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L'Assemblée
Nationale voulait exempter les personnes handicapées de la redevance
télévision. La F.N.A.T.H et le gouvernement en ont décidé autrement...
Le débat parlementaire fait rage à l'Assemblée Nationale et les personnes
handicapées ont fait l'objet d'une brève mais vive polémique : le 20
octobre, la député U.M.P Béatrice Pavy a déposé un amendement visant
à exonérer les personnes handicapées du paiement de la redevance télévision,
arguant qu'un cinquième seulement des programmes du secteur public "sont
accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. L'année 2003 étant
celle des handicapés, je pense que ce geste serait particulièrement
bienvenu". Malgré l'opposition du rapporteur du Budget et du gouvernement,
l'amendement a été adopté.
Le lendemain, le Secrétaire Général de l'Association des Accidentés
de la Vie, nouvelle appellation de la centenaire Fédération Nationale
des Accidentés du Travail et des Handicapés, publie un communiqué rageur.
Marcel Royez qualifie cette exonération de "choquante", invoquant
que l'Année européenne "ne peut être un prétexte pour accorder des privilèges
sans aucune justification aux personnes handicapées [...] ces personnes
ne font pas la mendicité; elles souhaitent être traitées comme les autres
citoyens, lorsque leur situation et leurs revenus le permettent". Le
même jour, le Ministre du Budget fait adopter par l'Assemblée Nationale
un amendement supprimant celui de la veille, vote salué deux jours plus
tard par Marcel Royez.
S'il apparaît étonnant que la majorité parlementaire puisse se dédire
d'un jour à l'autre, le fait que cela résulte d'une intervention provenant
d'une association de défense des intérêts des personnes handicapées
surprend davantage. L'argument d'égalité de traitement invoqué par le
Secrétaire de l'Association des Accidentés de la Vie le conduira- t-il
à réclamer aux Parlementaires la suppression de la demi part supplémentaire
dans le calcul de l'impôt sur le revenu, de l'abattement supplémentaire
sur les successions, de l'exonération de la taxe d'habitation et de
la taxe foncière, de la T.V.A à taux réduit sur les matériels spécifiquement
destinés aux personnes handicapées ?
Marcel Royez rappelle "l'exigence de mesures en direction des personnes
handicapées qui justifient, par leur situation, d'une allocation leur
permettant de vivre dignement et d'une véritable politique d'intégration
sociale et professionnelle". La loi Boisseau comblera peut- être ses
désirs, dans un nombre hypothétique d'années. En attendant, malgré les
discriminations subies à l'embauche, les bas salaires et un niveau de
vie inférieur à la population générale, les personnes handicapées continueront
à s'acquitter d'un impôt archaïque par la Sainte Alliance du gouvernement
et de l'Association des Accidentés de la Vie- F.N.A.T.H.
Laurent Lejard, novembre 2003
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