invitée à siéger à cette conférence
: elle ne représente en effet que 200.000 victimes ! Si sur d'autres
sujets le paritarisme a su ouvrir ses portes, il n'en est rien sur les
questions de santé au travail, qui restent le pré-carré des organisations
syndicales. Si bien entendu celles-ci ont pleinement leur rôle à jouer,
nous estimons aussi que notre association ou l'Association de défense
des victimes de l'amiante (ANDEVA) par exemple ont également leur mot
à dire. Le résultat de la conférence nationale reste décevant dans la
mesure où il renvoie de nombreux sujets à des négociations ultérieures.
Entre partenaires sociaux, naturellement !
La FNATH et l'ANDEVA ont donc décidé d'organiser une manifestation nationale
le 13 octobre à Paris pour rappeler que nous ne pouvons accepter aucune
concession sur l'indemnisation des victimes du travail et que les victimes
ont leur mot à dire sur l'ensemble de ces questions. Pour que personne
n'oublie le scandale qui aboutit aujourd'hui à un écart de plus de 7
ans entre l'espérance de vie d'un cadre supérieur et celle d'un ouvrier.
Parmi les mots d'ordre de notre manifestation, figure également la suppression
des franchises médicales. Le sujet peut sembler éloigné de la question
des victimes du travail, mais il ne l'est pas. En effet, les victimes
du travail, dont l'indemnisation globale reste très limitée par rapport
aux autres accidentés de la vie, ont droit à la gratuité des soins liés
à leur accident. Il s'agit bien là d'une des plus grandes conquêtes
sociales de la fin du XIXe siècle pour les travailleurs. Les exonérer
de ces franchises ne reviendrait donc pas à ajouter un groupe spécifique
de "privilégiés" mais bien à leur rendre justice car ils ne sont pas
responsables des conséquences sur leur santé de la survenance d'un risque
professionnel. Les accidentés du travail ne sont pas moins solidaires
que les autres, mais ils considèrent que la maladie d'Alzheimer nécessite
un véritable financement, qui n'empiète pas sur leur droit à indemnisation
!
Plus généralement, la FNATH reste farouchement opposée à l'instauration
de franchises médicales, dont on mesure bien les conséquences notamment
pour les personnes handicapées, en particulier pour les bénéficiaires
de l'allocation aux adultes handicapés. Bien évidemment les bénéficiaires
de la couverture maladie universelle en seront exonérés, mais comme
par hasard, pour quelques euros, les personnes handicapées ne peuvent
pas souvent en bénéficier !
Arnaud de Broca, Secrétaire Général de la FNATH.
La Fédération des accidentés de la vie et l'Association nationale
de défense des victimes de l'amiante appellent à participer à une manifestation
nationale, à Paris, le 13 octobre, de la Gare Montparnasse (angle rue
du Départ et bd Edgar Quinet) jusqu'à la Place du Maréchal Joffre (Ecole
Militaire). La C.G.T s'est jointe à cet appel.
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