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  Didier Garnier.
  Conseiller d'arrondissement à Marseille, il évoque son parcours militant et ses convictions politiques libérales.

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Didier Garnier vit avec un handicap moteur qui le prive de la marche depuis son plus jeune âge. Il est entré en politique alors qu'il suivait des études de biologie et avait des activités associatives, en rencontrant le député U.M.P de sa circonscription, Guy Tessier : "L'accueil a été sympathique et efficace; Guy Tessier m'a encouragé à travailler avec lui et à devenir son conseiller Handicap. Je me suis également occupé pour lui du pôle social, au début des années 1990. En 1995, il m'a demandé de rejoindre la liste, soutenant Jean- Claude Gaudin, qu'il constituait pour les élections municipales. Elu conseiller d'arrondissement, j'ai été nommé Adjoint à la politique de la ville. Guy Tessier, Maire de secteur et député, avait besoin de quelqu'un qui connaisse la thématique du handicap et sa complexité".

Didier Garnier n'était pas "encarté", tout en ayant des opinions libérales : "J'ai pris ma carte au Parti Républicain en 1997". Ce parti, devenu Démocratie Libérale, a fusionné en 2002 au sein de l'Union pour un Mouvement Populaire : "Quand je dis que je suis un libéral, c'est parce que j'ai du mal à supporter le dirigisme des professionnels en direction des personnes handicapées, notamment de ceux qui se réclament d'une certaine gauche". Didier Garnier a peu apprécié les années Defferre, ancien Maire socialiste de Marseille dont la politique marquée par le paternalisme et le clientélisme imprègne encore le personnel politique et la population.

Image : Didier Garnier.  

"Je me suis engagé en politique du fait de mon handicap, pour témoigner, être là où se prennent les décisions, en me disant que ça valait peut- être le coup d'être présent au milieu des autres". Il semble être le seul élu handicapé de Marseille; selon lui, il n'y en a pas au Conseil Général des Bouches du Rhône ni au Conseil Régional Provence Alpes Cote d'Azur: "Après ma réélection, en 2001, j'ai demandé la délégation aux Affaires Sociales; je veux impliquer les autres élus en apportant la 'surcouche handicap' à la voirie, aux loisirs, aux transports. Le refus de nommer un adjoint aux personnes handicapées pour ma Mairie d'arrondissement a pourtant été difficile à faire comprendre alors que je pense qu'elle exempte les autres élus d'agir dans leurs domaines respectifs". Elu aux Commissions "Transports" et "Habitat, Politique de la Ville" de la communauté urbaine Marseille Métropole, Didier Garnier regrette qu'il soit difficile de travailler avec les autres collectivités territoriales qui sont en conflit larvé permanent...

Il s'efforce d'agir sur l'accessibilité en faisant comprendre comment elle profite à tous, notamment lors des opérations de réhabilitation : "Pour moi, le handicap doit être vu sous deux aspects; le soutien social plutôt qu'une aide que l'on décide à ma place, et l'intégration au sens de ne pas oublier les personnes handicapées".

Didier Garnier estime que son handicap moteur est "transparent" pour la plupart des élus qu'il côtoie, sauf lorsqu'ils l'informent directement de questions liées au handicap : à ses yeux, cet intérêt particulier est une petite victoire. "Je me rends à des réunions ou des initiatives sans prévenir de mon handicap, que les lieux soient accessibles ou non. Des élus d'autres quartiers me consultent, j'ai des relations avec un peu tout le monde, au- delà des appartenances politiques". Paradoxalement, il estime que travailler avec la Mairie centrale est plus difficile du fait des pesanteurs locales (Mairie d'ailleurs logée dans un monument historique inaccessible).

Arrivé à mi- parcours de son deuxième mandat, Didier Garnier a l'ambition raisonnée d'accéder lors des prochaines élections au Conseil Municipal de Marseille : "Progresser dans la fonction, c'est progresser en efficacité". Mais il est réticent à se lancer dans la bataille d'un scrutin uninomal, à l'occasion des Cantonales par exemple. "Partir à la bataille, c'est prendre des coups alors que mon action fonctionne selon la logique associative, et qu'elle est basée sur la négociation, la conviction. Lorsque je dois peser sur un choix, cela va au- delà de la sympathie que j'inspire. Etre handicapé, ce n'est pas un programme"...


Laurent Lejard, février 2004




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