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Une militante
dans le combat des personnes dépendantes pour vivre à domicile nous
a quitté : Il m'incombe la pénible tâche de vous annoncer le décès,
mercredi 26 septembre 2007, de la Vice-présidente de la Coordination
Handicap et Autonomie, Marie-Christine Agon, à la suite d'un accident
cardiaque survenu fin août.
Née le 26 mars 1960, Marie-Christine Agon, avec enthousiasme et opiniâtreté,
a consacré sa vie aux sujets qui la passionnaient, se jouant des limites
traditionnellement imposées à une personne handicapée motrice dépendante
: diplômée en psychologie sociale et psychanalyse, mère, formatrice
pour adultes, instigatrice de formations nouvelles, directrice de séjours
de vacances plusieurs fois par an, et, depuis cinq longues années, responsable
de la Coordination Handicap et Autonomie (C.H.A) à différents postes
du Conseil d'Administration, déléguée des Hauts-de-Seine au Conseil
Régional Consultatif des Citoyens Handicapés d'Ile-de-France, et représentante
de la C.H.A au Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées
depuis son renouvellement. Dans ces multiples activités, sa personnalité,
forte et déterminée, témoignait d'une réalité souvent niée. Je livre
à votre réflexion quelques uns de ses témoignages, dont certains ont
déjà été publiés et d'autres le seront prochainement :
"J'ai toujours été handicapée. Être handicapée est une composante de
ma personnalité. Puis j'ai eu la chance de pouvoir faire des études
de psychosociologue et de formatrice d'adultes. J'ai fait le choix de
travailler dans la formation aux métiers de l'animation. Et aussi celui
de vivre en couple, d'être mère, d'assumer ma vie, d'être libre, autonome
malgré ma dépendance (maladie neuromusculaire congénitale, besoin d'aide
pour tous les actes de la vie quotidienne). J'ai élevé mon fils Yoann
seule depuis qu'il a un an et demi en embauchant des jeunes filles au
pair parce que j'avais peu de ressources. Je suis sollicitée pour conseiller,
informer, rassurer des femmes handicapées qui souhaitent accéder à la
maternité. Il n'existe pas (ou trop peu) de dispositifs d'aide et de
soutien aux parents handicapés".
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"Il est
difficile dans notre société de reconnaître la sexualité des personnes
handicapées et encore moins d'admettre qu'ils puissent faire des
enfants (qu'ils risquent de se 'reproduire', surtout quand ils
ont un handicap génétique !). La femme handicapée doit sortir
pour rencontrer des personnes et surtout développer ce qu'elle
peut apporter aux autres à travers des associations, des clubs
de loisirs... Pour rencontrer quelqu'un de bien dans sa tête,
il faut absolument aller vers l'autre et paraître solide. Le regard
de l'autre est fixé sur les apparences. Il faut l'emmener au-delà
des apparences, c'est-à-dire sur des terrains où l'on peut se
rencontrer et échanger (autour d'un film, d'un plat, d'une activité...).
Les aidant(e)s doivent intervenir pour cela : amener les femmes
handicapées à sortir, faire des activités où elles peuvent rencontrer
d'autres personnes, cuisiner de bons petits plats, décorer la
maison afin de lui donner une apparence romantique, mettre des
préservatifs en évidence..."
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"Il faudrait
que les aidant(e)s soient formées à cela, qu'ils/elles prennent conscience
que les femmes handicapées sont comme eux, qu'elles ont les mêmes désirs,
que leur job est de les accompagner dans leur projet de vie, même quand
celui-ci est de rencontrer quelqu'un ou d'aller voir un(e) prostitué(e).
Internet, c'est génial mais il faut faire attention, il faut beaucoup
dialoguer, passer beaucoup de temps pour connaître l'autre avant de
le rencontrer (plusieurs semaines, plusieurs mois). Il faut se faire
désirer, que l'autre ait besoin de notre présence, d'être avec nous".
"Les vraies difficultés pour l'éducation de mon enfant ont surtout
été financières. Il est très important que ce soit deux personnes différentes
qui s'occupent de la mère et du bébé pour éviter des relations symbiotiques.
Mais aussi parce que la mère risque d'être infantilisée, dépossédée
de son rôle et de son autorité parentale, ne pouvant effectuer elle-même
les gestes maternels essentiels pour son enfant. La rémunération de
ces aides de vie nécessite davantage de moyens qu'il n'en est accordé
: il faudrait une allocation tierce personne pour la mère et une allocation
pour l'enfant".
"Pour moi, cet enfant est un cadeau du ciel, il a donné un sens
à ma vie et je me demande souvent comment j'aurais pu vivre sans lui".
Marie-Christine, c'est promis, nous nous efforcerons de faire connaître
et fructifier les germes que tu as voulu semer dans les consciences
!
Pour le Conseil d'Administration de la C.H.A, Mireille Stickel.
La rédaction de Yanous se joint à la C.H.A pour adresser ses condoléances
aux proches de Marie-Christine Agon et à son fils Yoann.
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