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L'amour
plus fort. Dans son premier roman, Valérie Liquet-Madry raconte le rapport de haine d'une jeune femme pour sa soeur handicapée, et leurs retrouvailles posthumes... |
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"Le plus petit
dénominateur humain" est le premier roman de Valérie Liquet-Madry, avec
sa part d'autobiographie, comme dans nombre de premiers romans : "Je
me suis posé la question 'qu'est-ce qui se serait passé dans ma vie
si j'avais eu une autre famille, d'autres amis, dans ma relation avec
ma soeur handicapée ?'. Il y a des moments, des situations dans lesquels
j'aurais pu sombrer". Mais Valérie n'est pas Sophie, la jeune femme
du récit qui, entre une crise d'anorexie et une partie de jambes
en l'air, décide d'écrire le journal de la semaine qui suit la mort
de sa soeur Chloé, polyhandicapée aveugle sourde muette impotente, "vie
sans vie". Sophie a détesté sa soeur, et aussi sa mère parce qu'elle
mettait Chloé en scène, à la plage par exemple, avec Sophie dans le
rôle d'auxiliaire de vie. "J'ai une soeur qui ressemble Chloé, confie
Valérie Liquet-Madry, qui vit le même handicap. Je trouvais intéressant
de montrer une mère qui n'aide pas sa fille à grandir". Un personnage
de fiction, celui-là. "Ma soeur, poursuit l'auteure, est un être humain,
on vient de la même mère, je m'en occuperai après mes parents. Je m'en
sens responsable, attachée par un lien indéfinissable. Mais je n'ai
pas d'amour pour elle, parce que l'amour est une relation réciproque,
et que ma soeur n'exprime rien. Ma mère pense que sa fille la reconnaît.
Mais s'approcher d'elle fait mal : elle s'agite beaucoup, on sort avec
des bleus".
On retrouve
la soeur de Valérie dans la description physique de Chloé : "Ma soeur
est très impressionnante, avec des yeux globuleux, un nez écrasé par
de multiples chutes, une langue qui sort. Je comprends qu'on la regarde,
mais il y a des attitudes insistantes, de peur. Si la société acceptait
les handicapés mentaux, on n'aurait pas besoin de mettre en scène ce
handicap". "Le plus petit dénominateur humain" deviendra peut-être
un film : "Un producteur japonais s'intéresse au roman, je coécris avec
lui le scénario d'un futur long-métrage. On a signé un contrat de cession
de droits d'auteur. Écrire, c'est une chose mais l'image, c'est différent,
je suis très pudique. Pourtant, on doit aller au bout, en ne sachant
pas sur quoi on débouchera. Ça m'intéresse, je ne connais pas le milieu
du cinéma".
"Le plus petit dénominateur humain", de Valérie Liquet-Madry, a été publié aux Editions d'un monde à l'autre. 15, en librairies. |