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  La République est bonne fille...
 

L'élu local et Ministre de l'éducation nationale Gilles de Robien crée un poste sur mesure pour son conseiller personnel en communication politique, Jean-Christophe Parisot.

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L'exemple maintes fois montré par Jacques Chirac fait visiblement des émules : le Ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, place l'un de ses proches collaborateurs dans une fonction créée pour lui. En effet, depuis le 1er février 2007 (mais l'information n'a été rendue publique que le 19), Jean-Christophe Parisot est devenu le premier Délégué ministériel à l'emploi et l'intégration des personnes handicapées au sein du Ministère de l'éducation nationale. Si l'on sait déjà qu'il aura du travail pour bien plus que la période de trois ans de mission qui lui a été confiée, on est toutefois surpris que le ministre Gilles de Robien "place" ainsi le collaborateur de l'élu picard Gilles de Robien. Certains y verront un énième épisode de la tristement célèbre République des copains (d'autant que le communiqué officiel passe soigneusement sous silence la fonction de Monsieur Parisot auprès de Monsieur de Robien) d'autres estimeront que l'on a confié à une personne handicapée une fonction qu'elle est particulièrement apte à remplir du fait même de son handicap.

De cela, nous jugerons sur des faits, tant les prises de position de l'ancien président du Collectif des Démocrates Handicapés sont apparues assez vides de sens, notamment en matière d'emploi : l'embauche de travailleurs handicapés ne se décrète pas, elle repose sur des compétences valorisables dans le cadre d'un travail précis et proclamer que l'obligation d'emploi doit être respectée ne fait pas avancer le problème essentiel, la formation et la qualification des personnes handicapées qui sont sur le marché du travail. Cela, Jean-Christophe Parisot va l'apprendre rapidement et nous verrons s'il est dans son domaine plus capable que ses devanciers : on se souvient que le tétraplégique Michel Gillibert, Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées de 1988 à 1993, et le paraplégique Patrick Ségal, Délégué interministériel aux personnes handicapées de 1995 à 2002, n'avaient guère brillé par la qualité de leur travail, l'épaisseur de leur bilan (et l'honnêteté en ce qui concerne Michel Gillibert). Placer une personne handicapée dans une fonction dédiée n'est pas encore, en France, un gage de qualité.

Parce que Jean-Christophe Parisot, myopathe tétraplégique et militant pour une politique nationale en faveur des personnes handicapées, n'a pas de marge d'erreur. Candidat à la présidence de la République, il prétend représenter cinq millions de personnes handicapées. Confronté au casse-tête des parrainages d'élus, il les démarche en se prévalant de sa toute nouvelle fonction officielle de Délégué ministériel à l'emploi et l'intégration des personnes handicapées, pour donner davantage de poids à sa candidature. Un bel abus d'usage que le staff de Monsieur Parisot a dû rectifier dans la précipitation, lorsque son mentor de Ministre en a eu connaissance. Le beau cadeau qu'a fait Gilles de Robien à son affidé est également un fil à la patte qui entame la crédibilité de son poulain auprès des personnes handicapées. De fait, Jean-Christophe Parisot n'a jamais étalé ses opinions politiques mais, en proche conseiller d'un politicien de droite, on a du mal à imaginer qu'il pense à gauche. Tout juste lui connaît-on d'anciennes sympathies pour la monarchie : en 1998, il hébergeait sur son espace Internet un site intitulé "Carré Blanc, la Bibliothèque Royale", dans lequel était proposé "à tous les serviteurs du bien commun et de l'intérêt général d'instaurer un Roi de France [...] par référendum. Le drapeau blanc fleurdelysé deviendrait l'emblème personnel du Chef de l'Etat". Un programme qui intéressera certainement les élus de la République sollicités par Monsieur Parisot...


Laurent Lejard, mars 2007.


Post scriptum :
Le Collectif des Démocrates Handicapés à violemment réagi à cet éditorial, par la plume son vice-président (et directeur de campagne de Jean-Christophe Parisot) Jean-Louis Fontaine. Qui a adressé à plusieurs partis politiques, à des partenaires de Yanous et à des médias un communiqué qualifiant la tonalité éditoriale du magazine de "radicalisme proche de l'extrême-gauche […] opposé à tout gouvernement modéré et se distingue par un sectarisme (anti-capitaliste ?) outrancier [...] proche des irréductibles anarchistes". Ce communiqué a également été diffusé sur la liste CDH-Actu avec ce commentaire : "D'autres protecteurs de Yanous sont joints (mails et fax). De même, différentes formations victimes de traitement politique discutable, comme J-C Parisot, par le rédacteur sont jointes déjà. Il n'est pas question de prendre de risques pendant la période des parrainages". En clair, Jean-Louis Fontaine tente de faire pression sur les partenaires de Yanous et a lancé une opération de dénigrement. Une attitude dont notre confrère Vincent Lochmann résume parfaitement la philosophie : "Vous écrivez aux financeurs de ce media parce qu'il a exprimé une opinion qui vous déplaît et vous demandez la fin de l'aide à ce site internet. Permettez-moi de condamner votre démarche. C'est l'honneur d'un journaliste que de dire ce qu'il pense être juste et de révéler ce qu'il sait. C'est aussi l'honneur d'un financeur que d'accorder ses subsides à un média indépendant. A l'inverse, c'est le déshonneur d'un homme politique que de vouloir censurer un media qui exprime un point de vue différent du sien. M. Jean Christophe Parisot aspire aux plus hautes fonctions. Quelle serait son attitude vis à vis de la presse si il y parvenait ? Votre démarche d'aujourd'hui laisse craindre le pire".




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