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Le
Gouvernement va demander au Parlement un blanc-seing pour
faire ce qu'il veut en direction des personnes handicapées.
C'est la première impression que l'on peut tirer de l'étude
de l'avant- projet de loi qui sera déposé au Sénat dans le
courant de l'hiver. La quasi- totalité des dispositions législatives
nécessitera un décret spécifique qui en définisse l'ampleur
et les modalités. Prenons l'exemple de la "prestation compensation"
qui remplacera les actuelles allocations compensatrices :
elle sera plafonnée dans son montant, couvrira des dépenses
effectives et répertoriées, tiendra compte des revenus du
bénéficiaire. C'est une batterie de décrets qui établira les
différents paramètres. Il est impossible, puisque les ministres
en charge de la réforme s'y sont refusés, de savoir si un
salarié touchant 1.500 euros par mois aura des droits à cette
prestation. On ne sait pas davantage si tous les types d'aides
techniques seront inclus dans la liste de celles qui seront
financées. Ce qui est certain, c'est que la personne handicapée
paiera le prix de son handicap puisque l'on tiendra compte
de ses revenus pour calculer sa prestation compensation. Une
fois passé le filtre des décrets, il risque de plus rester
grand- chose du droit individuel à compensation qui est d'ailleurs
refusé aux enfants et aux adolescents.
Côté simplification, le regroupement de toutes les commissions
départementales en une seule devrait améliorer le cadre de
prise en charge. Pourtant, l'administration continuera à demander
à un sourd, un aveugle, un paralytique, un amputé ou un déficient
intellectuel de justifier à intervalles réguliers de son invalidité
: exit le discours sur les potentialités de la personne
que Marie- Thérèse Boisseau prétendait mettre en évidence;
sa loi ne parle plus que de handicaps et autres limitations.
Nous avons décidé de permettre à tous nos lecteurs de se faire
une opinion du texte élaboré par le gouvernement en le publiant
: vous pouvez le télécharger
librement au format R.T.F, lisible sur tous les navigateurs
et traitements de texte. Nous publierons vos réactions en
retour, afin que les personnes handicapées elles- mêmes
puissent enfin entrer directement dans le débat qui les concerne,
l'avenir de leur intégration et de leur protection sociale.
Et bien que cette fin d'Année Européenne des
Personnes Handicapées laisse comme un goût d'amertume,
nous vous souhaitons à toutes et à tous d'excellentes
fêtes.
Laurent Lejard, décembre
2003
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