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| LE GOÛT DU BONHEUR | ![]() |
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Le monde libéral
et financier dans lequel nous vivons - ou aspirons à vivre pour les
sociétés ou les êtres les plus pauvres - est une machine infernale.
La croissance n'est plus partagée comme pendant les trente glorieuses
(1945- 1975), elle est accaparée par certaines nations sur des rapports
de force et, à l'intérieur même de ces nations, par des inégalités exponentielles
au profit d'un petit nombre de sociétés privées et de particuliers,
toujours plus restreints et plus puissants. Les trois premières fortunes
personnelles dans le monde dépassent le montant du Produit Intérieur
Brut des 48 nations les plus pauvres. Les revenus des 225 premières
fortunes du monde suffiraient à assurer les besoins sociaux de base
- santé, éducation, eau, infrastructures sanitaires - du monde entier
! (PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, Economica, 1994)
Cette accélération dévastatrice de l'économie financière à court terme
- les taux de rentabilité recherchés par les spéculateurs dépassent
les 15% annuels, ce qui amène ces capitaux à bouger continuellement
vers des investissements de rentabilité aléatoire et à faire basculer
du jour au lendemain des pans entiers des sociétés en dessous du minimum
de survivance - amène une marginalisation croissante de nombre d'individus
et de nations. Philippe Pozzo di Borgo, juin 2001 Lire l'éditorial précédent... |